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Festival international du film de Rotterdam Version imprimable Suggérer par mail

http://www.letemps.com.tn/upload/N-1--page-culture-3col13-02-2009.jpgLe 7ème art russe : Un retour au premier plan

 

Cette édition du festival international du film de Rotterdam a constitué le lieu idéal pour scruter l'état de la production russe, vingt ans après la chute du mur. Une dizaine de fictions dans les différentes sections était en effet programmées.


La question de l'Histoire dans son acception la plus large est au cœur des trois films qui nous ont le plus interpellés même si elle ne se décline pas de la même manière.

A " room and a half " Un film jubilatoire


" A room and a half "  d'Andrey Khrzhanovsky est probablement le film le plus jubilatoire qu'il nous a été donné de voir durant cette session. Ce premier long métrage d'un réalisateur de soixante- neuf ans, spécialiste et enseignant de cinéma d'animation est une version romancée de la vie du grand poète russe Joseph Brodsky , prix Nobel de littérature, mort en exil aux Etats-Unis. Le point de départ du scénario est une déclaration de Brodsky à qui on avait demandé un jour s'il comptait retourner un Jour en URSS, " oui mais dans l'anonymat ". Le film fait faire à Brodsky ce voyage imaginaire, voyage dans l'espace et dans le temps, il revoit son enfance heureuse d'enfant unique entre un  père militaire et une mère poule aimante et distinguée dans une maison bourgeoise où il faisait bon vivre. La révolution amène la famille à abandonner son confort bourgeois pour un appartement communautaire où les gens sont entassés. Tout est compté désormais pour cette famille qui a connu jusque là une vie plutôt aisée, mais rien n'arrive à entamer la bonne humeur du père,  la tendresse de la mère de Brodsky.. Le Brodsky adolescent est plutôt coureur et insoumis, ses conquêtes se succèdent devant le regard interloqué mais aussi très fier de ses parents, à qui rien n'est épargné , la chambre  du fils étant séparée de celle des parents par un simple rideau. L'insoumission du poète va en s'affirmant, une insoumission de  Dandy plutôt que de rebelle, il lit tout surtout les auteurs interdits et profane allégrement les symboles du stalinisme et de la révolution, en continuant à aligner les conquêtes. Il écrit  des poèmes, de véritables hymnes à la vie au moment où l'URSS se momifie. Son impertinence lui vaudra un internement en camp de travail. Il sera autorisé à s'exiler aux Etats-Unis, où il sera consacré un des plus grands poètes de ce siècle, laissant derrière lui, ses parents tant aimés et ne se remettant presque jamais de son exil.

Oscillant entre des séquences de diction avec trois excellents comédiens,dans le rôle du père, de la mère et de Brodsky adultes, des images d'archives et des séquences d'animation d'une inventivité et d'une poésie rarement vues au cinéma, le film est tout simplement envoûtant, magique. Si l'Histoire est bien là avec tous ses soubresauts elle ne constitue pas le prétexte à un règlement de compte, aucun didactisme dans ce film, mais une énergie, une ampleur, un bonheur de raconter et de partager et toujours ces moments où le tragique se mêle au comique, cette pointe de mélancolie et la poésie visuelle et sonore qui traverse de bout en bout le film.

" Morphia " Addiction et histoire


Aux antipodes se situe le film d'Alexei Balabanov, " Morphia ". Inspiré de nouvelles autobiographiques du grand auteur russe Mikhail Bulgakov, il consiste en des chapitres de la vie d'un jeune médecin , le Docteur Polyakov, morphinomane qui finira par périr de son addiction en se donnant la mort dans une salle de cinéma. Nous sommes en 1917 et Polyakov débarque de Moscou dans un hôpital de province au milieu de nulle part. C'est l'hiver, les moyens sont dérisoires et les patients nombreux. Polyakov est un bon médecin mais son addiction l'habite. Progressivement c'est la descente aux enfers , enfer dans lequel il entraîne une infirmière dont il tombe amoureux et qui devient complice de se vols répétés de morphine de la pharmacie de l'hôpital. La déchéance du médecin est mise en parallèle avec l'accélération de l'histoire de la Russie  en cette année 1917, la mort du médecin coïncidant avec la victoire des révolutionnaires. Un film sombre où à l'instar d'Andrey Khrzhanovsky, Alexander Balabanov,  l'Histoire n'est abordée que de biais. Un film où il faut aussi lire selon son réalisateur l'actualité des russes d'aujourd'hui ceux des provinces éloignées minés par l'alcoolisme, la drogue, la violence, la malnutrition et pour qui rien ou presque n'a changé depuis la révolution. Un film sombre bien mené en dépit d'un scénario qui manque parfois de liant, " Morphia "  est par moments très cru à la limite du supportable, avec ces jambes qu'on sectionne, ces femmes éventrées, les visages brûlés, l'amour est mis en ellipse au profit de préliminaires pervers significatifs de l'incapacité d'aimer du jeune docteur totalement sous l'empire de son addiction. Le tour de force du film réside dans sa faculté à désamorcer par le rire la cruauté et la violence qui le caractérisent à travers une réplique, un mouvement, une expression parfois dans le même plan où ce qui se passe devant nos yeux est atroce. Cette démarche réussit à installer le film dans une atmosphère indécidable et maintient le spectateur à une juste distance par rapport aux images ; La distance nécessaire à la réflexion.

 " Paper's soldier ", Génération mélancolie


Après " The last train " ( 2003) et " Gapartum " ( 2005), Alexei German Junior, le fils de son illustre père réalise avec " Paper's soldier " un film qui lui a valu un lion d'argent à trente- deux ans à la dernière Mostra de Venise. German prouve avec ce film qu'il est incontestablement avec Andrei Zviaguintsev un des chefs de file de la nouvelle  génération de cinéastes russes  formée à la bonne école, la VGIK de Moscou par laquelle sont passés tous les cinéastes russes qui comptent. Plus, ce jeune réalisateur s'inscrit clairement dans la tradition du grand cinéma russe, dont il assume plutôt fièrement l'héritage. " Paper's soldier " est le portrait d'une génération de scientifiques durant la période de déstalinisation qui a vu le premier voyage sur la lune de Yuri Gagarin,  Il a pour cadre le centre où on prépare les cosmonautes russes à cette expédition historique sorte de climax de l'utopie communiste. C'est le médecin en chef du centre qui sert de fil conducteur, ses amours sont problématiques avec son épouse rationaliste convaincue, lui est taraudé par le doute et veut donner du sens à sa mission , il n'est pas dupe des coûts humains  d'une telle entreprise et sait qu'il faut fermer les yeux s'il y a des ratées en cours de route. Oscillant entre le scepticisme et l'exaltation, la mélancolie et l'euphorie, ce médecin traverse  ce mois avec une bande d'amis artistes et scientifiques requinqués par la déstalinisation mais prudents quant à la réalité des changements escomptés. Le fait de ne pas avoir d'autre choix que celui de réussir est ce qui pèse le plus sur les épaules de notre médecin qui sait que cette réussite obligatoire ne va pas sans dégâts. Le film procède à travers le personnage du médecin à une déconstruction du mythe du progrès auquel la mission de Gagarin a donné lieu pour donner une voix un visage et une âme aux hommes et aux femmes qui ont été derrière cet exploit, pour pointer aussi les victimes de ce rêve insensé qui n'aura finalement servi que la gloire du régime. Entretenant de toute évidence un rapport plus dépassionné que ses aînés par rapport à cette période , Alexei German Jr nous offre un film lucide, humaniste et désenchanté. Mené tambour battant avec un sens de la lumière du cadre inouï à l'instar de ce plan où le réalisateur englobe dans le même plan le visage du docteur mourant avec en arrière plan le décollage de la fusée qui emportait Gagarin vers la planète lune, l'atmosphère y est éthérée très tarkovskienne le Tarkovski du Miroir ou de Stalker, " Paper's soldier " est probablement l'acte de naissance d'un cinéaste majeur.( A suivre )

 

 

 

Par Ikbal ZALILA          
 
Source : Le Temps          
 
 
 

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