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Omar Khélifi et le cinéma tunisien actuel : Un bilan désastreux et des réalités désespérantes ! Version imprimable Suggérer par mail
http://www.letemps.com.tn/upload/N13-2col-culture19-05-2009.jpg
C'est le réalisateur du premier long métrage tunisien ; à ce seul titre, Omar Khélifi mérite déjà l'honneur d'être cité avant tout autre cinéaste parmi ceux de sa génération et ceux qui leur ont succédé.

Mais l'homme a rendu de nombreux services au cinéma national, non seulement avec les autres films qu'il a mis en scène après El Fejr et parmi lesquels figure "Sourakh " (Hurlements), l'une de ses plus belles œuvres, mais aussi en créant à la fin des années 50, la première association tunisienne (reconnue) du cinéma amateur, en écrivant et publiant un des tout premiers livres qui retracent l'histoire du cinéma en Tunisie et en œuvrant, des décennies durant et au sein de diverses instances, à la promotion de l'industrie, de la production et de l'exploitation cinématographiques  sous nos cieux. Omar Khélifi ne réalise certes plus de films depuis qu'il s'est consacré à l'écriture de témoignages historiques sur la Tunisie d'avant et d'après Bourguiba  . Le cinéaste n'a pas disparu de la scène pour autant : Khélifi suit au quotidien l'actualité cinématographique tunisienne et internationale et fait encore partie, au sein du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, de la commission d'aide à la production cinématographique. Nous l'avons rencontré tout récemment et lui avons demandé de nous livrer ses impressions sur les derniers films tunisiens et sur la situation actuelle du cinéma dans nos contrées. Le bilan amer qu'il dresse est, disons-le tout de suite, plus qu'alarmant ; tout simplement désastreux et désespérant.

 

Divorce d'avec les réalités du pays

" Nos cinéastes sont déphasés par rapport à la réalité de leur pays. Les sujets qu'ils abordent sont étrangers aux préoccupations de la majorité des Tunisiens lesquels, comme on pouvait s'y attendre, ne se retrouvent pas dans leurs films conçus malheureusement pour d'autres publics. Ce n'est pas avec des titres accrocheurs ou provocateurs (le cas, entre autres de Making-off de Nouri Bouzid) qu'on attirera un maximum de spectateurs, ni avec des contre vérités du reste. N'est-ce pas M. Boughdir, qui nous montrez, dans Un Eté à La Goulette, Claudia Cardinale saluant la foule banlieusarde depuis son balcon à la manière d'un grand leader lors d'une manifestation officielle ! Et ce Kamikaze qui se fait exploser dans le film de Bouzid, est-il vraiment de chez nous ? Renvoie-t-il l'image fidèle de ce qu'est le Tunisien authentique? Ces films et d'autres encore ont beau receler d'indéniables qualités techniques, ils n'ont pu connaître de succès populaire véritable, pour ne pas dire que c'était une suite de fiascos. Il leur manque l'âme tunisienne que recherche justement l'étranger (même arabe) ; cet élément primordial, on le retrouve néanmoins dans Le Silence des palais, ce merveilleux film de Moufida Tlatli, un peu aussi dans Essayda de Mohamed Zran. Ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent : nos réalisateurs peuvent s'inspirer des drames et tragédies des gens relatés dans les faits divers ou bien qu'ils rapportent eux-mêmes à la radio ou à la télé. A ce propos, ce n'est pas un hasard si les feuilletons tunisiens diffusés pendant le mois de Ramadan connaissent un engouement remarquable : lorsque vous parlez au Tunisien des questions qui le touchent directement, il manifeste  de l'intérêt pour votre production. Pour tout vous dire, doit-on attendre grand-chose d'un cinéma qui n'a pas de public chez lui? Cette interrogation est valable aussi pour les films algériens et marocains qui, dans leur immense majorité, sont inconnus du spectateur tunisien ! "

 

Le Tunisien, casanier par nature !


Concernant la réduction du nombre de salles, elle me semble inexorable, irrémédiable. L'Etat a fourni une aide substantielle aux exploitants mais cela n'a pas suffi au redressement de leurs comptes ; à peine ont-ils pu s'acquitter de certaines dettes et entreprendre quelques réparations mineures.  Les salles encore ouvertes sont désormais fréquentées  par un public d'amoureux en quête d'espaces  discrets beaucoup plus que par des cinéphiles authentiques. Il n'est plus possible par ailleurs de programmer les tout nouveaux films, parce qu'ils coûtent trop cher au distributeur comme à l'exploitant. N'oublions pas non plus cette nature de casanier qui distingue le Tunisien : voilà pourquoi nos salles ferment la nuit. Les spectateurs potentiels habitent d'autre part loin du centre ville où se concentrent la plupart des salles, et ils ont de vrais problèmes de transport pour rentrer chez eux. A la maison, ils bénéficient d'un confort que la salle de cinéma n'est pas en mesure de procurer et ils peuvent suivre à moindres frais toutes sortes de programmes sur une multitude de chaînes locales et étrangères. Pourquoi voulez-vous qu'ils se dérangent et aillent dans une salle de cinéma regarder un film inintéressant.

Sans issue !

 " Pour ce qui est de la commercialisation des films tunisiens à l'étranger, je reste persuadé que tant que cette " âme tunisienne " leur fait défaut, ils ne pourront pas conquérir les marchés internationaux, ni même régionaux.  Regardez les films primés à Cannes et qui ne sont pas français : qu'ils soient indiens, chinois, japonais, iraniens ou autres, ils sont toujours empreints de cette authentique  couleur locale qui permet au spectateur de découvrir une ou plusieurs caractéristiques profondes d'un peuple et d'une civilisation. L'Etat tunisien subventionne des films qui n'ont malheureusement pas de marchés. Et il y a peu d'espoir à l'horizon si l'on ne songe pas d'abord à surmonter ce handicap majeur ! Nous autres hommes du cinéma sommes responsables  du marasme dans lequel se débat le 7ème Art dans nos contrées. Et je n'y vois vraiment pas d'issue réellement salutaire. Je reste très pessimiste également quant à l'avenir des futurs diplômés des écoles cinématographiques tunisiennes. Qui les embauchera ? La télévision ne prendra que quelques uns, les autres feront quoi alors ? Je n'ai pas peur de le dire : dans l'état actuel des choses, ces écoles ne donnent lieu qu'à des fumisteries ! "

 Propos recueillis par Badreddine BEN HENDA

 Le Temps
 

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