Advertisement

Recherche

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 524
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 348
Jaquettes: 0
Sauvez le 7ème Art ! Version imprimable Suggérer par mail
Cette semaine, et en passant devant l'une des salles de cinéma de la capitale, nous avons constaté que ses projections sont réparties en trois séances dont  la première commence à 13 heures 30.

Nous sommes début juin et pas encore au mois de Ramadan. A une heure pareille, certains fonctionnaires sont encore dans leurs bureaux, d'autres viennent tout juste de les quitter et cherchent, quand ils ne peuvent pas regagner leurs maisons, un restaurant, une gargote ou une pizzéria où prendre le déjeuner de midi. Une salle de cinéma qui ouvre presque en même temps que les restaurants, c'est génial, il fallait y penser ! Parce qu'il y a moyen, en effet, pour inciter les gens à aller de nouveau au cinéma,  de leur proposer sur le lieu même de la projection  les deux nourritures terrestres et spirituelles.

 

Nous aurions ainsi à l'intérieur de la salle un coin spécial pour casser la croûte, commander un keftaji ou un rôti de mouton. L'endroit donnerait bien évidemment sur l'écran et permettrait sans gêne de regarder le film tout en se sustentant. L'idée n'est pas mauvaise et ce sont les restaurants et les gargotes qui nous l'ont inspirée puisque les clients y regardent la télé en mangeant.

 

La sieste au cinoche


Elle ne doit pas paraître saugrenue car dans certains cinémas du pays, notamment ceux qui furent transformés en complexes commerciaux, le fast-food du coin se trouve à deux pas de l'entrée de la salle de projection. Ce ne seront donc pas ces deux mètres qui gêneront un architecte ou un maçon pour rendre les deux espaces communicants ! D'autre part, l'habitude de grignoter au cinéma ne date pas d'aujourd'hui : après les sorbets, les cacahuètes, les corn-flakes, les grains séchés et salés de tournesol ou de potiron, on pourrait servir aux spectateurs une omelette au thon, un brik à l'œuf, un quart de poulet, un tajine au merguez, et pourquoi pas un plat poisson ! Le dessert et le café seront également au menu et la sieste aussi puisque on en a largement le temps avec la projection en « permanent ». Le ciné-restaurant, comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt ! Et tant qu'on y est, pourquoi ne pas créer le ciné-bar qui ouvrirait ses portes 7 jours sur7 à partir de 19 heures et même avant, si nécessaire ?!

Le ciné-auberge !


 A ce propos, nous venons de nous rappeler une drôle d'histoire vécue par un exploitant cinématographique de l'intérieur du pays après une séance de projection nocturne : dans les petites villes où il y avait une ou deux salles de cinéma, les séances « soirée » drainaient un nombre considérable de soûlards qui ne trouvaient pas mieux que cet endroit pour profiter de deux bonnes heures de sommeil tranquille et profond après la beuverie, loin des jérémiades de l'épouse et du tapage des enfants. Un soir, on en oublia un dans la salle et l'on ferma toutes les issues sans vérifier s'il y avait encore âme qui vive à l'intérieur. L'ivrogne était petit de taille et s'était glissé en plein sommeil vers le bas du fauteuil de manière à ne plus être visible dans cette rangée qu'il était le seul à occuper. C'est à deux heures du matin seulement que notre cinéphile éméché retrouva ses esprits et réalisa qu'on l'avait sans le vouloir enfermé dans la salle. Il chercha donc une sortie et n'en trouva pas une seule. Paniqué, il se mit à crier et c'est le pompiste d'une station d'essence voisine qui entendit ses hurlements. L'ouvrier le tranquillisa et appela la police qui dut rejoindre chez lui et réveiller le propriétaire de la salle pour libérer enfin notre prisonnier bourré ! Pas mal non plus l'idée d'exploiter les salles de cinéma comme « auberge » à la nuit tombante. Les bains maures pratiquaient encore ce commerce il y a quelques trois ou quatre décennies et l'on avait toujours où passer sa nuit pour pas cher du tout ou bien sans payer le moindre sous quand vous avez la chance de tomber sur un propriétaire ou un « réceptionniste » généreux et compréhensif.

Il faut sauver le « paradis »

C'est que les salles de cinéma ont depuis toujours joué d'autres rôles que culturels chez nous et dans le monde. Dans les villes les plus chaudes du pays, les salles climatisées accueillaient en plus des spectateurs authentiques des clients venus uniquement pour la fraîcheur de l'endroit. N'oublions pas l'autre avantage primordial des cinémas : ce sont des « salles obscures » qui offrent le refuge et l'anonymat aux couples d'amoureux incapables d'extérioriser leurs sentiments refoulés dans la rue. Des générations entières ont eu leurs premiers rendez-vous amoureux dans une salle de cinéma, des millions de premiers baisers furent donnés (ou reçus, c'est réciproque !) dans une salle obscure, de nombreuses unions furent décidées devant un grand écran de cinéma avant d'être scellées devant le maire ou le notaire. Les films « tournés » dans ces espaces se comptent par centaines de millions : chaque client a son ou ses histoires avec les salles de cinéma, chacun a son « Paradiso » et si aujourd'hui nous risquons de ne plus en garder de trace, à cause de la crise que connaît le cinéma sous nos cieux, nous souscrivons à n'importe quel projet qui vise à maintenir en vie le peu de salles rescapées. Qu'on programme les séances à midi, à minuit ou à l'aube, qu'on introduise les plats chauds ou froids dans les salles, qu'on installe des cafés-bars ou des pistes de danse devant les écrans, tout cela importe peu pourvu que le cinéma ne meure pas !

Badreddine BEN HENDA
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >


ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net