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Le salut du cinéma tunisien est dans la création d’un CNC Version imprimable Suggérer par mail
C’est vers la fin des années 80, qu’apparaissent les premiers producteurs de cinéma en Tunisie. Longtemps monopolisée par la Satpec (société anonyme tunisienne pour la production et l’expansion cinématographique),la production cinématographique s’est vue alors confiée, pour la première fois, à des producteurs privés. Feu Ahmed Bahaeddine Attia, fort de son expérience depuis 1974 au sein de Carthago Films, en fut le pionnier par la création en 1983 de Cinétéléfilms Production qui a produit en 1986 L’homme de Cendres de Nouri Bouzid

Encouragé par l’aide à fonds perdus qu’accorde le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine aux projets de films tunisiens, le nombre de boîtes de production n’a cessé depuis de croître, quoique la moyenne annuelle de production filmique, tous genres confondus, n’a paradoxalement pas évolué depuis maintenant trois décennies. Pour comprendre un peu l’évolution du secteur, nous nous sommes intéressés à deux expériences particulières : celle de CTV Services dirigé depuis 1990 par Abdelaziz Ben Mlouka et qui compte à son actif au moins sept longs métrages tunisiens en plus de plusieurs courts et celle de Exit Productions créée à peine il y a cinq ans (2005) par le trio Alaeddine Slim, Ali Hassouna et Chawki Knis qui ont produit jusqu’à aujourd’hui trois courts métrages et un long documentaire. C’est une sorte de confrontation que nous vous proposons entre deux générations de parcours et de profils tout à fait différents.

Abdelaziz Ben Mlouka : producteur, c’est un métier à part


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Abdelaziz Ben Mlouka directeur de CTV Services


Après une longue pratique à la Satpec, Ben Mlouka décide, en 1990, de se lancer dans la production. Cependant, il doit attendre jusqu’en 2002 pour produire Poupées d’argile de Nouri Bouzid, son premier long métrage tunisien. Comment alors sa société CTV Services a-t-elle pu survivre pendant douze ans ? «Nous nous sommes spécialisés d’abord dans la prestation de services pour les productions étrangères», explique-t-il avant d’ajouter : «Notre premier souci était de gagner la confiance des producteurs étrangers, qui sont généralement exigeants et de les convaincre de venir tourner leurs films en Tunisie ». Cependant, CTV produisait également des films institutionnels et des spots publicitaires. «C’était essentiel pour faire tourner la boîte», précise Abdelaziz Ben Mlouka. Au bout de dix ans, la société est devenue une référence pour les tournages en Tunisie. De grands réalisateurs allant de l’Américain Georges Lucas jusqu’au Français Cédric Klapich ont été séduits par la beauté du pays mais aussi par la compétence et le professionnalisme de la boîte et de ses techniciens. Pour Abdelaziz Ben Mlouka «être un producteur de cinéma est un métier à part qui requiert un savoir-faire pratique et une véritable maîtrise de toute la filière cinématographique. Le producteur doit également avoir les qualités d’un chef et d’un meneur d’hommes. Car, vu les importantes sommes d’argent mises en jeu, la production d’un film est comme la gestion d’une entreprise : cela demande la présence d’un patron efficace et courageux, capable de prendre et d’assumer des décisions souvent difficiles». Selon lui, sans un véritable producteur derrière lui, un cinéaste, aussi talentueux soit-il, peut conduire son projet de film vers un échec total, aussi bien au niveau financier que sur le plan artistique. «Le cinéma est un art qui coûte extrêmement cher, affirme-t-il, d’où l’importance du rôle du producteur qui doit veiller à la bonne gestion du budget». Concernant l’état actuel du secteur, Ben Mlouka trouve que notre production nationale est encore maigre ce qui empêche l’émergence d’un véritable cinéma national digne de ce nom. Pour y remédier, il propose l’augmentation du budget d’aide à la production pour les longs métrages et de la création d’une commission à part pour les courts métrages. D’autre part, il réclame l’exigence d’un investissement important dans le cinéma de la part des chaînes de télévision. «Les télévisions font de grandes recettes publicitaires et n’investissent aucun sou dans la fiction cinématographique !», lance avec indignation le patron de CTV. Par ailleurs, il insiste sur la nécessité de créer un centre national de cinéma et de l’audiovisuel (CNCA). «C’est le seul moyen pour faire décoller notre cinéma ». Cette institution, qui selon lui doit être à l’image du CNC français ou du CCM marocain, aurait pour tâche de restructurer le secteur cinématographique avec toutes ses filières : production, distribution et exploitation. «Nous devons penser à ces jeunes diplômés qui sortent chaque année des écoles du cinéma. Où vont-ils pouvoir exercer leurs métiers ?» s’interroge-t-il.

Exit Productions : une vocation culturelle et artistique

 

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Le trio d'Exit productions: Chawki Knis, Alaeddine Sim et Ali Hassouna


C’est justement le cas des jeunes Alaeddine Slim et Ali Hassouna qui ont fait leurs études à l’Institut supérieur des art multimédias de La Manouba (Isamm). Constatant qu’aucune perspective professionnelle n’est possible sur le marché, ils ont décidé en 2005 de créer leur propre boîte de production pour parvenir à réaliser leurs films. «Nous avons commencé par produire d’abord le film de Alaeddine : L’automne (court métrage fiction de 13 min) qu’on a fait sans aide ni subvention. C’est comme ça qu’a débuté notre aventure», note Ali Hassouna que nous avons rencontré dans les locaux de la société situés en plein centre-ville. Chawki Knis qui s’est joint à eux en 2006 pour devenir le gérant de la société, nous a expliqué la stratégie selon laquelle Exit devrait évoluer. «Le marché local n’offre pas suffisamment d’opportunités pour les jeunes, alors nous nous sommes dirigés vers le marché international. Pour le premier court métrage que Ali vient de citer, nous avons réussi à le vendre à deux chaînes européennes de télévision» annonce-t-il. «Quant à Silence le documentaire de Karim Souaki, il a été retenu par la commission d’achat du ministère la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine». Ainsi, sur les quatre productions qu’ils ont réalisées avec leurs propres moyens, deux ont été déjà vendues. Si on ajoute les films institutionnels et publicitaires qu’ils ont produits depuis 2005, on peut conclure qu’«Exit Productions» est une boîte qui marche. En 2010, la jeune société devrait produire deux courts métrages qui ont bénéficié de l’appui de la Commission d’aide à la production. Selon ces jeunes producteurs, le secret de leur réussite réside dans la maîtrise du coût de production. «C’est d’abord le choix du support vidéo numérique qui a permis à une société comme la nôtre d’exister, avoue Chawki Knis, mais c’est également en comptant sur la bonne volonté et la collaboration des techniciens et des acteurs ainsi que sur la solidarité des autres boîtes de production comme «Propaganda Production» de Néjib Belkadhi et Imed Marzouk qui nous ont beaucoup soutenus».
Quant à l’avenir du secteur cinématographique, nos jeunes producteurs partagent le rêve de tous les professionnels du cinéma, à savoir la création d’un centre national de cinéma. «Nous attendons, notamment, le résultat de la consultation nationale lancée depuis 2009 par le ministère de tutelle. Nous souhaitons que cette consultation donnera lieu à une véritable réforme du secteur» affirment Ali Hassouna et Chawki Knis. Et d’ajouter : «Pour que notre cinéma décolle, il faut que l’aide pour la création artistique devienne une tradition chez nos investisseurs privés tel qu’on le voit dans le domaine du sport». Ali Hassouna, pour sa part, a tenu à préciser que le but d’une société tunisienne de production cinématographique ne peut être, en aucun cas, commercial vu qu’il n’existe pas de marché chez nous. «Notre objectif est d’abord culturel et artistique: offrir aux Tunisiens une image qui les reflète représentée et produite par des Tunisiens».

Mahrez Karoui

Le journal La Presse du 19/02/2010

 

 

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