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«Precious» de Lee Daniels au ciné-club d’El Bachia Version imprimable Suggérer par mail

 Par Ilhem Abdelkèfi

Responsable du ciné-club et critique cinématographique

Le ciné-club d’El Bachia, pour sa séance du mois de mars 2013, projette le film américain Precious de Lee Daniels, le dimanche 10 mars 2013 à 10h, à l’hôtel Le Sultan à Hammamet, au cours du séminaire à l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme.


Comme à l’accoutumée, un débat suivra la projection.

 

 

 

Fiche technique :

Titre : Precious
Réalisation : Lee Daniels
Scénario : Geoffrey S. Fletcher, d'après le roman Push de Sapphire
Producteur : Lee Daniels, Gary Magness, Sarah Siegel-Magness
Photographie : Andrew Dunn
Montage : Joe Klotz
Musique : Mario Grigorov
Pays : États-Unis
Genre : Drame
Durée : 109 minutes
Sortie : 2009

Avec :


Gabourey Sidibe : Claireece «Precious» Jones
Mo'Nique : Mary Lee Johnston
Paula Patton : Blu Rain
Mariah Carey : Mme Weiss
Lenny Kravitz : John McFadden
Sherri Shepherd : Cornrows
Nealla Gordon : Lichtenstein
Stephanie Andujar : Rita
Chyna Layne : Rhonda
Amina Robinson : Jermaine Hicks
Xosha Roquemore : Jo Ann
Angelic Zambrana : Consuelo

Critique :

Precious ou l’histoire d’une renaissance

Avec ce deuxième film Precious, Lee Daniels qui a à son actif comme producteur et réalisateur des œuvres qui n’ont pas manqué de courage car elles se sont attaquées à des questions très délicates tel que le racisme ou la question de la réinsertion d’un pédophile, nous gratifie d’un film émouvant et poignant avec le portrait de cette adolescente de Harlem qui faisant fi de tous les obstacles, renait à la vie et nous donne par là une belle histoire de victoire sur l’adversité.
Adapté du roman intitulé « Push » de Sapphire, une romancière et poétesse afro-américaine de Harlem, le film a été très vite plébiscité et encensé.
Precious, l’héroïne, est une adolescente de 16 ans, noire, obèse, séropositive, presque analphabète, deux fois enceinte par les ‘soins’ de son père violeur, un enfant et le deuxième en route,  une relation très conflictuelle avec sa mère et dont le seul rêve est de devenir blonde et mince ! Elle endure un calvaire dur à croire et à imaginer et rien à priori pour attirer le spectateur et lui donner l’envie de voir ce film.
Et pourtant nous aurions tort de trop vite le juger négativement car ce film est un bijou de tendresse, un hymne à la ténacité  et à la volonté de s’en sortir ! Precious n’ayant pas été gâtée par la vie, née dans le ghetto avec tous les handicaps que l’on puisse imaginer, prend à bras le corps son destin et dotée d’une volonté féroce, elle va de l’avant avec une seule envie : s’en sortir. Avec les malheurs qui sont le lot de beaucoup de noirs américains, elle empreinte le chemin si difficile de l’émancipation et celui de la maturation avec en prime l’estime de soi. Elle veut reconquérir sa dignité poussée par un incroyable instinct de survie. Elle subit mais ne s’arrête pas et résiste en prenant sa vie en main. Elle est perdue mais ne veut pas baisser la tête et c’est par les études, l’éducation par l’école qu’elle va s’affranchir
Precious n’est guère attachante au départ car elle nous paraît insensible, comme détachée, imperméable à tout ce qui l’entoure et ce par ce trop plein de malheurs. Elle est inerte, ne réagit pas, ne répond pas aux avances de ceux qui veulent l’aider et elle nous exaspère mais c’est compter sans cette force de la nature qui sans en avoir l’air, n’en enregistre pas moins les conseils qu’on lui donne et c’est ainsi qu’elle commence à réagir et va trouver son salut dans l’information que lui a glissé la directrice de son Lycée quant à l’intégration d’une école alternative où grâce à une méthode d’apprentissage adaptée de la lecture, elle va petit à petit maîtriser l’écrit, découvrir les mots qui lui faisaient défaut, les acquérir et réaliser leur puissance et s’en servir pour se raconter et raconter sa vie et se voir par là ouvrir de nouveaux horizons.
Avec la voix off de son héroïne en une langue hachée, truffée de fautes d’une semi-analphabète, le film lance un réquisitoire contre la société américaine et le rêve américain, contre une société qui laisse pour compte ses ghettos et ses habitants, contre un système scolaire défaillant et une autorité absente, contre les systèmes d’aide sociaux et scolaires qui sont complètement absents. Elle nous dépeint une société noire américaine détruite par la drogue ainsi que par la violence, le proxénétisme, le racisme et  l’homophobie.
Vu sous ce jour, le tableau semble bien sombre et nous pouvons penser que nous allons avoir droit aux ingrédients d’un classique mélo avec les ressorts dramatiques adéquats et le misérabilisme larmoyant indispensable mais c’est compter sans le savoir faire de Lee Daniels qui réussit à éviter tous ces écueils. Il évite les scènes classiques de lamentation ou d’apitoiement et au contraire nous fait aimer cette adolescente perdue dont la tristesse de vie est contrebalancée par sa volonté farouche de contrarier ce destin qui semble tout écrit pour elle dans une société qui la rejette parce qu’elle est noire, obèse et pas belle. Il nous donne à voir aussi que le  salut peut venir des femmes puisque Precious trouve assistance, aide et réconfort auprès de femmes incarnées ici par les travailleuses sociales, les professeurs et les copines.
Le film est émouvant et chaleureux grâce à son actrice, Gabourey Sidibe qui y est d’une incroyable présence. Elle nous conquiert par son interprétation remarquable, si sobre et si délicate. Il y a aussi l’étonnante Mo’Nique qui est époustouflante dans ce rôle de mère ingrate et violente et qui nous ébahit et captive dans l’ultime face à face qu’elle a avec sa fille.
«Precious» est  un film d’une narration puissante, poignant et sans artifice, oscillant entre la réalité et le conte, il stigmatise l’idée du rêve américain qui veut que chacun ait une deuxième chance et dénonce la dérive d’une société en nous donnant à voir une formidable leçon de vie.
«Un beau film sur la conquête de l’espoir quand on est au fond du trou».

 

Par Ilhem Abdelkèfi

Responsable du ciné-club et critique cinématographique
 

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