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16èmes Journées du cinéma européen : «Villa Amelia» de Benoît Jacquot( France) Version imprimable Suggérer par mail
16èmes Journées du cinéma européen : «Villa Amelia» de Benoît Jacquot( France) Pour une autre vie plus ensoleillée

Renoncement, quête de soi, retour à certaines valeurs comme la nature et la liberté sont les thèmes qui agitent le film de Benoît Jacquot « Villa Amelia », adapté du livre de Pascal Quinard.

Ann (Isabelle Huppert), bourgeoise bien installée dans sa vie, renonce à sa carrière de musicienne et à sa mère diminuée physiquement et mentalement pour aller trouver refuge au Sud de l’Italie. C’est en découvrant l’infidélité de son compagnon (Xavier Beauvois), qu’elle décide de tout quitter, vendant du coup son appartement et détruisant ses enregistrements qui sont les indices de sa vie passée. Elle ne gardera que Georges (Jean-Hugues Anglade), un ami d’enfance, qu’elle a croisé le jour où elle découvre l’adultère de son compagnon.

Elle prend congé du confinement de l’appartement dans une ville maussade pour s’installer dans une villa Amélia située sur une île écrasée par le soleil méditerranéen, loin des bruits du monde. C’est là qu’elle se révèle à elle-même et découvre petit à petit son amour pour la nature et apprend à vivre autrement. Ce retrait volontaire prend la forme d’un parcours initiatique, voire même, mystique dans la mesure où elle tente de se réinventer. C’est à la naissance d’une nouvelle femme que nous assistons.

Isabelle Huppert, présente dans tous les plans, est filmée au plus près. Toujours en mouvement, elle parcourt l’Europe en avion, train, bus pour échapper à ce passé récent douloureux et apprivoiser le présent. Le détail prend toute sa valeur dans cette démarche où le personnage essaie de sauver sa peau, de se transformer dans sa nouvelle vie d’ermite pour mieux s’accepter et accepter le monde.
Benoît Jacquot adopte une approche contemplative pour suivre cette métamorphose laissant à la grande Isabelle Huppert, la liberté de s’approprier son personnage et de le mener dans des échappées aériennes et éthérées comme un appel à la mysticité. C’est avec retenue qu’elle entreprend sa quête.

Le récit, classique dans sa forme mais profond au niveau de son contenu, recèle autant de moments intenses. Le montage est élaboré sur ces ruptures ce qui donne un tempo cadencé à cette fuite existentielle, résultat d’un choix sans retour. « Villa Amélia » est un film inspiré au style épuré, porté par une Isabelle Huppert au mieux de sa forme dans un rôle qui semble écrit spécialement pour elle.

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