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Michket Krifa : femme d’images, image d’une femme Version imprimable Suggérer par mail

Michket Krifa : femme d’images, image d’une femme C’est l’histoire d’une passionnée des arts visuels dont le parcours éloquent trace des interrogations indirectes sur la liberté, l’identité, l’Homme et la vie à travers l’Image qui se trouve au centre de ses préoccupations, de ses réflexions, de ses prises de position. Son expérience artistique porte le sens du monde auquel elle croit, laissant à chacun de nous la liberté de le voir, le regarder, le lire et l’interpréter par son propre langage. C’est une artiste complète, une femme de cœur et de combat : Michket Krifa.


Michket Krifa est une femme artiste tunisienne résidant en France qui a su transposer la richesse de sa propre expérience à travers un parcours édifiant et atypique. Commissaire indépendante en arts visuels pour des expositions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, directrice artistique des «Rencontres africaines de la photographie» à Bamako, auteure de nombreux ouvrages, essais et catalogues, chargée de missions pour les arts visuels et le cinéma, conseillère culturelle à Jérusalem-Est auprès de la Commission européenne, commissaire générale du Printemps palestinien en France, elle a notamment joué dans Les sabots en or de Nouri Bouzid, Le silence des palais de Moufida Tlatli, La villa de Mohamed Damak. La voie empruntée par Michket Krifa, aussi hétéroclite qu’elle puisse paraître, laisse entrevoir les préoccupations d’une femme indépendante et affranchie qui s’interroge sur le statut de la femme arabe et moderne à travers des expositions de photographie et de vidéo. Michket définit l’image comme étant un langage, une écriture qui traduit une quête personnelle de son auteur, elle est à la fois regard et interprétation sur les choses et les êtres.
La femme était et reste toujours une source d’investigation et de recherche, une thématique pour cette artiste tunisienne qui, à travers des expositions telles que Femmes d’Images, fragments d’intimité et Femmes d’Images, espace privé au Palais Kheireddine en novembre 2007 signée par des artistes tunisiennes, ou encore Women by women (Forum international de la photo à Francfort au moment de la célébration de la culture du monde arabe à la Foire internationale du livre en 2004), la commissaire tente de révéler le monde personnel de chacune des femmes photographes et vidéastes. Qu’elles soient tunisiennes, algériennes, palestiniennes, afghanes ou iraniennes, elles saisissent toutes la photographie comme moyen et médium qui parle d’elles, de leurs identités, de leurs religions, de leurs intimités et de leurs préoccupations loin des archétypes et des stigmatisations infligés par le monde occidental. Parce qu’elle est convaincue que la meilleure photographie qui représente la femme arabe n’est autre que celle immortalisée par une photographe arabe, Michket Krifa donne l’occasion et encourag ces femmes artistes (Mona Hatoum d’origine palestinienne, Shirin Neshat, iranienne, Zineb Sedira, franco-algérienne, Dora Dhouib, tunisienne, etc.) à parler d’elles et des autres, à exprimer leurs sensibilités et leurs vécus et du regard qu’elles portent sur leurs cultures respectives. A travers la photographie, fragment du réel impressionné par la lumière, Michket Krifa transcende la voix des femmes photographes mais aussi celles des hommes par des formes d’expressions photographiques à la fois personnelles et communes, «révélant ainsi le masculin et le féminin qui existent dans chacun de nous ». Cette quête qu’elle a parfaitement menée avec brio dans Algérie, les faits et les effets, présentée dans 5 « Fnac » à Paris en 2003 et aux « Rencontres de la Photographie » à Bamako en 2005.

La quête identitaire
Alors qu’en outre-mer le débat sur l’identité est à son comble, Michket Krifa rassemble en 2002 en France trois artistes aux identités hybrides : Jananne Al Ani (Irako-Irlandaise), Raeda Saade (Palestinienne d’Israël) et Zineb Sedira (Franco-Algérienne). Leurs photographies transmettent l’ambivalence et le double héritage culturel et identitaire que chacune de ces artistes porte en elle. Le corps était alors le sujet qui reflétait la lumière de leurs objectifs, prévenant délibérément, mais en toute subtilité, le voilement et le dévoilement.
Aujourd’hui, Michket Krifa craint, en toute connaissance de cause, une certaine forme de régression identitaire du statut de la femme arabe avec tous les événements que connaît le monde depuis septembre 2001. A son sens, « les discours ne doivent en aucun cas piétiner sur les droits acquis ». Les artistes se doivent de les préserver en faisant face aux vrais problèmes ainsi qu’à la violence de cette crise identitaire.
Cependant, Michket Krifa met l’accent sur la richesse culturelle de la Tunisie comme pays méditerranéen, maghrébin, africain et arabe dont l’appartenance hybride doit être préservée, ainsi que le statut de la femme tunisienne qui, aujourd’hui, ne rentre pas dans le cadre stéréotypé de la femme arabe : «les artistes tunisiennes ne sont pas formatées», déclare M.Krifa.

La commissaire indépendante revendique, ainsi, le rôle important et la contribution des arts visuels à l’image du pays, cette même image qui en constitue la mémoire. Il est grand temps de penser à répertorier le patrimoine tunisien en images (documentaires, photo journalistiques…) et reprendre en main la reproduction de l’image de soi. Pour cela, il faut songer à développer davantage les arts visuels par une aide à la production et l’instauration d’espaces publics afin d’impliquer les partenaires privés dans ce secteur et de mettre en place une véritable démarche de recherche guidée, entre autres, par des critiques d’art et des commissaires d’expositions.

Michket Krifa se positionne au cœur des débats pour une véritable quête sur le rôle de l’art dans la confirmation de soi-même, ainsi que l’influence culturelle sur la représentation. A travers les œuvres photographiques, elle va au-delà de l’expression artistique et esthétique de la photographie, elle explore le monde personnel tel qu’il est vu et ressenti dans l’acte de création.

A travers les femmes artistes, Michket Krifa baptise un empire de l’autre monde, celui de la liberté, figé par l’objectif de l’appareil photographique tout en se remettant en question, «j’ai aussi interrogé mon être et mon appartenance et est-ce un hasard si le terme de ce périple me mène en Tunisie, berceau de mes origines et certainement point de départ de mes quêtes identitaires»?

Henda Haouala Hamzaoui La Presse
 

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