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Rencontre avec le metteur en scène libanais Roger Assaf Version imprimable Suggérer par mail
Rencontre avec le metteur en scène libanais Roger Assaf «Le théâtre est le seul espace où un monde meilleur est possible»
Parmi nous, dans le cadre d'une rencontre arabe «Début de partie» à El Hamra du 24 juin au 2 juillet, le metteur en scène et grand homme de théâtre libanais Roger Assaf, a assuré un atelier destiné aux acteurs, aux metteurs en scène et aux dramaturges, organisé par «El Mawred», une organisation culturelle non lucrative, pour la promotion et la rencontre des jeunes créateurs dans le monde arabe, avec la collaboration de l’association «Shams» du Liban.

17 jeunes artistes ont suivi cet atelier pour mener à terme des projets artistiques et bénéficier de l’expérience de Roger Assaf.
Né en 1941 à Beyrouth, Roger Assaf entame, en 1958, ses études de médecine à l’université jésuite Saint Joseph, où il fonde le Centre Théâtral Universitaire avec le célèbre dramaturge George Shahada.Il est le directeur du premier théâtre de Beyrouth fondé en 1965 et réouvert avec l’aide de l’écrivain libanais, Elias Khouri, en 1992, après 20 ans de guerre civile.
Roger Assaf a une longue carrière théâtrale et un parcours dans la formation et l’enseignement des arts dramatiques. De nos jours, il est considéré comme une des références incontournables du théâtre arabe engagé.
Son action théâtrale et artistique ne se limite pas à ses nombreuses mises en scène, il est à l’origine, avec d’autres, de la création de «Shams» et du théâtre du Tournesol, première coopérative artistique du jeune théâtre et du cinéma libanais, qui veut en renouveler l’esthétique et l’écriture.
L’artiste fondateur croit dur comme fer en la relève et en la nouvelle génération. Ses convictions artistiques l’ont mené à réfléchir autrement le théâtre et à le concevoir comme le seul espace où des idées utopiques sont encore possibles.

Entretien.
Pouvez-vous nous parler de l’objectif de l’atelier que vous venez d’animer ici à Tunis ?
Je suis présent ici à Tunis dans le cadre de mon activité au sein de l’organisation culturelle arabe «El Mawred», qui soutient les jeunes artistes arabes. L’objectif de cette rencontre m’intéresse au plus haut au point, par rapport à un certain cadre, certes créatif, mais qui de surcroît favorise les rencontres et l’échange entre artistes et intellectuels dans l’espoir de créer un mouvement artistique arabe, d’abolir les frontières et les distances et d’aider à la compréhension de l’autre. Le but essentiel pour moi est de créer un espace vivant, modeste, mais vivant»…

Qu’elle est l’idée directrice de cet atelier ?
L’idée de cet atelier auquel participent Marocains, Libanais, Syriens, Palestiniens, Egyptiens...venus tous avec une idée de projet artistique plus au moins avancée, est celle d’aboutir à une forme artistique, avec un objectif moral, plus général, et d’arriver à créer une certaine synergie où la magie de la rencontre opère autour du travail artistique et à travers la confrontation des idées et des différentes visions.
Il ne s’agit pas d’un atelier de formation, mais d’une certaine méthode de réflexion sur notre manière de penser et de se rapprocher de l’autre.

Ce principe régit-il également votre travail théâtral, en dehors des ateliers?
Tout à fait. C’est dans cet esprit là que je fonctionne aussi dans ma démarche théâtrale et c’est ce qui fait que je suis actif dans le cadre de cet organisme, avec lequel je partage les mêmes objectifs et le même mode de fonctionnement.
Le théâtre pour moi est un lieu extraordinaire qui permet de donner corps à des idées utopiques, celles qui dans la réalité n’ont pas de présence physique et qu’une fois confrontées à la scène, nous montrent la possibilité d’une vie meilleure.
la réalité de notre théâtre arabe est une réalité difficile à vivre et à assumer. Ces jeunes qui sont là dans cet atelier viennent avec des idées qu’ils mettent en scène pour arriver à une ébauche de spectacle possible.

Vous définissez votre théâtre comme étant le théâtre de la guerre, pouvez-vous nous expliquer ce choix?
Nous n’avons pas choisi la guerre, c’est la guerre qui nous a choisis. C’est une réalité, voire un quotidien très ressenti et très fréquent, chez nous au Liban et dans le monde arabe.
La guerre fait partie de notre mémoire collective.
C’est une expérience omniprésente dans notre imaginaire, notre discours, et qui revient sur le tapis même dans notre langage le plus usuel.
Elle devient un concept auquel personne n’échappe, elle conditionne les générations passées, présentes et celles à venir.

Vous travaillez toujours avec des jeunes, quel intérêt tirez-vous de cette collaboration?
Je suis toujours proche des jeunes aussi bien dans le cadre de mes cours à l’université que dans mon expérience théâtrale. Cette fusion avec la nouvelle génération est essentielle à ma vie et au théâtre que je pratique. Le théâtre par définition est intimement lié au présent. C’est une formidable convergence entre le culturel, la mémoire individuelle et collective, tout ce qui est ancien et toutes les formes modernes que les jeunes connaissent mieux que moi.
La dialectique entre les formes du passé et celles du présent, crée un théâtre ancré dans sa réalité actuelle, d’une manière ou d’une autre, dans sa forme et dans le fond.
Ensemble, avec cette nouvelle génération, on peut faire de tout ça une culture. Ces jeunes, en réalité, n’apprennent rien de moi, c’est moi qui apprends d’eux.
Les jeunes sont très conscients des questions qui nous tracassent tous, mais ils n’ont pas accès à la parole, ils sont marginalisés alors qu’ils sont les plus concernés, c’est pour cela que nous avons créé l’association Shams et le théâtre Tournesol, un espace qui accueille des projets de jeunes, suscite les rencontres, oriente et produit dans une vision pluridisciplinaire. On essaye de fusionner les outils artistiques et de faire travailler des personnes de milieux culturels, sociaux, politiques et confessionnaux différents.

Comment voyez-vous les relations entre le théâtre tunisien et le théâtre libanais?
entre le théâtre libanais et le théâtre tunisien, il y a une longue histoire qui date des années 70. Ils se sont rencontrés autour de grands idéaux nationalistes militants et plusieurs atomes crochues. Depuis cette période, le développement du théâtre dans le monde arabe s’est estompé et les distances nous séparent de plus en plus. La circulation des artistes, devenue de plus en plus difficile, a fait que la nouvelle génération ne se connaisse pas, cette histoire d’amitié ne vit aujourd’hui que sur son passé. Ce n’est pas la faute aux artistes, ni un manque d’intérêt de part et d’autre, mais la réalité des choses rend les rencontres de plus en plus rares.
Autre grande inquiétude : c’est la question de moyens. Le théâtre libanais a toujours fonctionné avec le mécénat privé, de plus en plus rare de nos jours. Du coup, on s’est tourné vers l’Occident qui, en réalité, ne nous impose rien, mais nous conditionne pour fabriquer des idées et des concepts qui intéressent leur programme et nous facilite la circulation, en Europe, beaucoup plus que dans le monde arabe.

Propos recueillis par Asma Drissi

 

source : La presse

 

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