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Kan ya makan documentaire de Hichem Ben Ammar Version imprimable Suggérer par mail
Kan ya makan documentaire de Hichem Ben Ammar

« Kafichanta », « Raies labhar », « Choft ennjoum fil kayla » « Femmes et foot »… Depuis quelques années, Hichem Ben Ammar se consacre entièrement au film documentaire. Il serait parmi les rares en Tunisie à en faire. Mais ce qui fait l’originalité de ce cinéaste c’est que ses films rencontrent souvent un vrai succès populaire, contrairement aux idées reçues qui affirment que le doc est un genre élitiste. En fait, ce qui fait la différence entre le cinéma documentaire que fait Hichem Ben Ammar et les autres, c’est cette manière de poser son regard sur ses sujets.

Le personnage est central dans ses films et c’est à travers eux qu’il nous mène à réfléchir sur une problématique, un phénomène ou un fait. Ce qui était le cas dans tous ses films, du moins au niveau des intentions.

« Kan ya makan fi hadha ezzaman » est une nouvelle histoire que nous raconte Hichem Ben Ammar : dans une banlieue populaire de Tunis, un tromboniste de fanfare rêve que son fils devienne un grand musicien. S’appropriant le rêve du père, l’enfant développe des aptitudes extraordinaires qui lui permettent d’accéder à la Yehudi Menuhin School, prestigieuse école fondée en 1962 par le célèbre violoniste. La Yehudi Menuhin School est une académie ayant pour vocation de former de jeunes virtuoses en provenance du monde entier. Anès Romdhani, est le deuxième enfant arabe à avoir pu intégrer cette école britannique extrêmement sélective.

« Kan ya makan … » est un documentaire qui retrace les étapes ponctuées d’épreuves de cet itinéraire peu commun en s’interrogeant sur la nature de la virtuosité et sur le statut de l’exception dans un contexte plutôt conformiste. Ce garçon de 14 ans issu d’un quartier modeste de Tunis a été sélectionné en 2006 par la World Philharmonic Orchestra (WPO) pour représenter l’Afrique et le Monde arabe, et a obtenu le 1er prix au Concours Vatelot-Rampal en février 2007. Son admission à la Yehudi Menuhin School en septembre 2007 s’est faite dans des conditions assez particulières impliquant la mobilisation d’une frange de la société civile tunisienne.

En parlant de cette aventure cinématographique et humaine, Hichem Ben Ammar raconte que sa rencontre avec Anès et son père, Abderraouf, est venue à un moment où il s’interrogeait sur son propre itinéraire. A l’heure des bilans, la découverte de cet enfant au cours d’un concert lui a donné à réfléchir sur les notions de potentiel exceptionnel et d’excellence. Cela étant dit, la musique n’est pas le sujet principal de « Kan ya makan … ». Elle n’est ici qu’un prétexte pour aller à la rencontre de problématiques d’ordre culturel et sociologique.

D’après Hichem Ben Ammar, le film présente plus d’un niveau de lecture : le parcours de cet enfant prodige comme avant-plan, un message social et un autre plus universel.

Il explique: « D’abord, le fait de m’intéresser à Anès est une manière de ne pas perdre sa trace. Avec l’âge, il aura nécessairement à faire des choix de résidence et/ou de nationalité. Ce projet de documentaire veut donc entretenir le lien de cet enfant avec sa terre natale pour consolider un sentiment d’appartenance à sa culture d’origine. Ainsi, me suis-je proposé de lui offrir cet album d’images qui l’accompagnera sa vie durant et grâce auquel il pourra affirmer son identité. D’un autre côté, je voulais montrer à travers ce conte de fées moderne qu’un passage de témoin est en train de se réaliser, conformément à l’idéal de l’illustre Yehudi Menuhin. Cette fois, Anès endosse non pas le rôle de l’héritier artistique mais celui de récipiendaire d’un message politique, celui de ce grand maitre, ce génie et virtuose, ce juif d’origine ukrainienne qui avait 31 ans, en 1947, lorsqu’il a joué pour des réfugiés palestiniens. Celui qui a quitté la terre de Palestine au moment même de la création de l’Etat d’Israël pour marquer, justement, son désaccord avec le sionisme. Et il n’a pas cessé, jusqu’à la fin de sa vie, de défendre des positions pacifistes. Bien que le film n’insiste pas beaucoup sur l’idéologie de ce citoyen du monde, il n’en montre pas moins qu’une symbiose entre les cultures et un enrichissement réciproque sont possibles, conformément au rêve même de Yehudi Menuhin. La rencontre symbolique d’Anès avec cette figure de proue fait voler en éclats les amalgames et les idées reçues : c’est un vrai pied de nez à l’ignorance et à l'intolérance de tous bords ! »

« Kan ya makan… » sera présenté à la presse le 23 décembre, sera à l'affiche dans quelques festivals internationaux et certainement à « Doc à Tunis » en avril prochain. On prendra notre mal en patience en attendant sa sortie en salles.

Asma D.
 

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