Recherche

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 524
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 52
Jaquettes: 0
Le non-voyant et le cinéma Version imprimable Suggérer par mail
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ab/Mohsen_makhmalbaf.jpg/180px-Mohsen_makhmalbaf.jpgLes pouvoirs de l'audition

Un film : Le silence de l'Iranien Mohsen Makhmalbaf, réalisé en 1998. L'assistance : en majorité des non- voyants parmi lesquels des universitaires, des enseignants du secondaire et des élèves. Un lieu :

La faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba. Une date : le vendredi 11 décembre 2009. Une occasion: la célébration du bicentenaire de Louis Braille, savant français qui a inventé l’ingénieux code d’écriture et de lecture à l’usage des non-voyants du monde entier.
La projection du film d’une durée de 76 minutes, en version originale, avec des sous-titres français, et non pourvu d’un système d’audiovision, s’est déroulée dans un silence total. Cet épilogue cinématographique, qui concluait une série de communications, n’était-il pas de trop ? C’était mal connaître l’univers des non-voyants et la puissance de leur radar de captation et de visualisation. Dans Le silence, Korshid, l’enfant aveugle dit : «L’œil distrait». 

Lorsqu’on est privé de la vue, comment faire pour établir des connexions et interactions spatiales et recueillir les splendeurs d’un monde polyphonique, et notamment celles qui ont trait à la musique, aussi bien celles des artistes que des artisans ?

L’œil et l’oreille
 
Au cours du débat qui a suivi la projection, les non voyants qui ont pris la parole ont apporté la preuve qu’ils pouvaient reconstituer l’histoire d’un film, en analyser le sens, en détecter les subtilités, grâce à la faculté auditive et au sens de l’écoute. La destinée du non-voyant est un chapelet de défis, c’est-à-dire qu’il surmonte son handicap, contracté de naissance ou accidentellement, en puisant dans ses autres sens, la lumière qui le guide et les repères qui lui permettent de se situer dans son environnement. L’audition devient, alors, une écriture à la fois mentale et sensorielle qui se forme et avance entre les mots et les choses. Dans Le Silence, ce sont l’écoulement de l’eau d’une rivière, le tintement d’une casserole, la brisure d’un miroir, le galop d’un cheval, l’halètement d’un enfant exténué, le tournoiement des roues d’une charrette, les cymbales des marteaux qui ont constitué la voix d’accès à une certaine compréhension du film. Cette piste sonore, dont les éléments ont été épelés, un par un, par les intervenants, c’est la naissance des choses avant tout concept, le surgissement des formes et des êtres dans le chaos nocturne. Avec une telle concentration, l’intériorité s’y produit et s’y garde mieux dans sa plénitude.

 L’ouie et la vue. En quoi l’ouie l’emporte-t-elle sur la vue ? Par son rapport à l’air, c’est-à-dire à la production vocale qui peut le mettre en mouvement. Le regard en est incapable. Ce qui est remarquable dans le très beau film de Mohsen Makhmalbaf, c’est que Korshid est ensorcelé par la musique, la belle musique, entraîné par elle, se déplaçant, grâce à elle, jusqu’à se perdre en cours de route. Un jeune garçon qui accorde les luths d’un commerçant et qui veut mettre fin aux nuisances et aux discordances d’un monde disharmonieux, sait qu’il court le risque, à tout moment, de perdre son chemin comme tout envoûté aimanté par l’art. Dans la splendide séquence finale, Korshid demande à un musicien qui le fascine de lui jouer la « danse du galop». A la musique qui s’élance, jubilatoire, trépidante, Korshid se met à galoper dans la rivière à la même cadence langoureuse d’un cheval en fête, dans un accord enfin parfait entre les êtres humains et la nature. «Ce film n’est pas un film sur la cécité, mais sur la musique. Korshid, cet enfant pauvre se comporte normalement sans geindre ni se plaindre. Il ne rêve, en réalité, que d’une seule chose : devenir le concepteur et le chef d’orchestre d’une symphonie universelle bien accordée», dit un intervenant, enseignant de linguistique à la faculté de La Manouba. Taha Hussein, le mélomane dans Les jours (Al-Ayyâm), son autobiographie, Sayed Makkaoui et Cheikh Imam, étaient bien présents, ce jour-là à la salle «Hassen Hosni Abdelwaheb».

 

Hédi KHÉLIL  
 
la Presse    
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >


CINE CLAP

Tournage Chronique d’une agonie, un nouveau film de Ayda Ben Aleya

Mahrez KAROUI - (La Presse).
 Rêves et désenchantement

On n’a pas encore eu…     Lire la suite...

ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net