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«Vicky Cristina Barcelona» de Woody Allen Version imprimable Suggérer par mail

http://www.cinematunisien.com/images/stories/Vicky_Cristina_aff_1.jpgAu CineAfricArt à Tunis, Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen


Conte(s) érotique(s) d’une nuit d’été

L’AMOUR EN QUESTIONS

Par Noura BORSALI      

Dans sa conférence de presse donnée à la Croisette l’an dernier autour de son film "Vicky Cristina Barcelona", Woody Allen a dit : «Je voulais que le public profite d’une histoire d’amour romantique et je voulais des rires; mais aussi, à la fin du film, je voulais qu’il reste un sentiment de tristesse».

 

 

 

 

 

 

Woody Allen a réussi son pari. Le film réalisé en 2007 et sorti le 8 octobre 2008 et qui vient confirmer, comme tant d’autres de ses films, le record de longévité et de régularité (un film par an) dans la production du réalisateur américain, est en effet une tragi-comédie, une comédie dramatique. Ce 39è film du réalisateur américain raflera d’ailleurs -et paradoxalement- le Golden Globe Award du meilleur film musical ou comédie.

http://www.cinematunisien.com/images/stories/Woody_Allen.jpg


Domaine favori de Woody Allen, même s’il a essayé d’autres genres tout au long de sa longue carrière cinématographique, le tragi-comique a marqué la plupart de ses films qui portent à la fois une empreinte philosophique et psychanalytique parfois sombre. Car il s’agit, comme toujours, de rapports humains complexes parce que traités avec tout le naturel qui leur incombe. Dépeindre les hommes et les femmes dans leur bonheur comme dans leurs drames, dans leurs convictions comme dans leurs contradictions marquera le style allénien. «Je crois que je ne suis ni purement comique, ni purement tragique, simplement réaliste», dira Woody Allen évoquant sa carrière au cinéma.

Vicky Cristina Barcelona est un film sur l’érotisme, sur l’amour dans toutes ses manifestations avec tous les questionnements qu’il pose et qui demeurent sans réponse, avec tout le bonheur qu’il donne, avec toutes les désillusions qu’il engendre… Il est tantôt bouleversant, tantôt comique comme dans la vie.

Woody Allen y a mis de tout: du Don Juan, de l’amour-passion, de l’amour-folie-violence, de l’amour obsessionnel, de l’amour romantique, en somme toutes les facettes et toutes les formes de l’amour, toutes ses conceptions et ses illusions. Des visions de l ’amour s’y opposent ou s’y complètent. Des personnages y sont fortement différents dans leur recherche du bonheur, soit à travers la raison comme Vicky ou la passion et le plaisir sexuel comme Cristina ou encore le ménage à trois comme pour Maria Elena et Juan Antonio.

Le film relève en cela de la psychologie. Les êtres sont là dans leurs rêves, dans leurs illusions, dans leurs pseudo-certitudes, dans leur tragique médiocrité, bref dans leur recherche incessante du bonheur et d’une sorte d’équilibre psychique. Et l’on est tenté de reprendre à notre compte un vers d’une chanson de Léo Ferré : «Le bonheur, qu’est-ce que c’est ?»

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La trame du film narrée par une voix off à la fois distanciée et complice, contient du comique mais aussi du tragique. Le film débutant comme un conte de fées raconte en réalité des (més)aventures sentimentales qui finissent dans la mélancolie, dans la désillusion. Le cinéaste new-yorkais dira à propos de ses films des années 1980 marqués par l’influence de Bergman et de Fellini (comme Interiors): «Depuis toujours, je suis tenté par le drame, mais la comédie était mon point fort. Seulement, quand vous faites une comédie, il y a un  monstre sur votre épaule, qui vous harcèle : «Sois drôle! Ne les ennuie pas!» Le sérieux est plus relaxant». C’est en cela que le film n’est pas en rupture avec ses productions précédentes.

Ce long métrage est un nouveau film européen du «plus fameux cinéaste new-yorkais»,Woody Allen, après Match Point (2005), Scoop (2006) et Le Rêve de Cassandre (2007) réalisés tous les trois à Londres.

Vicky Cristina Barcelona a été tourné en Espagne pendant l’été  2007 (du 9 juillet au 23 août 2007). Un film espagnol avant le retour de Woody Allen à New-York avec son dernier film Whatever Works (2009) ou plutôt américano-espagnol.

 
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Il entraînera dans son aventure, à côté de sa nouvelle égérie Scarlett Johansson (Cristina) et de la belle révélation britannique Rebecca Hall (Vicky), deux grandes stars emblématiques du cinéma espagnol: Xavier Bardem et Pénélope Cruz, le premier dans le rôle d’un peintre hédoniste, charmant et séducteur (Juan Antonio) et la deuxième dans le rôle de son ex-femme, artiste elle-aussi mais «au tempérament volcanique» et prise dans une folie dévastatrice (Maria Elena). Superbes prestations de ces comédiens de talent!

Le ménage à trois qui se forme dans le film, le temps de quelques séquences, est non pas dérangeant mais il crée une ambiance sensuelle «sulfureuse», comme l’a noté un critique. Au centre de cette aventure se trouve la force de l’amour qui n’est en aucun cas destructeur. Comme le dira Pénélope Cruz, «Marie Elena trouve tout à fait naturel et normal de vivre en même temps avec deux personnes. Cet arrangement peu courant la rassure. Il paraît sensé à cette femme qui déborde de contradictions. Cristina n’est donc pas perçue comme un danger mais comme un facteur d’équilibre».

Cristina incarnée par la superbe Scarlett Johansson a un rôle modérateur dans cette passion entre Juan Antonio et Maria Elena qui fut orageuse par le passé. Cette aventure lui permet de vivre pleinement et artistiquement son romantisme tant recherché mais auquel elle renoncera à la fin du film pour laisser la place à une mélancolie très touchante qui en dit long sur l’impossibilité de nos rêves confrontés à la réalité de nos contradictions intérieures.

Vicky, quant à elle, enfermée dans un stéréotype étroit, se marie avec un médiocre type tout en frustrant son désir, elle qui, contrairement à ses principes a connu, l’espace d’une nuit, la plénitude avec l’artiste séducteur et hédoniste qu’elle a repoussé pourtant tout au début du film.

http://www.cinematunisien.com/images/stories/Rebecca_hall.jpgVicky Cristina Barcelona bouleverse nos habitudes. Il les bouscule pour nous donner à réfléchir sur nous-mêmes, sur nos contradictions et nos paradoxes.
C’est un film qui est loin d’être rassurant car il nous est impossible de dire que tel personnage est ainsi car ils sont tous pris dans leurs contradictions qui les condamnent à l’«errance perpétuelle» en dehors de tout conformisme, à l’incomplétude et à l’insatisfaction. Chaque personnage est tel et son contraire. C’est en cela que le film est subtil et vrai. Il dit «la confusion des sentiments», pour reprendre une expression chère à l’écrivain S. Zweig.

Mais le personnage qui dispute également le premier rôle et qui partage l’affiche de ce film est sans conteste la ville de Barcelone avec toute sa splendeur dans laquelle viennent passer leurs vacances deux Américaines que tout oppose. Un été de villégiature mais aussi de travail et de réflexion dans cette ville catalane dont le côté merveilleux nous restera comme un arrière-goût dans ce film enivrant mais triste.

«Lorsque j’ai commencé ce scénario, confie Woody Allen, je n’avais d’autre intention que d’écrire une histoire dont Barcelone serait un personnage-clé». Célébrer la ville, c’est rendre toute «sa grande beauté visuelle» car, dit-il encore, «cette cité jouit d’une ambiance très romantique. C’est seulement dans des lieux comme Paris et Barcelone qu’une histoire comme celle-ci peut se concevoir».

Son amour pour la ville est rendu par le regard posé par sa caméra sur les monuments conçus par l’architecte Gaudi et par la belle musique espagnole qui ouvre le film rompant ainsi avec l’habitude des airs de jazz si chers au clarinettiste qu’est Woody Allen. La bande-son du film reprend aussi et à maintes reprises la chanson Barcelona de Giulia y Los Tellarini et comporte également un morceau du célèbre guitariste espagnol Paco de Lucia.

Il ne fallut pas autre chose à Woody Allen pour réussir sa comédie romantique et l’ivresse d’un été merveilleux qui nous disent qu’ «il n’y a parfois rien à comprendre à l’amour» et qui ne nous offrent finalement qu’une partie de plaisir à suivre ce chassé-croisé amoureux donnant à voir l’éternel mystère de l’amour.     
Avec sa dose d’humour teintée de mélancolie, Woody Allen ne nous dit-il pas que tout est à réinventer ?

Fiche technique du film

Réalisation: Woody Allen
Scénario: Woody Allen
Décors : Alain Bainée
Costumes : Sonia Grande
Photographie : Javier Aguirresarobe
Montage : Alisa Lepselter
Producteur(s): Letty Aronson, Stephen Tenenbaum et Gareth Wiley
Production :MediaPro Pictures et Gravier Productions
Distribution : Warner Bros
Genre : Comédie dramatique
Durée : 97 minutes
Langue(s) originale(s) : Anglais
Pays d’origine : États-Unis, Espagne
Présenté en Sélection Officielle, Hors compétition au Festival de Cannes le 17 Mai 2008

 

©Noura Borsali - cinematunisien.com - mai 2009
 
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