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Cinéma Rétrospective de Johan Van der Keuken Le cinéaste en colère Version imprimable Suggérer par mail
http://www.mycontemporary.com/resources/artist/johan_van_der_keuken/x-large/johan_van_der_keuken.jpg
Du 12 au 15 Février 2009 , s'est tenue la maison de la culture Ibn Khaldoun ,la rétrospective Johan Van der Keuken organisée par l'ATPCC en partenariat avec l'Ambassade du Royaume des Pays-bas et du Holland film d'Amsterdam.

Durant ces quatre jours, les cinéphiles ont pu découvrir 27 films de ce cinéaste majeur couvrant l'ensemble de sa carrière qui s'étend sur une quarantaine d'années. Trois séances par jour dans des conditions spartiates ( il serait temps que l'autorité de tutelle pense au rétablissement du chauffage à la maison de la culture), bravant le froid un petit groupe d'inconditionnels a pu découvrir ( ou redécouvrir) l'étendue du talent de cet immense cinéaste, à la fois explorateur de formes, citoyen engagé dans son temps et poète.

Marginalité topique et esthétique
Johan Van der Keuken aura filmé jusqu'à sa mort en 2001 des visages , des corps, des paysages et entrepris de raconter des dizaines d'histoires avec Amsterdam pour point de départ et le monde comme altérité mais aussi comme identité. Amsterdam est la ville où tout commence, mais l'Amsterdam de Johan Van der Keuken ne ressemble en rien à celle des cartes postales, canaux, liberté, « fumette » et douceur de vivre. C'est la marge que choisit ce cinéaste pour saisir l'esprit de son époque. Ce sont les enfants aveugles et leur perception de l'espace qu'il filme en 1964 (L'enfant aveugle), les laissés pour compte du boom économique de l'après guerre dont il saisit la détresse dans « Quatre murs »( 1965), puis Herman Slobbe , un enfant aveugle qui vomit sa haine des vieux, de la compassion dont il est l'objet et de la mauvaise musique ( l'enfant aveugle 1966). La marginalité dans ses premières oeuvres n'est pas seulement topique, elle est aussi stylistique. Johan Van Der Keuken, entreprend durant cette période « formaliste » de son parcours d'explorer des voies originales de raconter le monde :Un montage qui refuse toute linéarité, des accélérations, décélérations dans le récit, des digressions dans le développement, l'autonomie de la bande son qu'il affranchit de son statut d'auxiliaire de l'image pour en faire une pourvoyeuse de sens se suffisant à elle-même.


Ces explorations formelles des années soixante constitueront les marqueurs stylistiques de son cinéma durant les années soixante-dix qui prend une tournure plus ouvertement politique de par les thèmes qui y sont abordés. L'essoufflement du capitalisme ( Le maître et le géant 1980), la raréfaction des ressources induite par la surproduction (La jungle plate, 1978), la guerre du Vietnam ( Vietnam opéra 1973) la pauvreté ici et ailleurs( Vers le Sud , 1980) sont les thèmes majeurs de Van der Keuken en cette décennie. Si les préoccupations changent d'échelle, Johan Van der Keuken ne renonce en rien aux expérimentations entreprises dans ses films des années soixante, l'hétérogénéité ( qu'il revendique comme essence de sa démarche) ira en s'affirmant et c'est l'ailleurs vers lequel il se sent irrémédiablement attiré qui y contribuera d'une manière décisive.

Nomadisme du regard, Hétérogénéité de la forme
La marginalité topique et esthétique de Van der Keuken se double durant ces années politiques, d'un nomadisme du regard, de son décentrement. L'ailleurs à la fois de par sa différence radicale mais aussi de par son identité avec les Pays-bas est le lieu où se joue désormais le cinéma du maître néerlandais. C'est à la faveur de ses voyages aussi bien en Europe, en Amérique latine, en Inde, en Afrique ou en Tunisie, que Johan van der Keuken entreprend de comprendre les limites du système capitaliste et la déshérence dont il est responsable. Si les configurations économiques et sociales sont radicalement différentes à Douiret( dans le Sud Tunisien) ou dans les bidonvilles du Caire de celles prévalant en Hollande , les ravages du capitalisme sont identiques. Paupérisation croissante des populations, surexploitation des ressources naturelles, problèmes de logement, inégalités criantes ici et ailleurs, le monde a mal partout en cette décennie qui aura connu deux crises pétrolières majeures et mis fin aux trente glorieuses (pour le monde industrialisé cela va sans dire) qui ont suivi la seconde guerre mondiale :Van der Keuken est un cinéaste en colère.


Ce n'est pas tant l'engagement du cinéaste qui nous interpelle (le tournant des années soixante a enfanté le cinéma d'intervention sociale dans le sillage duquel se sont inscrits un certain nombre de cinéastes) que cette faculté qu'a van der Keuken de changer d'échelle du regard sans rien renier de ce qui a fait son cinéma jusque là. Plus, le nomadisme du regard, a approfondi l'hétérogénéité fondatrice de son cinéma. Le montage (mon beau souci disait Godard) est le lieu où s'affirme de la manière la plus évidente la spécificité de Van der Keuken. Ce cinéaste tourne beaucoup, il est derrière la caméra et Nosh, sa compagne de trente ans prend le son. Sur certains films, deux ou trois autres techniciens se greffent sur le couple. Dans tous les cas, pour Johan, la légèreté du dispositif est garante de la liberté de sa démarche. Durant la phase de montage, la riche la matière filmée est organisée non pas dans un souci de cohérence classique mais en fonction des circonvolutions de la pensée à l'origine de ces images. Si la totalité fait sens ( le cinéma de Van der Keuken n'est pas expérimental), le montage n'est dicté par aucune linéarité, aucune urgence explicative, on passe allégrement d'un sujet à un autre pour revenir au sujet principal, d'un pays à un autre, d'un visage à un autre, le sens advient par des associations qui renvoient au rôle assigné par le montage par Vertov. Parenthèses, digressions moments de poésie pure intervenant là où on les attend le moins en plein milieu d'une séquence démonstrative , la forme chez Van der Keuken est instable et à aucun moment prévisible (il qualifie lui-même son cinéma de post-moderne avant la lettre). Dans cette perspective, ce sont les voyages, ces expériences de l'altérité qui rendent possible ces associations en apparence improbables entre l'ici et l'ailleurs, Amsterdam village global et le monde.

Ikbel Zalila      
 

Source : Le Temps      

 

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