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Cinecitta Version imprimable Suggérer par mail

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Les ingrédients de la comédie policière et pourtant …

• De Ibrahim Letaïef

• Avec A. Chouayet, M.A. Ben Jemaâ, M.A. Nahdi, M. Grayaâ, Dorra Zarrouk, J. Guesmi, J. Madani, Raouf Ben Amor, Jamel Sassi, Fethi Heddaoui, Lilia Klaï et Jacqueline Bismuth
Fidèle au genre comédie qu’il a essayé notamment dans Visa, son deuxième court métrage, auréolé de 32 prix internationaux dont le Tanit d’or des JCC 2004, Ibrahim Letaïef signe avec Cinecitta, 7 avenue Habib Bourguiba une comédie policière.

Ce premier long métrage est donc, à l’image du titre du film, dans la continuité de son parcours. Actuellement, en 2e semaine à l’affiche dans sept salles à travers le pays, cinecitta a drainé, lors de la première semaine d’exploitation, 17.000 spectateurs.

Appréciation critique.

C’est quasiment par pique que Ibrahim Letaïef, frustré et attristé de ne pas avoir obtenu l’aide à la production (ou le montant) qu’il espérait, décida de produire et de réaliser, sans l’habituelle subvention du ministère de la Culture, son premier long métrage, Cinecitta. Pour lui, il s’agissait désormais d’un challenge.

Aussi Cinecitta est-il l’un des rares films tunisiens (Bezness et La guerre du Golfe et après produit par le regretté Ahmed Bahaeddine Attia) réalisés sans l’aide à la production.

Ce qui est en soi courageux, étant donné les risques financiers, donc de production, pris par Ibrahim Letaïef, auteur-réalisateur et producteur de cet opus dont le coût s’élève-promotion comprise — à environ 900.000 dinars.

Bref, ce défi artistique relevé par I. Letaïef est reflété, quoique de manière caricaturale, dans la fable, puisque le personnage central, Chahine, un jeune scénariste et réalisateur, faute de subvention, n’hésite pas, avec la complicité de ses amis-associés, Hmaïed, producteur, et Sami, directeur-photo, à cambrioler une banque pour réaliser son rêve, un film.

Comme quoi, nul ne peut faire barrage à la création, laquelle transcende tous les obstacles. Cela quitte à transgresser la morale, les interdits et autres tabous.

C’est là l’idée centrale du film. Le message, si l’on puit dire. Or, ce qui dérange, c’est que les problèmes agités sont très spécifiques au secteur cinématographique (commission d’aide à la production, subventions, etc.) d’autant que le réalisateur cible, selon ses dires, le grand public (voir Interview in La Presse du samedi 31 janvier 2009). Cela, sans compter que les difficultés de la création ne s’arrêtent pas aux problèmes financiers, ni à la censure (la raison du refus de l’aide invoquée par la commission est que «le scénario ne reflète pas la réalité du pays»).La création englobe également la capacité d’inspiration, d’innovation, d’imagination, de réflexion, de transcendance, d’élévation.

Ainsi, en focalisant presqu’exclusivement sur certains aspects de la création, utilisés comme prétextes pour nous embarquer dans une comédie policière, le réalisateur épouse, peut-être involontairement ou même impérativement, un parti pris réducteur.

Ce qui pourrait expliquer entre autres la minceur du propos et du sens, fond et forme confondus. Car cette comédie policière, qui comporte, il est vrai, quelques ingrédients du genre entre intrigue, personnages loufoques, malfrats idiots, avocat véreux, parodie, farce et désinvolture, bascule par moments, en raison d’une certaine linéarité pesante du récit, d’un discours par trop direct et d’une mise en scène peu soutenue, dans la vacuité. On a l’impression des fois que rien ne se passe vraiment. D’où les lenteurs et les longueurs.

Et c’est dommage d’autant que Ibrahim rend hommage et tire son chapeau dans ce premier long métrage au cinéma italien «qu’il admire» et qui, a-t-il déclaré, «est le plus proche de nous puisqu’il a bercé notre enfance».

Car, justement, le cinéma italien qu’il cite (La Dolce Vita de Fellini, Le voleur de bicyclette de De Sica, etc.) est par excellence le cinéma de la profondeur, de la réflexion et du sens. Avec l’émotion en sus.

En tous cas, le réalisateur n’a pu résister à citer des scènes mythiques du cinéma italien, telle celle culte de La Fontaine de Trevi dans La Dolce vita de Fellini où s’embrassent Anita Ekberg et Marcello Mastroiani, mais il opte purement et simplement pour la reproduction de ces scènes célèbres sans, toutefois, les personnaliser afin de créer du sens.

Même chose pour la critique sociale, qu’on perçoit en toile de fond (les magouilles, la conception, l’argent sale, la cupidité, l’hypocrisie, etc.), le réalisateur opte pour l’allusion, la dérision (scène de l’intégriste campé par M. Ali Nahdi) et l’absurde (entre autres, la scène où l’on voit Ommi Sissi balayer le parterre) toujours en effleurant les choses. IbrahimLetaïef, il est vrai, ose dans ce film dont l’idée est quand même originale, mais sans creuser, sans aller jusqu’au bout de son propos et du genre qu’il traite. L’on reste ainsi sur sa faim surtout que le réalisateur préfère, vers la fin, nous fausser compagnie pour aller célébrer son film «enfin accompli» (sic) à Cannes.

Serait-ce là un signe prémonitoire ? Tant mieux pour lui et ses complices et tant pis pour nous!

Parlons, maintenant, du jeu des acteurs sur lequel le réalisateur a misé afin de porter et de soutenir l’essentiel de la mise en scène puisque les mouvements de caméra sont, à l’exception de quelques légers travellings assez rares, entre autres, faute de moyens peut-être.

Disons d’emblée que Mohamed Ali Nahdi a séduit dans un rôle de composition assez porteur. Pour le reste, A. Chouayet, très mal à l’aise, et M. Grayaâ n’ont pas sorti le grand jeu étant à côté de la plaque; de son côté, Mohamed Ali Ben Jemaâ, inégal dans l’ensemble, aurait pu mieux faire. La paire Jamel Madani et Jaâfar Guesmi, façon «Blues brothers»,arrive à de rares moments à être sympa, sans plus, Dorra Zarrouk passe sans laisser de traces, Jamel Sassi est, lui, encore heureux! d’une grande justesse. Raouf Ben Amor a vécu un dépaysement dans un rôle à contre-emploi, Jacqueline Bismuth est artificielle et maniérée, Lilia Klaï, elle, on l’a si peu vue… Enfin, saluons Fethi Heddaoui en guest-star.

 

Samira DAMI         
 
Source : La Presse        
 

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