Recherche

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 524
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 52
Jaquettes: 0
Entretien: Ali Louati, scénariste de «Acheq assarab» (Amoureux du mirage) sur Canal 21 Version imprimable Suggérer par mail
http://www.essahafa.info.tn/archives/archvies_dhad/2/pdf/ecrivains/ali_louati.gif« Le délire en art, comme la révolte contre la stagnation, est l'apanage d'une vraie jeunesse... »
Ils étaient très nombreux les téléspectateurs à suivre et à aimer le feuilleton télévisé diffusé sur Canal 21 durant la première moitié de ramadan. Il s'agit de « Acheq assarab » (Amoureux du mirage), scénario de Ali Louati, réalisation de Habib Mselmani.

Une fiction télévisuelle qui nous a tenus en haleine pendant plusieurs jours car nous n'avons été à aucun moment habités par une quelconque déception ...Cela ne nous étonne point quand le produit fini est signé Ali Louati , écrivain, poète, scénariste, critique d'art et artiste peintre, auteur d'ouvrages sur l'art moderne et contemporain en Tunisie ainsi que de récits et recueils de poésie. Il est aussi auteur de fictions télévisuelles dont « Al khottab al bab », « Gamret Sidi Mahrous », « Kamanjet Sallama » et « Acheq assarab », pour ne citer que celles-ci. Mais à chaque fois, c'est à une véritable descente aux enfers que nous convie notre grand scénariste Ali Louati qui a bien voulu accorder cet entretien au journal Le Temps.

- Votre production télévisuelle se trouve être circonstancielle dans la mesure où elle coïncide toujours avec le mois de Ramadan . Pourquoi ?
Ali Louati : C'est tout simple : pour la Télévision tunisienne les fictions, genre feuilleton surtout, les miennes comme celles des autres, sont des production saisonnières, en attendant que la fiction télévisuelle devienne un secteur productif et assez compétitif pour arracher des parts de marché. C'est un problème d'ordre général et la rareté n'est pas imputable au scénariste.

-Certains critiques vous accusent de vous enfermer dans les histoires de la médina.
Il est parfois des poncifs auxquels s'accroche « la critique » quand elle manque de moyens, quand elle se méprend sur le propos de l'œuvre (pourtant à la portée de quiconque voudrait faire l'effort de comprendre!). Ces « histoires de la médina » dans lesquelles je suis accusé de m'être enfermé, font partie de ces poncifs que les « critiques » dont vous parlez, colportent et ressassent faute de mieux. Celui qui aurait l'envie et le temps de le faire, pourrait recenser les sujets que j'ai traités dans mes fictions sur près de vingt ans, et se rendrait compte de la variété de thèmes abordés, de problématiques posées qui intéressent la vie des Tunisiens et qu'il serait fastidieux de citer ici. Je me suis rendu compte, pour l'avoir maintes fois constaté, que cet état d'exaspération dans lequel se mettent certains dès qu'ils voient des images d'une vieille cité, est justiciable, avant tout, de leur propre psychologie. C'est leur problème et non le mien.

  - Pour quelles raisons avez- vous choisi Kairouan comme toile de fond pour votre nouvelle fiction ?
Kairouan est une ville fascinante par son hiératisme, son prestige de ville "sacrée", par la beauté de son patrimoine architectural, par l'ancienneté de sa culture. Ce qui retient l'attention aussi c'est sa capacité, après tant de désastres qui ont jalonné son histoire, de renaître de ses cendres. Malek Omran, un des personnages de « Acheq assarab », est un enfant de la vieille cité qui, comme artiste plasticien, avait des conceptions "avant-gardistes" en relation avec l'art contemporain, et en opposition avec les traditions, pour lui, passées de mode, de la simple "picturalité" narrative et de la représentation folklorique. Le contraste entre Malek Omran novateur avant-gardiste et sa cité ancienne et vénérable, n'est qu'apparent : Le plasticien redécouvre, maillon par maillon, la chaîne subtile qui le relie à l'esprit de la ville, tente de s'y réinsérer et y trouve quelque consolation à ses déboires et à ses illusions perdues d'artiste. Chacun des personnages est lié par sa propre chaîne à la cité qui finalement les appelle et les réunit tous dans son giron.

-On constate dans « Amoureux du mirage » que les jeunes d'aujourd'hui qui veulent vivre leurs idéaux, réaliser leurs ambitions et mener à terme une création n'ont aucune issue ; voyez l'exemple de Malek Omran , cet artiste doué devenu au service de la classe bourgeoise en lui exécutant des œuvres sur commande. Comment expliquez- vous cela ?
Sans tomber dans la généralisation, disons que dans le champ artistique tout particulièrement, il y a une quasi absence de projets réellement novateurs : en musique, en architecture, dans les arts plastiques, les réalisations optent le plus souvent pour le parti de la facilité et du mimétisme, esprit encouragé par une clientèle peu exigeante. Une jeunesse qui rêve de dire ou de faire les choses autrement, doit être encouragée même si elle le fait d'une façon qui peut paraître dérangeante et délirante. Le délire en art comme la révolte contre la stagnation est l'apanage d'une vraie jeunesse.

-Contrairement à ce qu'on veut montrer dans les Instances officielles, vous dévoilez dans ce feuilleton , un visage plutôt négatif de la femme ; méchante, commère, dépendante, soumise, vulnérable...une créature dont on décide tout pour elle. Une seule exception cependant, le personnage de Fatma, une femme à la quête de la vérité et de la liberté...
Une précision pour commencer: d'où vient cette idée de ne montrer dans une fiction qu'une image positive de la femme ?! Mon dernier travail étant plein de personnages masculins perdus de réputation, je me verrais peut-être reprocher par les hommes de montrer une image négative d'eux. Soyons sérieux! On ne peut pas faire une fiction seulement avec des personnages féminins ou masculins estimables et irréprochables. Cette conception faussement moralisatrice est une immixtion dans le domaine de la création et a été, tout au long de l'histoire, la justification de tant d'atteintes à la liberté des créateurs, voire à leur vie! Ne dites pas ça, ne vous mêlez pas de ça ne touchez pas à l'image de ça et j'en passe! Maintenant venons aux personnages du feuilleton et examinons leur « négativité » qui, selon vous, est générale sauf en ce qui concerne Fatma Lasmar. Faïza femme vivant la double épreuve du veuvage et de la précarité et en butte, en plus, au harcèlement sexuel, lutte pour la survie de sa famille et s'entête, à force de sacrifices et de privations, à donner une bonne instruction à sa famille. Elle finit, pour échapper définitivement au harcèlement, par épouser Abdallah Jelidi. Sa voisine Zina est, elle, une femme de bien qui n'a cessé de la soutenir. En quoi l'une et l'autre seraient-elles négatives? Quant au personnage de Arbiya, méchante et médisante, elle finit, quand même, par se repentir. Quelle utilité dramatique pour mon travail si je l'avais campé en personnage aimable, courtois et doué d'un grand sens moral, soi disant pour ne pas attenter à l'image de la femme en général?!

 - Avec le personnage de Canolika ( le fou du village), avez -vous l'intention de dire que les intellectuels, les gens intelligents, cultivés et diplômés sont les marginaux de la société ?
Canolika n'est pas une métaphore inventée pour dire ceci ou cela. Il est très réel et me rappelle un ami, décédé depuis longtemps (que Dieu ait son âme) qui était atteint d'une forme de délire où entraient des électrons et des choses en rapport avec les technologies de la guerre! Ceci pour la partie réelle du personnage. Ensuite, l'insoutenable sentiment d'échec que m'a toujours inspiré la démence frappant un être jeune, m'a déterminé, comme pour la conjurer, d'engager Canolika dans une quête délirante et poétique, d'une autre cité perdue dans l'une des dix dimensions d'espace que prédisent certaines théories de la physique. Quête d'un Kairouan mythique, aqueux, vers lequel Canolika est poussé par une irrésistible et nostalgique envie de réintégrer l'univers utérin où il fut conçu. A l'image de cette cité se superpose celle de la mère défunte et celle de Fatma son « hypostase » ou sa réincarnation. Voilà pour Canolika ce personnage que j'aime beaucoup et qui n'a rien d'un symbole ou d'un subterfuge pour insinuer ou dire à demi mot ce qui rien ne m'empêche de dire haut et clairement.

  -Il me semble que vous venez de discréditer le système de l'enseignement supérieur privé car, tel que vous nous le décrivez, c'est un milieu pourri et injuste ... seuls l'argent et l'intérêt ont leur raison d'être ; Qu'en pensez -vous ?
Je m'excuse mais là aussi, c'est le genre de mauvais procès qu'on fait au créateur, et une pente dangereuse sur laquelle ne manqueront pas de glisser ceux qui ne cessent pas d'imaginer des entraves à la liberté de création. Dans mon travail, j'ai imaginé une université artistique libre où l'enseignement, pour certains de ses actionnaires (pas tous!) passe après l'argent. Je n'ai jamais, par une quelconque affirmation ou allusion porté un avis général de nature à porter atteinte à l'enseignement libre. D'ailleurs le doyen de l'Université dit, dans le feuilleton, qu'il avait été convoqué par l'autorité de tutelle pour le mettre en garde, sous peine de retrait d'agrément, de régler certains problèmes au sein de son institution, afin de ne pas jeter le discrédit sur l'ensemble de la profession. Quant à interdire à l'artiste ou à l'écrivain d'évoquer tel ou tel problème, de traiter tel ou tel sujet, de toucher à tel domaine ou telle profession déclarée par ses membres comme inviolable et intangible, c'est une prétention que les créateurs ont toujours pu détromper.

  -Nous croyons comprendre par quelques unes de vos répliques que le Tunisien d'une manière générale ne comprend rien à l'art réel et à ce qu'il représente, contrairement aux Occidentaux qui savent distinguer entre le folklorique et l'authentique.
Comment justifiez- vous cela ?
Je n'ai jamais rien dit de pareil et le fait qu'une dame étrangère ait préféré des œuvres vivantes à une imagerie folklorique ne suffit pas à m'attribuer une telle opinion. Les gens qui se méprennent sur la valeur authentique de l'art existent partout, chez nous comme à l'étranger. Il faudrait cesser de tirer des conclusions générales d'opinions ou de faits particuliers; Eviter la surenchère, cela ne peut que dissiper les malentendus entre les créateurs qui veulent y voir plus clair dans le réel et une société de plus en plus assujettie aux servitudes matérielles et en butte à toutes sortes d'aliénations.

Propos recueillis par Sayda BEN ZINEB

Le temps

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >


CINE CLAP

Tournage Chronique d’une agonie, un nouveau film de Ayda Ben Aleya

Mahrez KAROUI - (La Presse).
 Rêves et désenchantement

On n’a pas encore eu…     Lire la suite...

ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net