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Pourquoi l'Afrique est-elle absente des écrans européens ? Version imprimable Suggérer par mail

Djibril

 

 

 

Quand on fait de la programmation  pour un festival de cinéma, comme c’est mon cas en ce moment, on se retrouve face à un problème récurrent : le manque de films africains, d’Afrique noire du moins.

Evidemment Djibril Diop Mambety (à gauche) et Ousmane Sembene sont morts mais où sont passés les Cissé, les Ouedraougo, Kaboré et autres ?

 

Et n’y a-t-il pas de réalisateurs dans la génération suivante?


Les festivals n’auraient plus aucun goût pour le cinéma africain ? Et les chaînes de télévision comme Arte que font-elles?


Ou n’y aurait-il plus de cinéma africain?Yeelen
En fait cette question, on ne se la pose qu’en Europe et peut-être en Afrique francophone, d’où venaient dans les années 80 et  90 le plus grand nombre de films qui finissaient dans les festivals. Rappelez-vous de Yeelen de Souleymane Cissé en compétition à Cannes en 1987 (à droite).

La_leon_des_ordures Des films que les Africains sur place n’allaient pas beaucoup voir.
A Bamako, à la même époque, on préférait le populaire Nyamanton, La leçon des ordures, (à gauche) au demeurant un film formidable de Cheick Oumar Sissoko (à droite), dont on n’a plus Cheikh_oumarvu grand chose depuis.
Je crois qu’il est devenu un temps ministre de la Culture du premier régime vraiment démocratique qu’ait connu son pays, sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré…
Je me souviens par exemple avoir vu Nyamanton en 1986 au cinéma le Soudan, dans le quartier de Oualolofobougou -une salle qui aurait disparu depuis-, au milieu d’une foule de spectateurs enthousiastes et hilares.
Mais je m’égare.
Revenons à la question mentionnée plus haut.

Pourquoi ce désert (à part Daratt) sur les écrans depuis des années ?

Quelques professionnels du cinéma, amoureux de l’Afrique affrontent aujourd’hui ce mystère.
Yaaba Ainsi le Suisse Pierre-Alain Meier, le producteur de Yaaba d’Idrissa Ouedraougo et des Hyenes de Djibril Diop Mambety, deux bêtes à concours, mais aussi de Moi et mon blanc du burkinabé Pierre Yameogo, cinéaste trop sous-estimé (à Images droite) ne questionne pas seulement le manque d’appétit  des diffuseurs du Nord.

Il va partir ces jours-ci à Ouagadougou, au festival de cinéma panafricain, le bien connu Fespaco (qui se déroulera du 28 février au 7 mars prochains) pour tester ses interrogations, commencer à évaluer ce qui, dans le déficit actuel, provient du Nord (coproducteurs, festivals et aides) et ce qui vient du Sud (la non-transmission d’une génération à l’autre de ce qu’est le cinéma, l’exclusion des jeunes par les anciens…)

Cette question, on ne se la pose pas à Lagos, au Nigéria, par exemple, où se développe une industrie étrange, dans ce que l’on a surnommé Nollywood (pour Nigerian Hollywood).
Nollywood est considérée comme la troisième industrie du cinéma du monde (250 millions de dollars à peu près de chiffre d’affaires).
Evidemment, les films en question ne sont ni tournés ni diffusés sur support en celluloïd, mais en vidéo. Et leur distribution ne passe pas par les salles, mais par les vidéo-clubs et les foyers.
Ce qui tombe bien puisqu’à Lagos (quinze millions d’habitants), la sécurité est très précaire, surtout le soir. Le taux de criminalité très élevé. Ce qui avait entrainé, au début des années 90, la fermeture de la plupart des cinémas de la métropole.
Ce type de diffusion des quelque 2200 films (eh oui de 2200 à 2500 en fait !) réalisés chaque année au Nigéria, en une moyenne de dix jours et pour un coût de 15 000 dollars, a des conséquences sur leur contenu.
A Lagos, le film de genre est roi, et l’on se moque bien des critères européens et des critiques. On y voit des vidéos qui racontent des histoires assez brutes, parfois proches de la vie de tous les jours, en tout cas qui se passent dans des lieux reconnaissables, toujours avec des intrigues étonnantes, qu’elles traitent de la prostitution, des sciences occultes, des droits des femmes, de flics ripoux, ou qu’elles reprennent en les adaptant des scénarios connus en Occident ou à Bollywood…

Images_4 Nollywood a ses stars : la yoruba Hassanat Taiwo Akinwande (à gauche), dont le nom de scène est Wunmi et qui a eu maille à partir avec la justice de son pays pour avoir monté un trafic de cocaïne. Autres étoiles de cette industrie du rêve: Regina Askia, Chioma Chukwuka, Ini Edo….
Si l’on regarde sur Imdb, le site du cinéma,  la filmographie d’un acteur Emeka comme Emeka Ike (à droite), on découvre que, depuis ses débuts en 1995 dans Deadly Affair, il a tourné 128 films, enfin 128 vidéos.
Et encore, quand vous lirez ce billet, sans doute en aura-t-il ajouté un ou deux. 
Pour bien comprendre ce qui se passe à Lagos, il faut voir au moins trois films réalisés par des gens du Nord :
Peace Mission de l’allemande Dorothée Wenner, présenté au dernier festival de Pusan (et bientôt, en mars, à Fribourg en Suisse) ;
Nollywood Babylon de Ben Addelman et Samir Mallal, projeté d’abord au Festival du nouveau cinéma de Montréal, fondé et programmé par l’excellent Claude Chamberlan (1), puis à Sundance ;
Et This is Nollywood de Franco Sacchi.

Images_3 1) Puisque je cite Claude Chamberlan (à gauche), j'ai lu que visiblement il n’était pas prophète en son pays, puisqu’il a vu partir Le parallèle, un cinéma qu’il a créé en centre-ville et qu’il aurait perdu de son influence dans le festival qu’il a fondé, il y a presque quarante ans, le festival du nouveau cinéma de Montréal. Et pourtant quel programmateur! Et quel animateur! Je lui dois de merveilleuses découvertes et des rencontres non moins exceptionnelles (avec Al Pacino, Claire Denis...). Il faut lire à son propos l’article de Nathalie Petrowski paru  samedi 31 janvier, dans la Presse.

 

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