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Millefeuille, le voile au temps de la révolution Version imprimable Suggérer par mail
 Olivier Barlet — Soudaine et imprévue, la révolution a rattrapé Nouri Bouzid qui voulait traiter de la question du voile. Il a adapté son scénario pour en tenir compte, ce qui déséquilibre quelque peu le film en le décentrant. Ses apparitions régulières en mendiant accordéoniste agressé (il le fut réellement, un intégriste lui ayant asséné un coup sur le crâne) que l'on retrouvera finalement à la morgue font-elles référence à au nécessaire renouvellement de la création artistique ou bien au passage de génération ?

Mais au final, son sujet demeure le voile. Bouzid est trop fin pour l'aborder avec des stéréotypes. Surtout, tout en se concentrant sur les foulards que l'on veut mettre ou pas, il montre que les voiles sont partout et qu'en période de révélation révolutionnaire, l'enjeu est bien le dévoilement des hypocrisies et des non-dits qui fondent inquisitions et rejets. Aïcha et Zeineb sont des personnages complexes qui vont évoluer durant le film et, chacune à leur manière, mettre à jour leurs contradictions et développer leurs résistances. Car c'est bien d'une résistance créative qu'il s'agit. Lorsqu'il fait dire à la tante que "la ruse, c'est gagner la guerre sans la faire", il se réfère à l'art de la guerre de Sun Zu.

 

 Zeineb se révolte contre le voile que veut lui imposer sa mère, mais se retrouvera enfermée : le féminisme radical risque de déclencher la violence dans une société aussi patriarcale ; une négociation est nécessaire : plutôt que de sortir l'artillerie, la ruse fera partie des stratégies. Aïcha, elle, n'enlèvera son voile que lorsque son patron la harcèle en disant qu'une femme voilée lui fait monter le sang ! La pression d'Hamza, son fiancé intégriste, se fait de plus en plus lourde mais c'est aussi lui qui changera : il n'y a pas les bons et les méchants chez Bouzid, seulement des personnages qui se cherchent douloureusement, dans une quête très physique, des corps ballotés par des forces qui les dépassent alors qu'ils voudraient simplement s'épanouir pour pouvoir rêver.
Ce que le film a du mal à négocier, c'est l'articulation de cette quête dans ce moment d'accélération de l'Histoire qu'est une révolution. Il le tente en adaptant son esthétique : caméra portée et rythme soutenu, efficacité du tournage et intensité permanente du récit. Cela n'empêche pas le film d'être dans la continuité du cinéma de Bouzid, dans son attention aux corps en étau entre leurs aspirations et les contraintes sociétales. Mais ne pouvant cette fois prendre le temps des respirations et métaphores qu'il maîtrise si bien, Beautés cachées ne s'impose plus que par sa sincérité.

Olivier Barlet

Source : http://www.africultures.com/

 

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