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40 ans après Mai 68
Écrit par Administrator
27-04-2008
Du 19 au 24 mai à l'Espace El Teatro
" Soyez réaliste, demandez l’impossible" 40 ans après Mai 68, aller-retour Paris/Tunis de 1965 à nos jours.
Projections - débats - rencontres
Pas de commémoration passéiste ni de bilan figé, pas de nostalgie. Mais des films et des rencontres entre des acteurs culturels de l’époque et ceux d’aujoud’hui, pour dépasser les fantasmes et les interprétations, penser l’événement "68" sur la durée en renouvelant le regard porté sur cette énorme révolte que les jeunes ont en héritage. De la guerre du Vietnam au "printemps de Prague", en passant par la France et la Tunisie, histoire d’un bouleversement qui n’a pas fini de nous questionner.
lundi 19 mai, 18h Ouverture de la manifestation par le ciné-club de tunis Djebril Diop Membety et El Teatro et le film emblématique Mourir à 30 ans 1982, 95’ Réalisation : Romain Goupil
1965. La guerre du Vietnam impose très tôt une conscience politique à Romain Goupil et à son ami Michel Recanati. Dans la haine du fascisme, ils sont sur les barricades de mai 68. Ils croient en un monde nouveau. Les années passent et vient le temps des désillusions. Le 23 mai 1978, Michel Recanati se suicide. Romain Goupil, caméra au poing, a filmé sa révolte et son ami disparu. Il a mis en ordre ces images pour faire revivre le passé. Un film émouvant et douloureux qui, en même temps, est un témoignage "à chaud" sur une époque fiévreuse, porteuse d’espoir.
Séances présentées par Didier Beaudet Didier Beaudet , devient en 1963 assistant-réalisateur de cinéma. Il travaille notamment avec Maurice Cloche, William Klein, Edouard Luntz, Chris Marker, Alain Resnais, Agnès Varda. En 1986, il est désigné coordinateur de La Bande à Lumière, association de documentaristes, créée pour défendre ce moyen d’expression, alors écarté des chaînes de télévision. En 1991, il est nommé président de la Biennale Européenne du Documentaire, qui se tient à Marseille, et il est à ce titre l’un des fondateurs de Sunny Side of the Docs, marché international du cinéma documentaire. Devenu résident en Tunisie, il enseigne depuis octobre 2004 le documentaire et la direction d’acteurs au cinéma à l’Institut Supérieur de l’Audiovisuel et du Multimédia de l’Université de la Manouba (ISAMM)
mardi 20 mai, 18h30 Mai 68, les images de la télévision 2008, 100’ Réalisation : Hugues Nancy Film d’archives réunies par l’INA à partir d’images de l’ORTF (Télévision française), et des Actualités françaises (l’un des trois groupes, avec Gaumont et Pathé, de presse filmée diffusée à l’époque dans les salles de cinéma avant le "grand film"). Il s’agit ici de la chronique filmée au jour le jour du mouvement des étudiants, rejoints par les ouvriers, entre le 22 mars et le 30 juin 1968.
mardi 20 mai, 20h30 Mister Freedom 1968, 120’
Réalisation, scénario et dialogues : William Klein Avec : Delphine Seyrig, Catherine Rouvel, Donald Pleasance, Philippe Noiret, Yves Montand, Serge Gainsbourg, Sami Frey, Rufus Tourné début 1968, ce film reflète bien l’esprit anti-impérialiste qui régnait alors, aussi bien vis-à-vis de l’URSS, que des États- Unis (on était en pleine guerre du Vietnam). Très inspiré par l’univers des bandes dessinées américaines, son style délirant accentue la satire d’un monde en train de perdre ses repères.
mercredi 21 mai, 18h30 À bientôt j’espère 1967-68, 44’
Réalisation : Chris Marker et Mario Marret En mars 1967 une grève éclate à la Rhodiaceta de Besançon, avec occupation de l’usine, la première depuis 1936. Les ouvriers de la Rhodia, qui revendiquaient des conditions de travail plus humaines, et un droit à la culture, appelèrent Chris Marker pour qu’il vienne se rendre compte de ce qui se passait. Marker vint, et revint plusieurs fois accompagné de techniciens qui aidèrent les grévistes à s’exprimer par eux-mêmes. De ces multiples allers et retours naquit À bientôt j’espère. Quelques mois plus tard naissaient les Groupes Medvedkine, expression d’un nouveau genre, celui d’un cinéma fait par les ouvriers eux-mêmes.
mercredi 21 mai, 20h30
Milou en mai 1989, 108’ Réalisation.: Louis Malle Scénario : Jean-Claude Carrière Avec : Michel Piccoli, Miou Miou, Dominique Blanc En mai 68 dans une grande propriété de la région bordelaise, la maîtresse de maison meurt et toute la famille se retrouve pour les obsèques. Le comportement traditionnel de la bourgeoisie provinciale est traversé par l’esprit qui secoue la capitale, et les obsèques tournent au marivaudage.
jeudi 22 mai, 18h30 Conférence "Mouvement post Mai 68 en Tunisie" Animée par Hichem Abdessemad : historien, chercheur en sciences politiques.
jeudi 22 mai, 20h
Projection de courts métrages Amateur, Production FTCA Le roi, de Moncef Ben Mrad, 1969 L’éveil, de Selma Baccar, 1968 Seuils interdits, de Ridha Behi, 1972
jeudi 22 mai, 20h30 Sejnan 1974 Présenté par l’auteur Réalisation: Abdellatif Ben Ammar Avec : Noureddine Mahfoudh, Abdellatif Hamrouni, Mouna Noureddine, Noureddine Kasbaoui, Subtil Marcel, Jamil Joudi… L’action se passe en 1952 en Tunisie. Kemal est interne au collège Sadiki. Depuis la mort de son père, assassiné par une organisation coloniale secrète, Kemal se pose des questions sur la situation politique de la Tunisie. Kemal cherche et trouve du travail dans une vieille imprimerie. Si Taieb, le propriétaire, doit marier sa fille Anissa, contre le gré de cette dernière, à un homme qu’elle ne connaît pas. Dès lors, la vie de Kemel se scinde en deux, une vie sentimentale cachée, secrète, avec la fille de son patron et une vie socioprofessionnelle qui débouche sur des prises de positions politiques. Alors qu’Anissa assiste, soumise, à la préparation de son propre mariage, Kemal rejette de plus en plus l’ordre établi au point de se solidariser avec des mineurs en grève. Une atmosphère de mariage d’une part, une mine occupée d’autre part, deux lieux où la violence s’exerce sur le peuple comme elle s’exerce sur Kemal et Anissa …
Jean-Pierre Thorn Jean-Pierre Thorn tourne son premier long-métrage en 1968, dans l’usine occupée de Renault-Flins, produit par les "Etats Généraux du Cinéma français". En 1969, il abandonne le cinéma pour devenir ouvrier spécialisé à l’usine métallurgique Alsthom de St Ouen. En 1978 retour au cinéma. Il est co-animateur de la distribution du programme de 10 films intitulé Mai 68 par lui-même. En 1980, il réalise son second long-métrage Le dos au mur, témoignage de l’intérieur sur son expérience ouvrière. En 1989, sa première fiction, Je t’ai dans la peau, raconte le destin étonnant d’une femme, religieuse puis dirigeante syndicale, se suicidant au lendemain de la "victoire" de la gauche en 1981. Depuis 1995, il collabore avec le mouvement hip hop et réalise 3 films devenus emblématiques de cette culture : Génération Hip Hop, Faire kiffer les anges et On n’est pas des marquesdevélo.
"Le cinéma a littéralement épousé les révoltes de ce siècle. (…) En mai 68, le cinéma français s’était constitué en "Etats Généraux" pour refaire le monde (et accessoirement le cinéma). Avec des dizaines d’autres cinéastes et techniciens nous avions très vite compris qu’il ne suffisait pas seulement de vivre notre révolte dans les assemblées enfumées de la rue de Vaugirard… qu’il fallait aller, avec nos caméras, dans les rues, les usines occupées, pour nous faire les témoins, les porte-voix, des ouvriers et étudiants en grève : des dizaines de films en naquirent." Jean-Pierre Thorn
vendredi 23 mai, 18h30 Présentation de la soirée et témoignage de Jean-Pierre Thorn sur son métier de cinéaste militant, de 1965 à nos jours.
Le dos au mur 1980, 107’ Réalisation : Jean-Pierre Thorn La grève de l’usine Alsthom de Saint Ouen, en octobre et novembre 1979 filmée par un ancien de l’usine.
mardi 20 mai, 20h30 Allez Yallah !
2006, 116’ Réalisation : Jean-Pierre Thorn Un poème épique -une chanson de geste- à la gloire d’une caravane de femmes, se donnant la main des deux côtés de la Méditerranée, pour combattre le fléau de l’intégrisme religieux remettant en cause leurs droits universels à l’égalité. A pieds, en bus, en taxi… sous des tentes berbères dressées chaque jour dans une localité différente, au coeur des douars et bidonvilles du Maroc comme des banlieues déglinguées de France, une poignée de caravanières -musulmanes et non musulmanes- réunissent les femmes dans l’espace public pour dire leurs droits, prendre conscience de leur force et danser leur soif de liberté.
Débat en présence de l’auteur
samedi 24 mai, 16h JCC 68 Documentaire 40’ Réalisation: Hmida Ben Ammar
samedi 24 mai à 18h Conférence "Ciné-Clubs et mouvances politiques dans la Tunisie des années 70" Communication et témoignage de Néjib Ayed, producteur, ex-président de la Fédération Tunisienne des Cinés Clubs.
samedi 24 mai, 20h30 Introduction par Khémais Khayati en présence du cinéaste.
Sabots en or
Réalisation : Nouri Bouzid Avec : Sondos Belhassen, Martine Gafsi, Fethi Heddaoui, Farah Khadar, Michket Krifa, Hichem Rostom, Youssef Soltane, Hamadi Zarrouk Youssef Soltane, un intellectuel de 45 ans, est le pur produit d'une génération qui a connu les périodes euphoriques des grandes idéologies des années 1960 et aussi leur faillite collective. Youssef fut emprisonné longtemps et torturé pour ses activités d'opposant politique. Sa liaison tumultueuse avec Zeineb, la jeune et belle bourgeoise, qui lui a fait découvrir l'amour et l'avait hébergé et caché à l'époque de ses activités clandestines, ne lui vaut plus que des déboires. Quelques mois après sa sortie de prison, son épouse répudiée, Fatma, est morte, laissant les trois enfants à la garde de leur grand-mère. Au cours de cette longue nuit d'hiver, celle de la fête de l’Achoura, Youssef va errer à la recherche d'un refuge affectif, d'une tendresse, en proie à toutes les interrogations qui secouent sa mémoire.
Khémais Khayati, journaliste culturel à France Culture, critique cinématographique, auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma et la télévision "Salah Abou Seif", "Les cinémas arabes", "Les divas du cinéma arabe" etc…
Nejib Belkadhi, né le 13 mai 1972 à Tunis, est un acteur et réalisateur tunisien.
Il poursuit des études en gestion et marketing à l'Institut des hautes études commerciales de Carthage avant de faire ses premiers pas au cinéma et au théâtre comme acteur dans des productions comme Habiba Msika de Salma Baccar (1995) et L'école des femmes de Mohamed Kouka (1995). Il se fait connaître du grand public grâce à…
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