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Entretien avec Claudia Cardinale : Festival Paris Cinéma Version imprimable Suggérer par mail
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LE FIL CINéMA - Zurlini l'adorait, Visconti la protégeait, Fellini lui a rendu sa voix. Invitée d’honneur de la 6e édition Paris Cinéma, qui débute aujourd’hui, Claudia Cardinale se souvient de cinq de ses films…


Et si vous restiez à Paris ? Pourquoi partir en vacances, quand une vingtaine de salles obscures permettent de s'évader sans quitter la capitale ? Pour sa septième édition, du 2 au 14 juillet, le festival Paris Cinéma, présidé par Charlotte Rampling, propose une brassée de films en compétition, mais aussi une foule d'autres événements : avant-premières, programmation destinée aux enfants (Cinémômes) et même une brocante. Si malgré tout ça vous ne vous décidez pas à troquer votre billet de train contre un ticket de cinéma, un nom vous fera changer d'avis : Claudia Cardinale. Invitée d'honneur, l'éblouissante Italienne se voit offrir un hommage en quinze films et presque autant de chefs-d'œuvre (moins, hélas, un « oubli » de taille : Il était une fois dans l'Ouest, de Sergio Leone). Jugez plutôt : Le Bel Antonio, de Mauro Bolognini, La Storia, de Luigi Comencini, Le Guépard et Sandra, de Luchino Visconti, 8 1/2, de Federico Fellini... La carrière de Claudia Cardinale accompagne les plus grands moments de l'histoire du cinéma. Pour Télérama Sortir, la comédienne a accepté de se souvenir.

 

« C'est le premier film que j'ai tourné à Rome. Même si j'étais italienne, comme je venais de Tunis, j'étais francophone et, au début, je ne comprenais rien de rien ! En plus, tous ces acteurs, Toto, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, gesticulaient comme des dingues : je croyais toujours qu'ils se disputaient, alors que c'était simplement leur façon de parler. Je me souviens que le premier jour de tournage, je devais claquer la porte au nez de Renato Salvatori, censé me courtiser. Je l'ai fait avec un tel enthousiasme qu'il a eu un œil poché. Il a fallu lui mettre un steak sur le visage pour que ça dégonfle. Mario Monicelli m'a dit : “Mais enfin, Claudia, au cinéma, on fait semblant. On n'esquinte pas les gens pour de vrai !” »

 

La Fille à la valise, de Valerio Zurlini, 1961

« C'est un film magnifique, qui a lancé ma carrière. J'avais une relation privilégiée avec Valerio Zurlini. Il m'appelait “Lumumba, parce qu'il disait que j'appartenais à l'Afrique... C'était un homme extraordinaire, un amoureux des arts. J'ai toujours chez moi un tableau qu'il m'avait offert juste après le tournage. Des années plus tard, il m'invite à dîner chez lui : la maison est complètement vide, juste une caisse par terre, sur laquelle nous avons mangé. Il me dit qu'il m'aime, que je suis importante pour lui. Sur le coup, j'étais surprise, je ne comprenais pas du tout ce qui se passait. Deux jours après, il est parti à Venise et il a bu jusqu'à en mourir. J'ai compris qu'il avait voulu me revoir une dernière fois, avant de se suicider. »

 

Cartouche, de Philippe de Broca, 1962

« Je jouais Vénus la Gitane, et Jean-Paul Belmondo était Cartouche. On a vraiment fait les quatre cents coups tous les deux, pendant ce tournage. Par exemple, à l'hôtel où on logeait, je faisais des sourires au directeur pendant que Jean-Paul déménageait tous les meubles de sa chambre ! Je me souviens aussi de la première : ma mère était présente – elle m'a souvent accompagnée à mes débuts. Donc, le film est projeté, et arrive la scène où je tombe à l'eau et je meurs. Tout à coup, ma mère se met à hurler dans la salle : “Claudia ! Claudia !”, complètement paniquée. J'ai dû la rassurer, lui dire : “Mais, maman, je suis là, à côté de toi, voyons, je ne suis pas morte !” »

 

Le Guépard, de Luchino Visconti, 1963

« J'ai rencontré Luchino pour Rocco et ses frères, où j'avais un petit rôle. Un jour, j'ai compris qu'il m'avait remarquée : on tournait une scène très violente, où tout le monde se disputait. Tout à coup, Visconti a pris son mégaphone et s'est exclamé : “Ne me tuez pas la Cardinale !” On a commencé le tournage du Guépard par le fameux bal, la scène où je valse avec Burt Lancaster. C'était incroyable. Toute la noblesse sicilienne était là pour la figuration. Brusquement, Luchino a arrêté le tournage de la scène pour montrer, dès le premier jour, que c'était lui le maître du plateau et pas la grande star américaine. Il m'a dit : “Viens ! Quand monsieur Lancaster sera prêt, on reprendra.” Mais ensuite, ils sont devenus très amis. Luchino était perfectionniste. Tout ce que je portais dans Le Guépard, même ce qui était dans mon sac, était d'époque. Y compris mes dessous, un corset tellement serré que j'ai eu la taille meurtrie jusqu'à la fin du tournage. J'étais proche de Visconti. On habitait dans la même rue à Rome, via Salaria, et on se voyait très souvent. Il me disait toujours que je ressemblais à une chatte qu'on pouvait caresser... mais aussi à un fauve qui dévore son dompteur ! Il était très exigeant sur un plateau. On ne pouvait rien faire sans son autorisation. C'était concentration et silence total. »

 

8 1/2, de Federico Fellini, 1963

« La manière de travailler de Federico Fellini était l'exacte opposée de celle de Visconti : pas de scénario, une improvisation constante. Plus c'était la pagaille, plus il était créatif. Dans 8 1/2, j'interprète mon propre rôle. La “muse” du réalisateur, joué par Marcello Mastroianni... Et celle de Fellini. Il me disait que je lui donnais l'inspiration, parce qu'il ne savait pas quel film il devait faire. Tous les jours, avant le tournage, il venait me chercher chez moi et on allait jusqu'à la plage, à Ostie. Il me parlait, me parlait, et moi j'écoutais ! 8 1/2, c'est aussi le premier film où je ne suis pas doublée. Je parlais mal italien, j'avais cette voix très basse, dont les réalisateurs ne voulaient pas. Federico m'a rendu ma voix. »

 

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propos recueillis par Cécile Mury       

Télérama n° 3103     

 

 

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