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NADIA BOUSSETTA Version imprimable Suggérer par mail
http://www.cinematunisien.com/images/nadia-boussetta-2.jpgLe rôle de Hedda Gabler a été confié à la jeune comédienne tunisienne Nadia BOUSSETTA. Née en septembre 1983, Nadia a suivi des études d’anglais puis de cinéma à Paris et Tunis. Elle a joué d’abord dans le long métrage de Khaled Barsaoui, «Bin el Widyène» aux côtés de Ahmed Hifyane, ensuite dans des courts-métrages comme celui de Mohamed Bêcheur, «Le Bonheur», et enfin dans des feuilletons télévisés tels que «Maktoub» (1 et 2), ou dans des pièces de théâtre comme « Photocopie conforme» et «Hedda Gabler» d’Ibsen, production franco-tunisienne présentée les 26, 27 et  28 mars 2009 au 4è Art.

 

Elle fut imposante sur scène avec sa silhouette fine et sa diction quasi parfaite. Son regard dirigé vers la salle en dit long sur la complexité d’un personnage qu’elle a fini par aimer, nous dit-elle tout en cherchant à s’en distancier. Comment une comédienne comme Nadia Boussetta peut-elle, dans sa douceur, se transformer en Hedda, femme en crise d’identité, femme monstre, manipulatrice, sans amour pour les autres, méprisante, criminelle, mauvaise mère, incapable d’aimer l’enfant qu’elle porte, en somme en un monstre froid, en une femme fatale détruisant tout autour d’elle ? Comment réussir à brosser le portrait de cette femme, produit d’une éducation répressive, prisonnière de sa nature névrotique, déjouant à sa manière le pouvoir mâle ?


Interpréter Hedda Gabler n’est pas chose aisée dans cette tragédie de la désillusion quand on sait que cet être rebelle échappe à toute explication psychologique ou sociologique et qu’elle a tous les ingrédients d’une héroïne intemporelle. C’est là que commence le rôle du comédien usant de l’art du théâtre. C’est  là que se trouve enfoui le secret de la création théâtrale. Nadia Boussetta, jouant ce destin chaotique, non pas avec les mots car ils ne furent pas des plus significatifs, mais de son visage tantôt fragile, tantôt cynique ou encore diabolique semant la destruction autour de lui. Un jeu des plus tragiques où l’on joue de son revolver comme on joue de sa vie et de celle des autres. Enfant, nous dit-elle, elle jouait avec ses amis, avec sa mère, leur attribuait des rôles et bâtissait un monde de rêves, celui de la planche. «Enfant unique, je cherchais, en jouant, à remplir ma solitude».Elle inventait, avec tout le sérieux impropre à sa nature d’enfant, des mots, des gestes, des rôles qu’elle distribuait ça et là. Quelle est belle la passion du théâtre ! Jouer, jouer, ne jamais s’arrêter demeure tout son rêve. Sa destinée est tracée. L’enfant, comme disait nos philosophes, n’est-il pas le père de l’Homme ?
Nadia, en jouant le rôle de Hedda, premier rôle rappelons-le dans cette splendide pièce de Henrik Ibsen, trouvait le personnage non pas monstrueux mais humain, intemporel, traversant les siècles comme les sociétés, d’une actualité frappante, nous dit-elle. Hedda, personnage féminin de la Norvège du XIXè siècle, est devenue, dans toute sa complexité, tunisienne.

 

Pour elle, Hedda n’est pas de son époque. Et en même temps elle est ancrée dan son époque. C’est là où réside le paradoxe. En dépit de tout, le personnage est facile à intégrer, précise-t-elle. Y a-t-il eu identification avec Hedda à la manière flaubertienne ? Nadia, en entrant dans la peau du personnage, en vivant sa détresse, son crime, son suicide, s’écriera-t-elle comme Flaubert : «Hedda, c’est moi» ? Au début, nous confie-t-elle, peut-être mais j’ai fini par garder mes distances. Sans doute, parce que Hedda Gabler demeure, comme on l’a écrit, «le plus beau visage féminin des œuvres d’Ibsen». Elle vient, en effet, compléter cette panoplie de portraits de femmes dans lesquelles nous avons retrouvé une part de nous-mêmes : nos rêves comme nos désillusions : Anna Karénine, Emma Bovary, Thérèse Desqueyroux, Madmoiselle Julie et que sais-je encore… incarnant le mal de vivre typique de leur époque et porteuses de drames profonds. C’est dire à quel point l’humain est universel et qu’il transcende les frontières.

 

Nadia Boussetta a réussi, par son jeu et par sa présence sur scène, à nous transmettre cet humain enfoui dans cette femme pourtant détestée, à nous communiquer sa quête d’absolu propre à chacun de nous. C’est pourquoi elle ne juge aucunement Ibsen comme « l’ennemi des femmes », comme on l’a pensé, à Copenhague, à la suite d’une des premières représentations de la pièce.


L’incarnation d’Hedda Gabler par Nadia Boussetta restera, sans nul doute, une page importante dans les annales du théâtre tunisien.

 

Par Noura BORSALI

 

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