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Aziza Amir : la pionnière du cinéma arabe Version imprimable Suggérer par mail
Très peu parmi nos lecteurs savent sans doute que le 1er long métrage muet de l’histoire du cinéma égyptien a été produit et interprété par Aziza Amir. Il s’intitulait Leïla, et a été projeté pour la première fois en 1927.

Qui est Aziza Amir ?


Aziza Amir est en quelque sorte la marraine  du cinéma arabe; très de peu de gens connaissent en réalité jusqu’à son nom.
En fait, l’histoire retiendra de cette belle dame la découverte par ses soins de grandes vedettes de la chanson telles que Souad Mohamed, Mohamed Selman, Najet Essaghira, alors que celle-ci était encore un enfant. Mais aussi de grandes figures du cinéma telles que Houssine Faouzi, le réalisateur, Mahmoud Dhulfikar…
Aziza Amir a été également la première dame à attaquer le délicat domaine de la production cinématographique, dès les années 20 !
De son vrai nom Moufida Mohamed Ghanem, Aziza Amir est née le 17 décembre 1901 à Doumiat. Sa première école a été l’école Hassen Al Masanat. Elle apprit ensuite à jouer du piano.
Dans les années 20, à la façon des grandes familles en France, Aziz tient un salon où se rassemblaient chaque semaine hommes de lettres, artistes et journalistes.
Lors de l’une de ses visites à Paris, elle effectua un test avec la société cinématographique Gaumont. Elle pouvait donc y exercer en tant qu’actrice. Malheureusement, un contretemps l’obligea à y renoncer et à rentrer en Egypte, malgré sa réussite au test effectué.

Les compliments
de Taha Husseïn

En 1925, très talentueuse, Aziza jouait dans la pièce de théâtre Al jah al mouzayef au sein de la troupe Ramses de ses Youssef Wahby.
Avec la troupe Tarkiatou attamthil al masrahi, elle interprétera avec un égal succès les premiers rôles dans Ihsène bik, écrit par Mohamed Abdel Qoddous, adapté, par les soins de la future productrice au cinéma sous le titre Bent ennil (La fille du Nil).
Ses va-et vient entre troupes théâtrales ne s’arrêtent pas pour autant. «Troupe Néguib Rihani», puis retour à celle de Ramses où elle joue Ouled édaouat (fils de grandes familles). Son dernier rôle sur les planches sera Presca dans Ahl el Kahf de Taoufik El Hakim, mise en scène de Zéki Touleymat. Le doyen de la littérature arabe Taha Husseïn la baptisera dans cette pièce «l’actrice à la voix d’or».
En 1931, Aziza Amir devient l’héroïne du film turc Al moualifa al masria (l’écrivaine égyptienne), réalisé par le Turc Muhsin Ertegul. Ce long métrage a été projeté pour la première fois au cinéma Cosmographe au Caire en 1932.
Le premier film qu’elle avait produit et où elle avait d’ailleurs joué s’appelle donc Leïla. Et c’est une date marquante de l’histoire du 7e art, puisque c’était le premier long métrage égyptien. En février 1927 on commenca à prendre les prises de vues à Ségara, Al Ahram et Al Kalaâ. En avril de la même année, le tournage prit fin.
Malheureusement, Aziza découvrit que cela ne correspondait pas à la trame de l’histoire et qu’il y avait dissonnances et désaccords. Elle dut ainsi congédier Widad Orfi.
L’histoire a subi quelques remaniements. Oustiphane Rousty a été chargé de réaliser de nouveau le film avec l’assistance d’Ahmed Jallel, qui allait par la suite devenir réalisateur, et créér un studio (Studio Gallel), situé à Hadayek El Koubba.
Le film Leïla a été interprété par Aziza Amir, Widad Orfi, Ahmed Jallel, Oustiphane Rousty, Hassine Fawzi. Le film, dans  sa nouvelle version, a été projeté en avant-première le 16 novembre 1927 au cinéma le Métropole.
Ce jour-là, le grand économiste Talaât Harb Bacha complimenta Aziza Amir en lui disant : «Vous venez d’accomplir un grand ouvrage ! Beaucoup d’hommes sont incapables d’en faire autant».

Des thèmes sociaux à la cause
palestinienne

Il faut dire que le film raconte l’histoire de Leïla, une jeune orpheline qui vit dans une oasis, près de Segara. Le chef  de la tribu prend en charge son éducation. Elle tombe amoureuse d’Ahmed  dont elle portera un bébé illégitime. Mais Ahmed part aux Etats-Unis avec une touriste, livrant Leïla et son bébé à la colère de la tribu qui expulse la jeune fille abusée. Leïla est ensuite renversée par une voiture dont le chauffeur la soigne. Elle l’épousera après avoir mis au monde cet enfant, fruit d’une relation illégitime.
Aziza Amir traitait dans  ses films des thèmes sociaux qui insistent souvent sur les disparités entre classes sociales, avec une défense claire de la couche la moins favorisée.
Dans Al Wercha (L’atelier), elle analyse les mille et un soucis des travailleurs. Dans Ibnati (ma fille), ce sont les problèmes de l’enfance et l’instinct de la maternité qui se trouvent mis en exergue. Dans le film Al flouss (l’argent), c’est la course à l’enrichissement qui sert de toile de fond.
La science fiction a sa part dans Vadi ennoujoum (La baie des étoiles). La cause palestinienne a également requis toute sont attention dans deux longs métrages. Faten min filastine tourné en 1948 avec Mahmoud Dulficar et Souad Mohamed, et Nadia réalisé en 1949 avec Aziza Amir, Chadia et Mahmoud Dulficar.
Genre film musical, Aziza Amir produit Chamaâ tahtariq (une chandelle se consume), Aleïlou lana (A nous, la nuit), Khadaani abi (Mon père m’a trompé).
Le film Taquiatou el ikhfaa a connu un grand succés en raison des innombrables astuces cinématographiques qu’il recèle.

Filmographie

Aziza Amir nous a quittés le 28 février 1952 après une longue carrière allant du film Leïla en 1927, où elle  joua et a été productrice tout en participant à la rédaction du scénario et au montage aux côtés de Oustiphane Rousty, jusqu’à Amintou Bellah (Je crois en Dieu) en 1952 qu’elle a produit tout en y jouant.
Voici la liste de ses films les plus importants :
- Leïla 1927, Bent Ennil 1929, Kaffini an khatiatiki 1933, Bissalamtou awez yitgawez 1936,Bayaatou attofah 1939, Al wercha 1940, Leïlat al farah 1943, Wadi annoujoum 1943, Takiet el ikhfaa 1944, Al flouss 1945, Nadia, Alaïlou lana 1949, Kesma wa nassib 1950, Khadaani abi 1951, Amintou Bellah 1952.  
Aziza Amir aura donc présenté 25 films, mais, surtout, produit, écrit et «monté» plusieurs longs métrages.
On garde le souvenir d’une cinéaste complète et une pionnière du mélodrame égyptien.
Aziza Amri a vécu 51 ans, dont un quart de siècle au service des arts, notamment du cinéma dont elle restera à jamais une figure de proue, ne serait-ce que parce que elle avait produit et interprété le premier long métrage de l’histoire du cinéma égyptien — Leïla.
Tahar MELLIGI

 

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