| UNICA 2008 : Les amateurs font leur cinéma |
| 02-07-2008 | ||||||||
|
Sous le patronage de M. Aziz Ben Achour, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, le 70e congrès de l’UNICA (Union Internationale du Cinéma Non Professionnel), a été modestement ouvert à Hammamet, devant un parterre de gens venus de nombreux pays de par le monde. On parle de 250 invités. Au moins. D’une trentaine de pays participants et de 200 films en compétition. Sans compter les quelque 300 présents tunisiens. Ce congrès, qui se prolongera jusqu’au 6 juillet, est organisé pour la seconde fois en Tunisie (la première a eu lieu à Sousse en 1970) par la FTCA, Fédération tunisienne des Cinéastes amateurs, avec le soutien de bon nombre de partenaires, on le sait, n’est pas rien et il a tout d’un grand. On sait aussi que la Tunisie est le seul pays africain et arabe à être depuis 1966, membre de l’UNICA, née en 1931 à Bruxelles. Au programme inaugural : un chapelet de discours, des uns et des autres, accaparant les trois quarts de la soirée. Ensuite, on passe à l’écran. Quelques extraits interminables de «Souar Moutawatira», un documentaire tunisien de Habib Mestiri, qui passe en revue les débuts d’une belle aventure filmique signée par une foule de jeunes engagés au seuil des années 1960. Une pensée au film français avec «L’âme seule» qui ne durera que quelque 9 mn. Mais il s’agit d’un travail de pro. Intelligent, drôle, fait avec simplicité et art sur un sujet profond. Accrochant et méritant le tonnerre d’applaudissements qui a éclaté dans la salle. La soirée, l’autre soirée a démarré plus tard. C’est à partir de presque 22 heures et quelques poussières, qu’on a dû ouvrir enfin le resto devant une longue file indienne de près de 500 personnes. Pour un dîner gala. Avec des mets, qui n’ont rien à voir avec la cuisine du pays d’accueil. C’est de la cuisine universelle avec des sauces blanches et des poissons, viandes et fruits de mer sautés. Le tout digéré avec un sorbet et un camembert de gâteau fait à la française. Un peu de malouf du pays, heureusement du pays, a enveloppé entre temps, l’espace. Un défilé d’habits traditionnels de la mariée du Cap Bon et des youyous et de l’encens à plaisir, qui fleurent bon la mémoire. Les invités ne pouvaient que bombarder de leurs flashes les airs et immortaliser les instants les plus forts. Des moments qui ont certainement marqué leur passage tunisien. Un passage certes plus ensoleillé qu’ailleurs. Que celui de la Slovaquie de l’an dernier et tout autre que celui de la session 2006 qu’a abritée la Corée du Sud. Et qui restera avec ses hauts, ses bas et ses débats dans les bobines de l’archive et de l’histoire. «L’organisation d’une telle manifestation en Tunisie est une consécration pour les fondateurs et les membres du mouvement cinématographique amateur tunisien depuis sa création en 1962 par M. Hassan Bouzriba et ses compagnons. La FTCA a été la pionnière comme formatrice et révélatrice de nombreux talents parmi ceux qui ont jalonné l’histoire du cinéma tunisien. On peut citer parmi eux : Ahmed Khechine, Férid Boughedir, Ridha Béhi, Taïeb Louhichi, Khaled Barsaoui… Aujourd’hui, quarante-six ans après, Salma Baccar, l’une des enfants de ce mouvement, est membre du jury de cette 70e session du Congrès de l’UNICA. Ceci n’est qu’une preuve de plus de la réussite de la fédération dans sa mission : accueillir, former et soutenir les jeunes cinéastes, ceux d’hier, comme ceux d’aujourd’hui», lit-on dans l’édito rédigé par Ridha Ben Hlima, président du congrès. Quant au Suisse Max Hansli, président de l’UNICA depuis 1993, il a exprimé (en allemand), son bonheur de se trouver encore une fois dans un pays qui respecte le 7e Art et qui fait tout pour son épanouissement. Dans la même ligne, le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine a expliqué, de son côté, la politique de l’Etat tunisien qui ne cesse d’œuvrer pour l’ouverture, l’échange et d’aider les artistes et les créateurs. Et d’ajouter que ce jour d’ouverture a coïncidé avec la tenue de la Journée Nationale de la Culture et que les cinéastes ont toujours eu le soutien de leur Président. Les cinéastes, amateurs, professionnels et même simples cinéphiles, ont jusqu’à la fin de la semaine le temps de savourer du regard ce que font les non professionnels de par le monde. C’est autre chose. Quand la chose est faite avec passion. Et rien d’autre. Rien que pour le plaisir. Nous regrettons de voir, entre temps aussi, quelques pépins qui ont entravé la bonne organisation au premier jour. Côté presse, ce n’est pas tout à fait ça. S’agissant quand même d’une grande manifestation qui mérite un peu plus de sérieux, pour une médiatisation meilleure le long du congrès sans faire le deux poids deux mesures. Oublions un peu ceci et Bons films ! C’est l’essentiel.
Le Quotidien | Publié le 01.07.2008 Source : http://www.jetsetmagazine.net Recommandez (31) | Pages vues: 129 | Version imprimable | Suggérer par mail
|
||||||||
| < Précédent | Suivant > |
|---|











Soyez le premier à commenter cet article


