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INTERVIEW AVEC SIHEM BELKHODJA Version imprimable Suggérer par mail

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4ème édition de -Doc à Tunis- (1er- 5 avril 2009): Il faut plus d’audace pour stimuler le débat démocratique

 

A l'occasion de l'événement culturel phare de cette semaine qui se déroule du mercredi 1er au dimanche 5 avril prochain dans cinq salles de cinémas de la capitale, « Doc à Tunis », nous avons voulu donner la parole à Madame Syhem Belkhodja pour mettre le lecteur davantage dans l'ambiance de ce festival qui s'affirme d'une année à l'autre et qui a pris une dimension internationale.


 Il propose au débat, et à travers une catégorie bien spécifique du cinéma, le film documentaire, des thèmes d'une actualité brûlante sur les plans national, régional et international.

Un programme riche et varié est proposé dans cette quatrième édition de «Doc à Tunis». Un marathon non-stop de cinq jours meublé de  73 films documentaires venus des quatre coins de la planète. C'est aussi une occasion qui devrait confirmer la qualité du cinéma tunisien et le savoir faire des cinéastes et des hommes et femmes de la culture en général et du cinéma en particulier.

Ne serait-ce que du côté des thèmes proposés, on a tout de suite hâte de découvrir, sur le grand écran, les différents films proposés et qui  associent d'ailleurs des cinéastes prometteurs sinon déjà confirmés. Mémoires meurtries, malaises de la mondialisation, migrations et mouvance, musulmanes en mouvement, mirages de Chine et documentaires du Monde arabe sont autant de thèmes qui ne laissent guère indifférent. Madame Belkhodja, qui était accompagnée de M. Lyès Besrour, et Mlle Delphine Lavau, membres de l'équipe de « Doc à Tunis », a bien voulu répondre à nos questions.Interview

+ On est déjà à la quatrième édition de « Doc à Tunis ». Un vrai succès lors des éditions précédentes. Derrière ce festival il y a l'Association Ness El Fen (Les gens de l'art), pouvez-vous nous dire davantage ?

  - Syhem Belkhodja : Ness El Fen est active sur la scène culturelle tunisienne depuis vingt ans et elle est derrière l'existence actuellement de trois rencontres culturelles : « Rencontres chorégraphiques de Carthage », « Design et mode de Carthage » et « Doc à Tunis ».

Elle dispose aussi de « L'école des arts et du cinéma ». Depuis quatre ans, des diplômes sont décernés aux étudiants qui suivent une formation dans ce domaine.

Ces rencontres sont ouvertes aux participations étrangères afin de favoriser les échanges culturels entre les différentes régions du monde. La culture devient de nos jours un produit cher, et « Ness El Fen » contribue à permettre au grand public d'avoir un accès à sa portée et le réconcilier avec le fait culturel. A titre d'exemple, on propose des cartes d'accès gratuites à des évènements pour encourager le Tunisien à revenir aux salles de cinéma.

L'association participe  également dans plusieurs rendez-vous culturels internationaux tels qu'en Europe (La Haye,  l'Ardèche, ...) et dans d'autres régions du Monde et est partenaire d'autres festivals tels que le FID Marseille.

+ Revenant à « Doc à Tunis », qui commence mercredi 1er avril. Le chemin parcouru depuis la première session et la contribution au développement de la scène cinématographique en Tunisie ?

Doc à Tunis a permis, depuis sa création la réconciliation du tunisien avec le cinéma. Je peux vous dire que même ceux ayant dépassé la cinquantaine et qui n'ont mis les pieds dans une salle de cinéma depuis longtemps, sont bizarrement revenus

et en ras-de-marée et se sont réconciliés et avec le cinéma et le débat, parce que Doc à Tunis est un espace qui privilégie le débat démocratique. On a pu constater, avec beaucoup de satisfaction d'ailleurs, que lors de l'ouverture de la session précédente, la salle était pleine et que ceux qui n'ont pas trouvé de places étaient beaucoup plus nombreux.

Les rencontres ont toujours privilégié des thèmes d'actualité qui reflètent surtout les préoccupations du Monde arabe et de l'Afrique et répondent, en même temps, à la réalité tunisienne.

+ L'édition de cette année, quelle différence et quelles nouveautés par rapport aux éditions précédentes ?


- La manifestation essaye toujours d'innover et de s'attacher au plus près à l'actualité du moment. Avec 73 films représentant 17 nationalités différentes, on a choisi des thèmes qui devraient inciter forcément au débat.

Des thèmes qui interpellent tout le monde et qui font l'actualité.

Pour le spécial Chine, le festival veut mettre la lumière sur  la présence grandissante de l'Empire du milieu sur le Continent africain et surtout sur une certaine forme de colonisation qui ne donne pas de leçons. C'est en quelque sorte différent de celle européenne. L'Europe, et malgré les discours qu'on peut entendre, ici et là, se détourne de l'Afrique et de ses problèmes. Des pays comme l'Inde ou le Brésil essayent, tant bien que mal, de combler ce vide en essayant d'être utile à ce continent qui connaît toujours des problèmes difficiles.

Sur la crise financière internationale, on veut faire ressortir un autre aspect de ce problème, qui ne concerne pas d'ailleurs la Tunisie et qui ne se trouve que dans la sphère virtuelle, dans les bourses occidentales. On veut dénoncer un certain discours qui veut nous faire passer la déprime que vit l'Europe. En ouvrant les chaînes françaises le matin, on se sent découragé par ce discours. On a donc envie de dire stop à ce genre de messages.

Sur la migration, le thème « migration et mouvance » veut mettre sous projecteur un problème devenu un fardeau difficile à gérer. Lié à la crise économique et au sous-développement des pays du Sud et également au réchauffement climatique, la migration nécessite des réponses adéquates des plus riches et des plus développés économiquement pour mettre en place des programmes à même d'aider à la résolution de ce genre de problèmes.

+ De part sa programmation, on remarque une diversité des films et des participants, de plusieurs continents d'ailleurs, le festival a atteint la notoriété ?


Je peux dire qu'on a tout de même une bonne réputation auprès des différents participants et on a associé de grands noms du cinéma à l'instar de Frédéric Mittérand.

Si on a atteint ce nombre de films, c'est qu'il y a de la qualité. On essaye de répondre à la demande d'un public assoiffé de débats, qui veut voir et parler d'autre chose que ce que les chaînes de télévision propsent.

Dès la première édition, on a enregistré presque 2000 spectateurs par séance, c'est ce qui confirme l'intérêt du public au documentaire qui permet de débattre de sujets réels et intéressants.

Une autre spécificité tient également à la qualité de l'accueil qu'on réserve à nos invités étrangers. C'est toujours un accueil chaleureux qui reflète la générosité tunisienne. C'est bien apprécié et c'est l'une des forces de Ness El Fen.

Doc à Tunis ne raisonne pas en termes de compétition et de prix. Réalisateurs et producteurs se sentent plus à l'aise en se trouvant hors de l'angoisse, de la compétition et des récompenses à la fin des festivals.

+ Le nombre de films tunisiens participants à cette édition, vous donne satisfaction je crois ?

- On veut toujours donner de la visibilité à nos jeunes cinéastes tunisiens qui promettent beaucoup pour l'avenir. Dix documentaires c'est bien mais pas suffisant.

C'est une occasion pour ne pas toujours faire dans l'institutionnel, il faut plus d'audace et ne pas faire à la marge de l'actualité et permettre à ces jeunes d'être eux-mêmes.

C'est ce qu'il faut faire dans une époque là où il n'y a plus de frontières et où les jeunes ont toujours une longueur d'avance par rapport à la société.

A titre d'exemple, j'ai assisté pendant la consultation sur la jeunesse à un vrai débattre démocratique et c'était un espace d'échange d'idées qui s'est fait en toute liberté. Donc L'Etat n'est pas le problème et n'est pas un frein devant le débat d'idées. C'est plutôt dans la pratique qu'on pourrait retrouver les obstacles. Nes El Fen a d'ailleurs une autorisation annuelle de diffusion, les difficultés ne commenceront parfois que lors de la mise en œuvre des différents projets.

+ Avec autant de films et cinq journées marathon de diffusion je crois qu'il y a des dépenses importantes, quid du soutien financier ?

- Je dois dire que juste pour le film d'ouverture, on a des dépenses qui s'élèvent à 1500 euros. Ceci montre le coût élevé de la manifestation . La subvention du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine ne permet de couvrir que 12 films sur un nombre important de l'ordre de 73 cette année.

Pour conclure, je dois rappeler que « Doc à Tunis » veut contribuer toujours à raviver le débat autour de sujets d'actualité dont la Tunisie, pays mature, a besoin.

Ness El Fen, à travers les rencontres annuelles qu'elle organise, est là pour qu'il y ait débat sur l'actualité, sur le corps et tous les sujets qui interrogent tout un chacun.

On présente le documentaire dans des films et les films changent les sociétés. Les rencontres chorégraphiques de Carthage sont dans la même ligne car la danse touche le corps et peut déranger certains qui veulent que la société se referme sur elle-même.

Le Festival de la mode pourrait être taxé de futile par certains mais en réalité, c'est une manière d'interroger la société profondément car la mode est plus perverse et que «l'habit fait le moine». La mode qui interroge le corps de la femme n'est guère superficielle. Elle change la société sans que l'on se rende compte.

réalisée par Mounir JOMNI


Source : Le Temps


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L'équipe de doc à Tunis :

Président : Frédéric Mitterrand

Concept et direction : Syhem Belkhodja

Direction  artistique : Hichem Ben Ammar

Conseiller artistique : Lyès Besrour

Recherches et Documentation : Amira Mahdaoui

Collaboratrice : Delphine Lavau

Attachée de presse : Neïla Gharbi

Conception graphique : Digimage / Semy Ben Slimane

 

 

 

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