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Gros plan: -Mascarades-, de Lyès Salem Version imprimable Suggérer par mail

Le burlesque en tant que catharsis

http://www.critikat.com/IMG/jpg/mascarades.jpg
 L’Algérie est à nouveau au devant de la scène cinématographique Africaine et arabe après des années d’absence durant lesquelles les soubresauts de l’histoire ont relégué au second plan toute velléité d’art.


 Cette renaissance, l’Algérie la doit à de jeunes réalisateurs dont les premières œuvres se sont distinguées aussi bien sur le plan régional que sur le plan international. Tarak Téguia et Ait Zaimeche pour la fiction et Malek Ben Smail pour le documentaire sont désormais des invités fixes des grands festivals, Venise pour le premier, Cannes pour le second et le festival des cinémas du réel pour le documentariste de Constantine.

Il manquait peut être à l’Algérie un grand succès populaire qui permette par un effet de retour de mieux se rendre compte du chemin parcouru par une cinématographie qui a connu une longue traversée du désert. En dépit de l’excellent accueil critique, les films de Téguia, Ait Zaimeche et de Ben Smail n’ont pas eu beaucoup d’echos, des films d’auteur d’une  grande exigence artistique difficilement accessible au grand public.

Le retour de la comédie à l’algérienne


 C’est peut être « Mascarades » premier long-métrage de Lyés Salem (déjà « césarisé » pour son court-métrage «  Cousine »), qui sera appelé à jouer le rôle de locomotive du cinéma algérien pour les années à venir. Nommé pour le césar  de la meilleure première œuvre cette année, pour l’oscar du meilleur film étranger, primé aux JCC, à Dubaï, invité un peu partout dans le monde, distribué à plus de quatre vingt copies en France et dans toute l’Algérie, « Mascarades » connaît une réussite qui vient confirmer l’embellie du cinéma algérien. Les mauvaises langues diront que ce renouveau est le fait de cinéastes de la diaspora. Soit. Mais le fait que  Lyès Salem et quelques autres  vivent et travaillent entre  la France et l’Algérie ne remet pas en cause l’authenticité de leurs regards même s’il est différent et distancié.  Ce qui précède n’est évidemment pas applicable à tous les cinéastes algériens de France, certains ayant malheureusement perdu dans leur exil (forcé ou volontaire) leurs âmes et ont tourné le dos à leur culture d’origine. Mais là est un tout autre débat.

« Mascarades » renoue avec la comédie sociale à l’algérienne genre qui a fait florès dans les années soixante dix et quatre vingt avec Allouache ( Omar Gtlatou)  et Zemmouri ( de Hollywood à Tamarnasset) pour chefs de file.

Un petit village du Sud algérien (le film a été tourné à Biskra) où la vie coule paisiblement en dépit de  l’ennui et le mal de vivre. Le café  et la place du village sont les lieux de rassemblement d’une jeunesse désoeuvrée.  Mounir, jardinier de son état, est heureusement marié et vit avec sa sœur Rym et son petit garçon.  Tout irait pour le mieux si notre héros (incarné par Lyès Salem) ne ressentait un immense besoin de reconnaissance de la part de son entourage qui raille sa faiblesse devant son épouse et la narcolepsie  de sa sœur Rym, sujette à des endormissements fréquents et involontaires. C’est à la suite d’une discussion entre deux commères du village qui lui a été rapporté par son fils que Mounir, après s’être enivré, invente de toute pièce la nouvelle du futur mariage de sa sœur avec un richissime homme d’affaires étranger. Cette annonce perturbe la quiétude  du village et fait de Mounir un homme important et courtisé. Il est désormais au centre de toutes les attentions. Le hic est que Rym entretient une liaison secrète avec le meilleur ami de  son frère qui hésite à se déclarer, prétextant son désir d’améliorer sa situation économique avant de se marier. Lasse d’attendre, Rym contribue à amplifier la rumeur en confirmant la nouvelle de son futur mariage. A partir de là, impossible de faire marche arrière, le village s’emballe et Mounir prend du plaisir à ce nouveau statut de héros du village, héroïsme qu’il détient du seul fait d’être le futur gendre de Van Coutten, millionnaire de son état.


 Un film sagement adossé au genre


La comédie est un genre très difficile à réussir en raison de ses exigences en matière de gestion du rythme, de trouvailles visuelles et de la nécessité de trouver le juste équilibre dans le jeu des acteurs entre le comique et le grotesque. Les dialogues aussi percutants qu’ils soient ne renvoient à rien s’ils ne sont pas portés par une mise en scène.

Pour  «Mascarades », le défi est plus au moins relevé. Sur le plan du rythme, le  film a de la verve, il distille une énergie qui accroche le spectateur à l’image  de cette première séquence où la place du village est envahie par l’arrivée d’un convoi de voitures de luxe qui provoquent une véritable tempête de sable à laquelle les vieux  du village du moins semblent habitués. La séquence du mariage elle aussi est réussie et bien montée. Le seul problème  réside dans la difficulté dans laquelle il se trouve pour gérer ses moments de pause, nécessaires par ailleurs à toute comédie.

Ces intermèdes où le spectateur respire avant le prochain décollage sont plutôt mal négociés. Ils correspondent à des moments d’essoufflement de la mise en scène et de relâchement du jeu d’acteurs donc de vacuité du film. Le second travers du film est à rechercher dans le manque d’inventivité des situations comiques. Si le genre au cinéma est aussi travaillé par les clichés et les stéréotypes, il n’est pas fatalement condamné à la répétition d’un film à un autre et si Lyès Salem a, par moments, du brio dans l’énergie qu’il arrive à imprimer à certaines séquences, il lui manque la folie et la flamboyance d’un Kusturica (mais  n’est pas Kusturica qui veut) pour faire coexister en un seul plan l’ordinaire et le plus extraordinaire. Le comique de Salem est plutôt sage et prudent même s’il n’est pas gratuit et suscite la réflexion.

«Mascarades» est en effet convaincant de par ce qu’il essaie de penser : la faculté qu’a une société de changer, de se regarder en face.  L’histoire d’amour de Rym, le statut de Mounir dans le village, les problèmes latents de son couple ne sont résolus qu’à la faveur du chambardement du village provoqué par la fausse rumeur du mariage de Rym. Et ce n’est pas tant son mariage qui est important que le fait qu’elle est  sur le point d’épouser un riche étranger. Ce serait donc ce personnage imaginaire qui serait à l’origine de la recomposition de cette petite communauté qui aurait continué à vivre dans l’hypocrisie et le refoulement sans l’imminence de l’incursion de ce regard extérieur. Une mascarade pour mettre fin aux mascarades.

 

Par Ikbal ZALILA         
 
Source : Le Temps        
 

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