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Interview avec Hend Sabri Version imprimable Suggérer par mail

 

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+ Racontez-nous votre vision sur votre métier d’actrice au début de votre carrière et maintenant ?

Au début, je me voyais beaucoup plus courageuse, j’ai pris beaucoup de risques quand j’ai commencé, ce n’était pas encore la mode des comédiennes libanaises et tunisiennes au Caire. Quand je suis partie, j’étais presque la seule et c’était très dur au début, c’était un marché très étanche, j’ai pris le risque de vivre loin de ma famille et de mes amis, j’étais un peu plus insouciante.
Maintenant, je suis beaucoup plus posée, beaucoup plus calme, moins nerveuse et je pense plus aux répercussions de mes actes, je suis moins impulsive.

+ Vous avez joué dans des films tunisiens très importants, dont « Le silence des palais » qui a été sélectionné à Cannes. Est-ce que ça vous a aidé à vous intégrer facilement ou est-ce que vous avez dû recommencer depuis le début pour faire vos preuves en Egypte ?

Malheureusement, comme nos films ne sont pas vus là-bas, une partie des intellectuels et des critiques qui ont vu mes films tunisiens m’ont accueilli à bras ouverts, donc c’était un peu plus facile avec la presse, puisque la presse spécialisée savait que j’avais fait des films avec de grands réalisateurs tunisiens.
Mais le public ne me connaissait pas du tout, il a donc fallu que je recommence depuis le début pour le public et c’était assez dur.
+ Comment vous êtes-vous retrouvée là-bas, un peu perdue ou est-ce que vous aviez quand même le soutien de ceux qui croyaient en vous ?


Inès Al Daghibi, la première réalisatrice avec qui j’ai travaillé, comme un noyau d’autres artistes - que ce soit des comédiens ou d’autres réalisateurs ou producteurs - ont compris que j’étais là pour travailler, ils ont cru en moi.
A mon tour, j’ai cru aussi en d’autres personnes, d’autres jeunes qui commençaient comme moi, comme Marwen Hamed, réalisateur du film « L’immeuble Yacoubian ». On a commencé notre carrière presque à la même période, donc quand il a eu l’occasion de faire un film comme « L’immeuble Yacoubian », il a tout de suite pensé à moi.
Donc c’est vrai que j’ai eu beaucoup de soutien, mais j’ai eu aussi beaucoup de bâtons dans les roues. J’ai su quand même naviguer en faisant aussi beaucoup de sacrifices personnels, je me suis éloignée de mes amis, de ma famille, mais je voulais faire les choses en grand, je ne voulais pas faire les choses à moitié.
+ Vous aviez des objectifs précis ?

Pas au début, car j’étais encore jeune mais après, je me suis dit puisque je suis là, autant faire les choses comme il faut. Je voulais me faire une place à moi que personne ne pourrait me prendre, sinon je serais rentrée, je serais avec ma famille, mes amis. J’ai mon diplôme d’avocate, je peux travailler.
+ Racontez-nous comment c’est de travailler avec de grands noms du cinéma arabe, comme Adel Imem ou Mahmoud Abdelaziz, est-ce que vous aviez le trac ?

J’ai eu le trac, bien sûr. Rien que le fait de voir par exemple Adel Imem était une expérience extraordinaire, c’est impressionnant, c’est une légende arabe comme Om Kalthoum ou Abdelhalim.
Quand je l’ai vu, les mots ont disparu de ma bouche, mais avec son intelligence, il m’a mise à l’aise tout en instaurant un rapport de respect. J’ai beaucoup appris sans avoir l’impression qu’il me donnait des leçons, c’était plutôt des conseils, une façon d’être.
Tous les grands acteurs avec qui j’ai travaillé, comme Mahmoud Abdelaziz ou Ahmed Hemida, avaient beaucoup d’intelligence sociale. Ils observent bien les gens, ils savent juger qui est bien ou pas, mais toujours avec beaucoup d’humilité.
+ Est-ce qu’au début vous choisissiez vos rôles, ou est-ce que vous acceptiez tout ce qui se présentait à vous ?

Au début, je devais tout faire, je n’avais pas le pouvoir ni la personnalité pour choisir, mais j’ai toujours eu le flair pour dénicher ce qui pouvait marcher ou ce qui pouvait nuire à ma carrière. J’ai fait des films commerciaux mais chacun d’eux a été une expérience enrichissante et aucun ne m’a fait dégringoler.
Je pense aussi que c’est ce côté tunisien qui m’a aidée à savoir un peu ce qui pouvait marcher ou pas. Ce que je veux dire par là, c’est que nous Tunisiens avons toujours été ouverts sur le monde qui nous entoure, on a cette richesse intellectuelle, c’est ce qui m’a permis d’avoir un peu d’avance.
+ Vous regrettez des rôles que vous avez joués ?

Non, les rôles pas vraiment mais c’est vrai que je suis assez critique envers moi-même, et je me dis parfois que j’aurais pu mieux faire, mais pas que je n’aurais pas dû faire.
Je n’ai pas de regrets car tous les rôles que j’ai faits m’ont appris des choses, j’ai fait des bonds grâce aussi à beaucoup d’erreurs que je continue à faire, d’ailleurs, comme tout le monde. On en apprend tous les jours.
+ Maintenant, on peut dire que votre vie est en Egypte, vous êtes mariée là-bas, vous vivez et travaillez là-bas, est-ce que la Tunisie vous manque et comment faites-vous pour combler ce manque ?

Bien sûr que ça me manque, mais j’essaie de venir en Tunisie tous les 2 ou 3 mois, et quand je viens, c’est généralement très discret, je reste avec mes amis et ma famille. Sinon, ma mère vient aussi assez souvent là-bas, mais plus j'avance en âge, plus la Tunisie me manque.
Quand on avance dans l’âge, on se rend compte de beaucoup de choses qu’on ne remarquait pas étant plus jeunes, comme les paysages, la nature… on ne se rend compte des choses que quand elles s’éloignent de nous. Maintenant, j’ai beaucoup de nostalgie pour tout, les plats tunisiens, les odeurs, le ramadan en Tunisie… J’ai de plus en plus de mal à m’absenter longtemps.
C’est bien d’avoir un pied en Tunisie et un pied en Egypte. L’Egypte est un pays fascinant, c’est celui de mon mari donc c’est vrai que je m'y sens à l’aise, mais j’ai de plus en plus de nostalgie pour mon pays.
Je comprends maintenant les Tunisiens à l’étranger qui font de tout pour venir passer l’été en Tunisie.
+ Est-ce que vous avez des projets de retour en Tunisie ?

Je suis résidente dans les deux pays, je ne peux pas dire que je vis complètement ici ou là-bas. Par contre, dans 10 ou 15 ans, je me vois plutôt ici en Tunisie. D’ailleurs, c’est ici que j’ai ma maison à la plage et c’est ici que je voudrais vivre plus tard.
+ Vous voudriez que vos enfants soient élevés en Tunisie, qu’ils parlent tunisien ?


Oui, je veux qu’ils soient entre les deux puisqu’ils ont aussi la culture de leur père, mais j’ai décidé dès maintenant de parler à mes enfants en tunisien et leur père leur parle en égyptien pour qu’ils aient une double identité, car l’identité tunisienne est tellement riche, elle est tellement multiple et pleine de potentiel. Le Tunisien parle plusieurs langues, il est ouvert à plusieurs civilisations et cultures, il s’en sort partout. On est à la fois très européens et très orientaux dans l’âme, on est modérés.
Quand on vit dans une culture un peu plus fermée, on se dit que nous avons de la chance d'être Tunisiens, et je voudrais que mes enfants aient cette chance.
+ Quand on vous a proposé le scénario de Maktoub, qu’est-ce qui vous a plu et est-ce que vous avez effectué quelques changements par rapport à votre personnage Ibtissem ?


On a beaucoup discuté avec Sami Fehri parce qu’après 6 ans d’interruption en Tunisie, je ne voulais pas revenir avec un personnage léger. Je sais que Maktoub est un phénomène de société, c’est un feuilleton regardé par presque tous les Tunisiens, qu’ils aiment ou qu’ils détestent, donc je voulais un personnage qui parle d’une certaine femme tunisienne, une femme tunisienne qui peut être mal jugée parce qu’elle a eu le courage de faire des choses qui ne sont pas très conformes aux normes sociales.
J’ai aimé ce côté femme forte mais jugée. On a beaucoup discuté avec Sami concernant le suicide parce que comme j’aime les femmes fortes, je ne voulais pas qu’elle abandonne, mais Sami a eu un point de vue qui m’a convaincu, il m’a dit qu’une femme comme ça ne pouvait pas vivre en Tunisie. Ce n’est pas une femme qui a une famille qui la soutient, ni psychologiquement ni financièrement, pour qu’elle puisse dépasser ce qui lui est arrivé.
En plus, il fallait une fin tragique pour que je puisse sortir du feuilleton (rire).
+ Comment avez-vous travaillé sur ce personnage, est-ce que vous lui avez donné un peu de votre personnalité ou est-ce une fille qui ne vous ressemble pas du tout ?

Je n’ai pas l’impression d’avoir joué. J’explique : quand j’ai vu la première saison de Maktoub, les personnages qui m’ont plu, ce sont ceux qui n’ont pas joué, dans le sens où on sentait une certaine spontanéité, ils étaient naturels.
Et puis 3 ou 4 semaines de tournage, c’est court, je n’ai pas fait un effort monstre.
C’est aussi un personnage qui n’a pas besoin d’effort. Quand on voit Ibtissem, c’est une fille normale, il faut aller vraiment à l’intérieur pour voir les failles, et les failles se sont vues avec sa mère, son père, avec Dali quand il l’a quittée. Sinon le texte en lui-même est un texte naturel, qui ne demande pas un surplus de jeu dramatique.
C’est aussi pour ça que j’ai eu des critiques disant que je ne jouais pas, mais c’est parce qu’il n’y a pas matière à jouer.
+ Comment ça s’est passé pendant le tournage, l’ambiance? On a aussi appris que tu travaillais surtout avec Sami et pas avec Atef Ben Hassin par exemple ?


Atef Ben Hassine est un acteur remarquable, il a réussi haut la main le personnage de Choko, mais c’est vrai que j’ai appris à être dirigée par le réalisateur, c’est tout. Avec Atef, c’est un rapport d’acteur à acteur et avec Sami, c’est un rapport réalisateur actrice.
Pendant le tournage, l'ambiance était assez bon enfant, je me suis bien amusée.
J’ai adoré jouer avec de grands noms du cinéma et du théâtre tunisien comme Mohamed Driss et Dalila Meftahi, j’avais même le trac devant eux. J’ai adoré aussi jouer avec Dhafer El Abidine, qui est un garçon extraordinaire et un très bon acteur… Je nomme ceux-là parce que la majorité de mes scènes étaient avec eux, sinon le tournage du feuilleton en général s’est très bien passé pour moi.
+ Est-ce que vous avez des propositions de films tunisiens ?

Non, je n’en ai pas. Je ne refuserais pas si j’en avais, c’est la situation du cinéma tunisien qui est assez triste.
Quand j’avais 14, 15 ans et que j’assistais au printemps du cinéma tunisien, chaque année on avait un film qui allait à Cannes, à Venise ou à Berlin. Les réalisateurs de l'époque avaient 45 ou 50 ans, ils ont maintenant besoin que la relève soit prise par les jeunes et il n’y a pas de relève.
C’est triste mais c’est la réalité des choses.
+ En parlant de ça, est-ce que vous avez pensé à passer derrière la caméra ?


Maintenant, j’ai plus envie de produire les Tunisiens que de réaliser. On en a plus besoin : il n’y a pas de productions privées en Tunisie à part à la télé. Les subventions, c’est bien, mais ça ralentit les choses puisqu’il faut attendre. Je vais m'y essayer pour le moment en Égypte et si je m’en sors, je le ferai en Tunisie.
+ Vous avez une idée de projet ?

J’ai eu une idée dont j’ai parlé à Nouri Bouzid, c’est un projet qui s’intitule Apocalypso et qui parle de la jeunesse tunisienne perdue, paumée à travers un personnage central de portier de boîte de nuit. Nouri a été très intéressé quand je lui en ai parlé, il est en train d’écrire mais très lentement.
+ Vous allez jouer dedans ?

Je ne pense pas.
+ Quels sont vos projets ?

Je rentre en Egypte pour tourner un film qui s’appelle Asma’ et qui va être ma première expérience de rôle principal sans personnage masculin à mes côtés. Ça va être un film qui va casser un grand tabou social dont je ne peux parler pour l’instant car ça va créer beaucoup de polémique dans la presse dont je n’ai pas besoin pour le moment.
C’est un film à très petit budget. Je suis retournée aux films à petit budget car j’aime alterner les deux. Celui-là est réalisé par un jeune de 30 ans.
Sinon, je vais coproduire une série tirée d'un livre qui s’intitule « Je veux me marier » et ça sera pour la télé.
Mais en Tunisie, encore rien car pas de proposition.
+ C’est quoi la différence entre un feuilleton tunisien de 30 jours et un film de cinéma ?


Comme j’ai fait une expérience de feuilleton l’année dernière en Égypte, j’ai commencé à apprendre un peu les rouages. Ici, c’est beaucoup plus cinématographique, ils travaillent plus lentement, la mise en scène est lente. En Égypte, ça va beaucoup plus vite.
Ici, c’est beaucoup plus relaxant, les heures de travail sont moins pénibles, disons que c’est un peu plus européen.

C’est sympa parce qu’on s’habitue aux gens avec qui on travaille, j’ai créé de très bonnes amitiés avec des personnes devant et derrière la caméra. J’ai aimé parce que ça faisait aussi très longtemps que je n’avais pas travaillé en Tunisie, je me suis remise dans le bain tunisien avec une équipe très sympathique.


Propos recueillis par Neïla Azouz     

Source : jetsetmagazine.net     
 

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