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RENCONTRE FURTIVE AVEC AZZA SHAABEN, Version imprimable Suggérer par mail
Rencontre furtive avec AZZA SHAABEN, réalisatrice égyptienne du film «Min dam wa lahm» (En chair et en os, Of flesh and blood Egypte 2008)


Entretien conduit à Tunis par Noura BORSALI

 

L’Egyptienne Azza Shaaban est née en 1958 au Caire. Elle a fait des études de littérature arabe à l’Université cairote avant d’avoir entamé une carrière cinématographique. Elle a en effet contribué, depuis 1980, à la réalisation et à la production de films documentaires, de fiction et pour la télévision ainsi que de pièces de théâtre.
«Min dam wa lahm» (En chair et en os) est son premier film qui a été réalisé en 2009. Il a été filmé et produit avec des moyens indépendants des mécanismes du marché en vigueur.

 

 

Lors d’une visite furtive de cinq jours à Gaza assiégée, en janvier 2008, la réalisatrice a filmé des Gazaouis et montré également, grâce à des images toutes simples, le rôle de l’Egypte dans ce siège multilatéral. Elle a donné une image différente des Gazaouis qui sont, dit-elle, déterminés à préserver un brin de normalité et de dignité dans leur vie de tous les jours.
 
Dans sa note d’Intention, Azza écrit : «Pendant mon court séjour à Gaza, j’ai découvert que la moitie des Gazaouis sont mariés à des Egyptiens. J’ai découvert l'important rôle de mon gouvernement égyptien dans le siège total imposé au peuple de Gaza. Je ne voulais pas être complice par mon silence. Faire ce film est ma façon de me distancier des actions de mon pays. Par ce film, je veux partager ma rencontre avec des gens de Gaza, partager leur perspective sur leur propre vie, comment ils la racontent. Mon ambition serait de contribuer à l’effort ininterrompu pour trouver des moyens de solidarité et de soutien».
 
 
AZZA SHAABEN :

«Le film documentaire est plus vrai et plus crédible»
 


- Comment t’est venue, Azza, l’idée du film ?
- En réalité, l’idée était venue par hasard. Un jour, en consultant Internet pour avoir quelques informations, j’ai appris l’ouverture du point de passage entre l’Egypte et Gaza. En janvier - février, 2008, munie d’une caméra, j’ai décidé de partir à l’aventure. Je voulais tenter ma chance. Sur les frontières, les Egyptiens ont imposé des obstacles et des barricades et renvoyé tous les gens, toutes les voitures jusqu’aux camions qui transportaient des aides médicales, des produits alimentaires etc… La chance a fait que j’ai réussi à passer la frontière. Je me suis alors dit : il faut que je filme parce qu’il me sera presque impossible de re-pénétrer dans le pays. Je voulais laisser une trace de ce voyage de mes rêves. J’ai fait en réalité un parcours inverse : j’ai filmé et puis, en rentrant au Caire, j’ai fait mes recherches et rédigé mon scénario à partir de la matière dont je disposais.


- C’est donc la première fois que tu utilises une caméra.
- Oui, en effet, c’est la première fois que j’ai utilisé une caméra et filmé. Auparavant, j’étais assistante de réalisation dans des films documentaires de réalisateurs égyptiens telle que la célèbre documentariste Attiyat Al-Abnoudi (1). Mais je n’avais jamais jusque-là réalisé un film à moi.


- Le film est centré sur une seule famille. Pourquoi ce choix ?
C’était un pur hasard. Je ne connaissais personne à Gaza. Les Egyptiens qui ont réussi à passer la frontière se rendaient dans la ville pour rendre visite à leurs parents ou enfants mariés là-bas. J’ai eu l’occasion, lors de mon voyage, de faire la connaissance de quelques-uns d’entre eux qui, sachant que je n’avais aucune connaissance dans la ville, m’ont bien accueillie et m’ont ouvert leur cœur et leurs maisons. En réalité, je n’ai pas connu une seule famille gazaouie. J’en ai connu d’autres. J’avoue que j’avais quelques appréhensions vis-à-vis des éventuelles réactions qu’ils pouvaient avoir à mon égard du fait du mauvais traitement que leur réservaient les autorités égyptiennes. Mais, ce n’était pas le cas : ils faisaient bien la différence entre le comportement du gouvernement et celui de la population d’Egypte. J’ai eu la chance de connaître de nombreux Gazaouis qui m’avaient donné  beaucoup d’informations. Ces récits donnaient une image différente de celle que nous voyons au journal télévisé. Les gens de Gaza  nous sont désormais présentés comme des victimes d’une répression farouche ou comme des terroristes qui tuent. Je voulais montrer cette population sous son vrai visage : forte, pleine de vie en dépit des sièges que leur imposent trois gouvernements : israélien, palestinien et égyptien. Leurs problèmes n’en finissent pas mais ils ont une capacité et une force incroyables de les résoudre et de les dépasser. Ils ont une envie terrible de vivre et sont déterminés à préserver un brin de normalité et de dignité dans leur vie de tous les jours.


- La famille dont il est question dans ton film est opposée au mouvement Hamas qui détient les rênes du pouvoir à Gaza.
- Nous savons tous que le gouvernement de Hamas a été choisi grâce à des élections libres, les plus libres du monde arabe. En réalité, le vote de la population était un vote sanction contre le Fatah. Mais après les élections et la victoire de Hamas, les Gazaouis se sont rendus compte que Hamas les empêche de vivre librement, les réprime au quotidien en procédant à des enlèvements, à des arrestations, en exerçant la torture etc… Ils ont perdu leurs illusions au point qu’ils disent : Nous ne voulons plus jamais de Hamas.

 

 

- Le financement du film ?
- Le film n’a bénéficié d’aucun financement. Tous ceux qui ont travaillé avec moi l’ont fait bénévolement.


- Est-ce que le film a été présenté ailleurs qu’en Tunisie ?
- Oui, en Italie, il y a une semaine, deux projections du film ont eu lieu dans le cadre du Festival du cinéma africain, asiatique et latino-américain.


- Quel accueil le public italien a-t-il réservé au film ?
- Je n’avais jamais imaginé qu’en Italie, pays européen ayant un gouvernement de droite, on puisse accueillir de la sorte le film. Je pense que cela est dû à la volonté des organisateurs du festival de faire quelque chose de différent. Durant les deux projections, le feed-back du public était bon, comme en Tunisie d’ailleurs. Je suis très contente de l’accueil du public.


- Le documentaire, est-ce une préférence ? Un choix ?
- Personnellement, j’aime le film documentaire comme j’aime le drame mais je ne réaliserai pas ce genre de cinéma (le drame).


- Pourquoi cette prédilection pour le documentaire ?
- Parce qu’il est plus vrai et donc plus crédible du fait qu’il est filmé avec des gens réels, de «chair et de sang».

 

Fin de l’entretien (Tunis, dimanche 5 avril 2009)


(1) Attiyat Al-Abnoudi, que certains surnomment «la poétesse du documentaire», est considérée comme la pionnière du documentaire en Egypte qui, écrit-on, «fait entendre la voix des gens de peu». Sa production date des années 1970. Elle réalise son premier documentaire Cheval de boue (1971), qui fut un grand succès, ensuite La Triste chanson de Touha (1972) dans lequel «elle se penche sur le sort d’humbles villageois qui se procurent de la boue des rives du Nil, pour la mixer à d’autres ingrédients afin de fabriquer des briques de construction, avec l’aide de chevaux». Viennent par la suite d’autres documentaires comme Sandwich (1975), Mers de soif (1981), Rêves possibles (1983) et Rythme de vie (1988), Le Caire 1000, Caire 2000 (2000), Femmes responsables (1994), Rawiya et Les Filles continuent à rêver (1995), Journées de la démocratie (1996),  Le Temps du voyage (2006)… Elle  a, à son actif, plus de 25 films et 30 prix internationaux. Elle fut également, pendant longtemps, la compagne du poète égyptien Abderahmane Al-Abnoudi dont elle s’est séparée..

Fiche technique du film
Réalisation : Azza Shaaban
Scénario : Azza Shaaban
Image : Azza Shaaban
Son : Gasser Khourshid
Montage : Mohamed Samir
Production : Zuza House

 

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