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La semaine du film iranien qui se tient à l’initiative du Centre culturel iranien et du Comité culturel national se poursuit avec bonheur depuis vendredi 29 février à la MC Ibn-Rachiq à Tunis. Le public tunisien apprécie beaucoup ce genre de cinéma qui exprime des sentiments, des sensations, bref des états d’âme. A la différence des autres cinémas, ce n’est pas par l’action que le récit avance. Ni par le dialogue ni aussi par le jeu des acteurs. Les cinéastes iraniens ont choisi de s’inscrire et de travailler dans la durée. En laissant la caméra longtemps braquée sur les personnages, le réalisateur vous offre toute la latitude d’établir une relation avec eux, d’imaginer à quoi ils pensent, et de vous demander pourquoi tel acteur allume une cigarette ou tel autre est rêveur en regardant par la fenêtre.
Dans ce genre de films, précisément, le réalisateur vit tout seul. Il crée son propre système d’images. L’histoire importe peu et l’action n’est pas si primordiale que cela. C’est la façon de filmer qui est importante. A travers ses silences, le réalisateur veut exprimer des sentiments, de l’émotion, une autre manière de communiquer sa sensibilité. Il aurait pu utiliser le dialogue, seulement, il a préféré un moyen purement cinématographique, des formes et des plans très durs, capables de traduire, d’exprimer le désespoir, l’attente et les espoirs des personnages. Ce cinéma d’auteur par excellence nous rappelle étrangement les films du Japonais Kaneto Shindo, particulièrement dans L’île nue et du Soviétique Mikhaïl Kalatozov dans Quand passent les cigognes. Des films d’auteur très lents qui exigent la participation du public qui doit accepter la lenteur et le fait qu’au lieu de révéler, il suggère. On ne sait pas ce qui se passe avant ou après. Dans les films classiques, vous n’avez rien d’autre à faire qu’attendre l’évolution de l’histoire. On vous dit tout ce qu’il faut penser, on vous fait rire, pleurer, on vous fait aimer. C’est très agréable, on ne réfléchit pas. Le problème avec le cinéma d’auteur, particulièrement avec les films iraniens, le metteur en scène se décharge sur le public de la responsabilité de choisir et d’imaginer la fin du film. De faire en quelque sorte le travail à sa place. C’est en tout cas l’objet de réflexion qui résume essentiellement les trois films projetés dimanche, lundi et mardi. Dans Transit café de Camposia Pertius, réalisé en 2003 et interprété par Parviz Perstoni, Nicos Papadopaulos, Angelos Constantin, Esvita Mikhaïlitchine et Ismaïl Sultanian, nous découvrons un monde étrange où évoluent des personnages de tout acabit. Au milieu de cette frange humaine, nous retrouvons Reïhané, une jeune et très belle femme qui tente de trouver sa place et ses repères au sein d’un milieu à la limite de la légalité. Avec Hayat de Gholam Reza Ramzaï, de 2006, l’émotion était au coin de chaque image. C’est l’histoire d’une petite écolière, Hayat, rôle joué par l’excellente Ghezalé Parsaver qui, à la veille de participer à un concours en vue d’élire l’élève la plus douée du monde rural, se retrouve, le lendemain, obligée de renoncer à son rêve. Son père, pris de malaise, doit se rendre accompagné de sa femme à l’hôpital de la ville voisine. Hayat, durant l’absence de ses parents, doit veiller sur son petit frère. La fin du film ne nous sera pas révélée. C’est ce qui fait son charme. Dans Sarah de Darius Mahrajoni de 1992, avec Nicky Karimi, Khosro Shakipaï et Yasmeen Malak Nasr, le réalisateur dénonce certaines pratiques en usage dans les institutions financières et qui révèlent de l’escroquerie. Pour sauver son mari, un banquier embourbé dans un trafic sale de blanchiement d’argent, la très belle Sarah est acculée à commettre des actes délictuels, des infractions de falsification de la signature de son père pour tirer d’affaire son mari. Une fois sauvé, celui-ci accable sa femme et la répudie. On ne sait pas ce qu’il est advenu de la belle Sarah immolée sur l’autel de l’ingratitude et de la trahison. Ce film a remporté de grands prix internationaux à San Sebastian, en Espagne, à Nantes, en France, à Téhéran et en Argentine. Auteur : Adel LATRECH Recommandez (36) | Pages vues: 220 | Version imprimable | Suggérer par mail
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