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Un conte de faits, le nouveau documentaire de Hichem Ben Ammar Version imprimable Suggérer par mail
Un conte de faits, le nouveau documentaire de Hichem Ben Ammar Chronique d’une success story

Le plus prolifique des documentaristes de sa génération, Hichem Ben Ammar vient de boucler son dernier documentaire Un conte de faits.
Dans une banlieue populaire de Tunis, un tromboniste de fanfare rêve que son fils devienne un grand musicien. S’appropriant le rêve du père, l’enfant développe des aptitudes extraordinaires qui lui permettent d’accéder à la Yehudi Menuhin School.

Ce documentaire de 85 minutes, tourné entre Tunis, Paris, Bruxelles et Londres, retrace ce long parcours qu’Anas a entrepris pour réaliser son rêve ou plutôt celui de son père.
Hichem Ben Ammar voulait, à travers cette histoire de complicité entre père et fils, mettre l’accent sur le côté obscur de cette relation. Au fait, l’histoire s’avère être celle du père qui vit par procuration le succès du fils.
Un conte de faits se veut aussi une réflexion sur la définition du talent et de la virtuosité : s’agit-il d’un don ou du résultat d’un travail acharné et d’une discipline au quotidien. Autant le père est montré à l’avant-plan, autant Anas reste discret.
Hichem Ben Ammar ne ferme pas les yeux sur la pression qu’exerce le père sur son fils, âgé à peine de 12 ans, mais ne tombe pas dans le jugement.
Anas, le fils, qui ne se révolte jamais, échappe par moments, à l’emprise du père en se réfugiant dans le silence ou en écourtant les communications téléphoniques.
Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, Un conte de faits n’est pas un film sur la musique, bien au contraire, c’est un film qui retrace l’itinéraire peu commun d’un enfant qui s’accroche à son rêve, un itinéraire semé d’embûches, mais qui lui réserve aussi de belles surprises.

Hichem Ben Ammar installe une relation de confiance entre lui et ses personnages, il a su les apprivoiser et faire en sorte qu’ils se dévoilent devant sa caméra. Chose qui n’est pas évidente et ne vient qu’au bout de longues heures de rencontres pour qu’une telle complicité se révèle à l’écran. A l’image de cette séquence d’entrée en matière, très symbolique, dans laquelle Anas et sa petite sœur tentent d’apprivoiser une tortue qui se protège sous sa carapace.
Au-delà de cette histoire personnelle d’Anas et de son père, Hichem Ammar a tenté aussi d’aborder d’autres problématiques : l’incapacité des instances publiques de prendre en charge l’excellence qui devient synonyme de marginalité, alors qu’une chaîne de solidarité sociale qui s’est tissée autour d’Anas pour que son rêve de poursuivre ses études à Londres dans l’école la plus prestigieuse de violon soit une réalité. L’auteur a également abordé les a priori que notre société continue à avoir sur la pratique artistique et la confusion dans l’esprit de certains, entre une carrière de soliste en musique classique et celle d’un simple musicien de mariages et de fêtes populaires.
Malgré la tendresse de son regard nullement aveuglé par le talent d’Anas ou le «dévouement» du père pour l’avenir du fils, le réalisateur garde la distance qu’il faut pour aller jusqu’au bout du sens, en utilisant certains indices et des métaphores plus expressives que les différents témoignages.

Cette maîtrise et ce regard aiguisé, que Hichem Ben Ammar a développé au fil des documentaires, n’ont pas pu lui éviter certains dérapages qui restent toutefois insignifiants et peu nuisibles à l’ensemble. Par exemple, la scène du café, où Anas est confronté aux taquineries de ses copains de quartier par rapport à son futur métier et qui résume la différence et la marginalité, du musicien classique dans notre société et surtout dans les quartiers populaires, se limite à être une simple séquence comique et on ne pousse pas la réflexion plus loin.
D’autre part, la métaphore du père qui s’identifie à Abraham sacrifiant son fils pour obéir à Dieu, nous est parue un peu tiré par les cheveux et exagérée.

Envisagé comme le premier volet d’un triptyque, le film s’avère être le début d’une longue aventure. Elle commence avec cet album-photos que Hichem Ben Ammar offre à Anas, d’images de la vie du virtuose avant son départ qu’il gardera à jamais dans sa mémoire.
L’émotion de la dernière séquence entre le père et le fils jouant ensemble un duo entre trombone et violon concentre toute la différence entre ces deux instruments, et par ricochets entre deux mondes, deux visions des choses et surtout entre la virtuosité et le conformisme.

Asma DRISSI
 

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