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24e édition du Festival international du film amateur de Kélibia Version imprimable Suggérer par mail
Un avant-goût du menu
120 films de 35 pays de tous les continents, dont 80 en compétition internationale et 25 en compétition nationale, 50 invités du monde entier entre cinéastes amateurs et présidents de festivals : ce sont là les chiffres, au final, assez éloquents du 24e Fifak (Festival international du film amateur de Kélibia) qui se tiendra du 24 juillet au 1er août dans la coquette ville balnéaire du Cap Bon.

Mais ce n’est pas fini, car le meilleur est à venir et il s’agit du menu de cette édition qui alliera programmation des films internationaux et nationaux, échanges, émulation et réflexion à travers la compétition, les hommages, les rencontres-débats, les sections spéciales et enfin les ateliers de formation.

Tout un programme qu’on déroule pour les amoureux du cinéma amateur et pour vous. Le détail.

C’est avec le film palestino-français Gaza-Strophe: le jour d’après coréalisé par Samir Abdallah et Kheireddine Mabrouk que s’ouvrira le 24e Fifak. Ce festival, on n’en doute pas, a plusieurs objectifs.

Adel Abid, directeur du Fifak et président de la FTCA (fédération tunisienne des cinéastes amateurs), en cite, lui, trois : «d’abord, il s’agit avant tout d’encourager les jeunes cinéastes amateurs, de stimuler la création en rapport avec les nouvelles technologies et de favoriser l’émulation et l’échange avec des cinéastes amateurs de talent originaires de tous les continents. D’autant que nous ferons en sorte de favoriser par ailleurs la rencontre entre les anciens de la FTCA, les cinéastes professionnels et les jeunes cinéastes amateurs afin de permettre un réel échange fructueux et enrichissant».

Commençons d’abord, avant de nous pencher sur le menu, par passer en revue les nouveautés annoncées par le directeur du Fifak.

«Ils ont commencé au Fifak». C’est là la nouvelle section créée par les organisateurs dans le but d’honorer et de rendre hommage aux cinéastes professionnels révélés au public grâce au Fifak. Six courts métrages animeront cette section.

«Un pays à l’honneur» confirme le parti pris du précédent Fifak consistant à rendre hommage au cinéma amateur d’un pays en particulier. Après le Liban, en 2007, cette année c’est autour de la Syrie.

Autres nouveautés : parier sur les jeunes cinémas et cinéastes de l’Afrique ou d’ailleurs. C’est pourquoi «Femmes efforcées» signé Hodalo Kouyelé, une jeune étudiante du Bénin, sera l’objet d’une séance spéciale.

Instaurer des rencontres thématiques façon «Leçon de cinéma». L’une de ses rencontres-phare se focalisera sur les films d’intervention réalisés sur Gaza pendant et après la guerre. Cette rencontre sera animée par le cinéaste égypto-franco-danois Samir Abdallah, coréalisateur de Gaza-Strophe : le jour d’après.

Enfin, la création d’un nouveau partenariat avec la FFVC (fédération française de vidéo et de cinéma) qui sera représentée à Kélibia par son président, M. Philippe Sevestre, par ailleurs l’un des membres du jury de cette édition.

Maintenant place au menu, toutes sections confondues, de ce Fifak.

 

Compétition et tendances

 

80 films amateurs de 35 pays de tous les continents seront en lice dans la section internationale, soit des courts métrages, tous genres confondus, entre fiction et documentaire, concoctés par des cinéastes amateurs, indépendants et d’écoles.

Parmi les tendances de cette compétition : une forte présence du cinéma amateur maghrébin et arabe avec pas moins d’une vingtaine de films, une production assez importante de films d’animation et de documentaires. Cela outre un regain d’intérêt des sélectionneurs pour le cinéma amateur des pays de l’Est dont notamment la Russie. Une dizaine de films sont prévus englobant 35 films est ventilée en deux sections. La première section est consacrée aux films indépendants et de la Ftca, au nombre de 20. Dans la deuxième section, sont en lice une quinzaine de films d’écoles (Isamm, Isaban, les Beaux-Arts, Essted, Isbas, l’EAD et l’Icd).

 

Hommages à la Syrie, à Gaza…

 

Tous les soirs en avant-programme, nous l’avons annoncé plus haut, hommage sera rendu à des cinéastes professionnels révélés grâce au Fifak. Cela, outre celui consacré au cinéma syrien à travers la section «Un pays à l’honneur».

De son côté, Gaza, victime de la dernière guerre destructive menée par Israël, sera aussi à l’honneur. Enfin, la section «Coup de cœur Fifak 2009» se focalisera sur des courts métrages qui ont séduit et forcé l’admiration des sélectionneurs. Ainsi, quatre à cinq courts métrages de toutes origines, dont un nécessairement tunisien, figureront au programme de cette section.

Des hommages posthumes sont prévus en guise de reconnaissance à des figures qui nous ont, hélas, quittés si jeunes. Pertes énormes tant ils ont donné au cinéma amateur, en particulier, et à la cinéphilie, en général. Citons : Jouda Osman, cinéaste amateur du club de Sousse, Asma Fenni, présidente de la Ftcc (Fédération tunisienne des ciné-clubs) disparue il y a une semaine, et Mondher Gargouri, ancien secrétaire général du Fifak (personnage jadis incontournable de la manifestation) et sous-directeur de la direction des arts audiovisuels au ministère de la Culture.

 

Ateliers de formation

 

Les ateliers qui ont marqué une pause depuis 2003 sont de retour. Pourquoi donc ? «La raison est simple, répond le directeur de Fifak. Il s’agit de donner de nouveau la primeur à la formation qui imprime, sans aucun doute, une certaine dynamique au festival. Outre que ces ateliers, quatre à cinq en tout, animés par des spécialistes, d’ici et d’ailleurs, assureront une certaine continuité avec les stages nationaux». Des ateliers d’image, de dessin animé et de documentaire accueilleront, ainsi, les jeunes.

 

Des jurys et des «Faucons»

 

Les membres de jury remettront des «Faucons» d’or, d’argent et de bronze et d’autres prix.

Le jury international du 21e Fifak sera composé de six membres. Citons-en Gaston Kaboré (cinéaste du Burkina Faso), Samir Abdallah, cinéaste amateur (Egypto-Franco-Danois), Philippe Sevestre, cinéaste amateur et président de la Ffvc (France), Vladimir Gabyshe, cinéaste amateur (Russie) et Kamel Touati (comédien).

Le jury de la compétition nationale est, lui, formé de six membres dont Mohamed Tawfik (Irak) Ridha Rokbani, un ancien de la Ftca, et deux universitaires tunisiens, Amar Dhaya et Amir Hamzaoui.

 

Budget : dans l’espoir d’une augmentation

 

Le 23e Fifak en 2007 a été géré avec un budget ne dépassant pas 40.000 dinars. Qu’en sera-t-il pour cette édition ? Réponse de Adel Abid, directeur du festival : «Il est vrai qu’une partie de la réussite et du succès d’un festival dépend essentiellement des moyens investis. Certes, toute l’équipe du Fifak est formée de bénévoles, et ce bénévolat contribue à la compression des dépenses, mais toute manifestation surtout d’envergure internationale exige une subvention conséquente.

Or, le budget dont nous avions disposé jusqu’ici est en deçà de l’envergure de la manifestation, ce qui freine même l’implication et la participation des sponsors.

Ces problèmes financiers sont également inhérents à la production de films. Une réflexion sur la réalité et les perspectives de la Ftca s’avère nécessaire et c’est entre autres dans ce but que nous avons eu une rencontre fructueuse et bénéfique avec M. Raouf Basti, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, qui nous a exprimé sa considération et son soutien eu égard à l’action menée par la fédération en tant qu’acteur culturel et artistique, ainsi que son rôle dans le secteur du cinéma en général. De ce fait, nous espérons obtenir outre une augmentation de la subvention consacrée au Fifak afin d’améliorer, les conditions d’organisation, de logistique d’hébergement et de la production au sein même de la Ftca, une augmentation du budget de fonctionnement qui ne dépasse pas actuellement 10.000 dinars».

Mais, l’important aussi, n’est-ce pas la production de films et la formation au sein des clubs? Qu’en a-t-il été cette année ?

Le président de la Ftca visiblement optimiste répond : «Nous avons produit 18 films cette année et afin d’améliorer le financement de la production, nous proposons, après chaque festival, une dizaine de films à la commission d’achat créée par le ministère de tutelle.

Nous avons engrangé grâce à ces acquisitions 45.000 dinars en deux ans. Ce qui nous a permis d’améliorer la logistique, le matériel technique et la production de films dans de meilleures conditions.

Mais l’idéal, pour résumer, serait d’obtenir une rallonge du budget de fonctionnement et de production d’autant que ces dernières années nos adhérents suivent deux stages de formation par an, nécessitant des investissements assez importants». Espérons !

 

Samira DAMI     
 

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