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Diversité de thèmes et inégalité esthétique Version imprimable Suggérer par mail

http://www.letemps.com.tn/upload/N13col%20culture26-05-2009.jpg

 

Entre "Visage" et "Enter the Void", il y a un gouffre. "A l'origine" est encore autre chose. Trois films qui  illustrent bien la diversité des thèmes et l'inégalité esthétique qui caractérisent la sélection officielle.

Visage de Tsai Ming-Liang est le premier film d'une série commandée par le musée du Louvre.

 Si on ne le sait pas, on ne s'en aperçoit pas. Non que Tsai Ming-Liang se soit écarté de la commande pour faire marginal mais les choses se sont ainsi passées. Il l'explique dans le press-book distribué aux journalistes (enfin un document qui sert à quelque chose) : " je me suis donc mis à explorer de manière systématique à la fois les galeries de peinture, les coulisses et l'histoire de l'art occidental. Ces collections sont d'une réelle richesse qu'il est difficile de les appréhender, de s'y repérer, j'étais débordé. Les structures des bâtiments étaient si complexes que dès que j'avais fini une visite, j'oubliais ce que j'avais vu [....] jusqu'à envisager de laisser tomber ". Le temps passait et les idées commençaient de venir. D'abord, l'image de Saint Jean-Baptiste s'est imposée Tai Ming-Liang, elle a ensuite amené celle de Salomé, personnage biblique qui a demandé la tête de Jean Baptiste sur un plateau. Elle a souvent été représentée par les plus grands peintres de la Renaissance. Arrive ensuite Jean Pierre Léaud et avec lui, bien sûr, le souvenir d' Antoine Doinel. Entretemps, Tsai Ming-Lang perd sa mère ; à tout cela s'ajoute donc le deuil. Résultat un objet étrange où s'enchevêtrent mythologie biblique, peinture de visages, échos de cinéma et deuil. Et naturellement le tournage d'un film qui ne se fait pas. Nous sommes au-delà des frontières du cinéma narratif, dans le déroulement dilaté d'une série de tableaux qui reprennent chacun de façon autonome les arguments de cet écheveau. Les événements n'ont pas besoin de se succéder pour que se construise l'ensemble, l'approche étant dès le départ proche de l'univers synthétique de la peinture. La conformité à la commande, il faut donc la chercher dans la composition plutôt que dans le contenu narratif, comme souvent chez ce cinéaste atypique. Pour le grand plaisir des yeux.

Autre film en compéition, " A l'origine " de Xavier Giannoli, est totalement aux antipodes de Visage, narratif à souhait, social et d'une facture on ne peut plus classique. Les fanatiques de la recherche formelle n'y ont vu rien qui vaille. Leur mépris aurait été justifié si l'histoire que raconte le film n'était pas vraie. Je ne sais pas pourquoi le fait que tout cela a eu vraiment lieu a donné au film cette puissance. Pourtant nombreux sont les films qui pour être inspirés de faits réels extraordinaires n'en sont pas moins insignifiants. Peut-être cette histoire-là porte-t-elle déjà quelque chose de profondément cinématographique. Paul vient de sortir de prison. Il ne sait pas quoi faire de sa vie maintenant qu'il est rejeté par la société, abandonné par  les siens. Une idée folle lui traverse l'esprit : se faire passer pour un homme d'affaires et s'arranger pour poursuivre les travaux d'une autoroute abandonnée. Il se rend dans le village concerné qu'on dirait mort depuis l'arrêt du chantier. Il n'y croit pas beaucoup lui-même et puis, lentement les choses commencent à  bouger, les habitants du village se mobilisent, encouragés et soutenus par leur maire. Celle-ci (Emmanuelle Devos), excitée comme une puce, va jusqu'à tomber amoureuse de Paul. Elle ne sera pas la seule, Monika qui sera sa secrétaire particulière, une fille du peuple, lui voue un vrai culte. Le village est transformé, tous y mettent du leur. La supercherie réussit au-delà de toute espérance. Lorsqu'elle est enfin dévoilée, Paul profondémeent touché par les habitants du village fera tout pour achever le tronçon. Après son arrestation, l'entreprise au nom de laquelle il a engagé l'action reconnaît que les travaux sont conformes à toutes les normes. Le film est la démonstration par l'absurde que le système capitaliste est un vrai leurre puisque sans ce qui est considéré comme étant indispensable on peut faire aussi bien sinon mieux. Dans le même temps, on se rend compte combien le jeu peut être sérieux. Une dénonciation du capitalisme et une apologie du cinéma.  N'eût été quelques longueurs, " A l'origine " aurait encore davantage mérité sa place dans la sélection officielle.

On peut ajouter " Enter the Void " de Gaspar Noé mais cela vaut-il la peine ? Un jeu immature avec les effets numériques répétitifs et interminables censés illustrer visuellement l'état mental d'un jeune drogué incestueusement lié à une soeur tout aussi paumée que lui, strip-teaseuse de son état. Comme il fait vite de mourir, son âme continue de survoler le monde à la faveur d'une caméra affolée, s'adonnant à coeur joie au ressassement infini des scènes de copulation sans intérêt et reprenant toujours du haut de son envol les mêmes circonvolutions cent cinquante minutes durant. Vaut-il la peine d'en parler davantage ? Oh que non !

Tahar Chikhaoui

 

Le Temps

 

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