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Nuits cinématographiques de Nabeul «Au clair de lune»Nuits cinématographiques de Nabeul
21-07-2008
Nuits cinématographiques de Nabeul « Au clair de lune »L'Association des Cinéphiles de Nabeul reprend rendez-vous avec la région et son public, après avoir manqué une session. Entre de nobles intentions de construire un festival culturel et des contraintes financières qui altèrent les ambitions dévolues à ce festival embryonnaire, les velléités de donner une spécificité à cette édition ne manquent pas avec des projections inédites de documentaires des pays du Golfe.

clôture qui retient un moment fort avec le film «Al Ghazali, l'alchimiste du bonheur», le tout se passera en plein air avec, en plus, la gratuité d'accès pour le public. Les soirées connaîtront des prolongations «au clair de lune» entre publics et professionnels du secteur. A Nabeul, le cinéma n'aura rien d'une fiction.

La conférence de presse tenue avant-hier donnait le coup d'envoi à la deuxième session des Nuits cinématographiques de Nabeul. Cette édition, qui se tiendra du 25 au 30 juillet 2008, a été retenue afin d'éviter tout enchevêtrement avec les autres festivals qui animent cette haute saison culturelle, prouvant, si besoin est, que chacun et chaque région y va de son initiative et de ses idées afin de faire de la culture une composante inextricable du quotidien de tout Tunisien.
Par l'entremise du septième Art, l'Association des Cinéphiles de Nabeul a donc choisi de «faire son cinéma» en concoctant un programme à la mesure de ses moyens, mais qui ne manque pas d'initiatives et de rendez-vous intéressants. Le parc de Sidi Slimène, lieu qui s'apprête, à escient, à des projections en plein air, fera l'ouverture avec le film tunisien «Bab' Aziz» de Naceur Khémir. L'argument retenu : permettre au public de Nabeul de visionner des productions tunisiennes qui concentrent leurs projections au niveau de la Capitale. Chaque soirée sera suivie de veillées nocturnes en prolongation, avec des invités de marque qui seront, des invités étrangers, ou des cinéastes tunisiens de renom, ou bien des producteurs, réalisateurs... histoire d'aller au-delà de la mise en écran du cinéma et de créer une dynamique de promiscuité, où professionnels et cinéphiles invétérés pourront trouver des espaces d'échanges et des débats non conventionnels.
Autre moment fort et sans doute inédit de cette édition, une soirée événement avec la projection de productions filmiques peu répandues et rarement visionnées sur nos écrans, à savoir des courts-métrages des pays du Golfe. Le public pourra apprécier des films d'Oman, des Emirats Arabes Unis, de Qatar, de Bahreïn, d'Irak, d'Arabie Saoudite et de Koweït. Une aubaine pour les amateurs de découverte, histoire de s'immerger dans des univers cinématographiques qui nous échappent encore en dépit de la prolifération de festivals internationaux et arabes. À ce titre, le Festival du cinéma de Nabeul n'a pas caché son ambition de vouloir se positionner comme plateforme future du cinéma arabe, et même si les suggestions faites sonnaient plus comme des requêtes par rapport à certains partenaires présents, l'idée mérite d'être creusée, et surtout d'être judicieusement étudiée afin de se donner les moyens, non pas de ses ambitions financières, mais de ses perspectives et de sa pérennisation.

Il est à souligner une perspective cinématographique digne d'intérêt à notre sens : la projection en clôture de deux films : un court-métrage des Emirats Arabes Unis, «Les trésors cachés de Dar Zayed», et le long-métrage «Al Ghazali, l'alchimiste du bonheur» d'Olivio Salazar, des Etats-Unis. Ce cinéaste porte un intérêt particulier pour le soufisme qui l'a poussé à produire pendant deux années une série sur la BBC intitulée «Visages d'Islam». Dans ce film couronné du troisième prix au Festival d'Abu Dhabi, il revient sur la personnalité emblématique de celui qui fut nommé «Hujjat al-islam». Abû Hâmid al Ghazali (1058-1111), autorité religieuse et spirituelle incontestée de l'Islam, fut de tout temps source inspiratrice de méditation en terre musulmane. Pour le public de Nabeul, il sera révélé par le prisme du regard de ce cinéaste qui, de par sa distance, dévoilera des dimensions inavouées ou insoupçonnées du cheminement intérieur et de l'évolution spirituelle de ce grand penseur.

 

source : Le temps


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