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Par Boussen Aziza 
A l’heure où le cinéma tunisien déploie le tapis rouge aux réducteurs de l’image de la femme tunisienne, il n’est peut-être pas déplacé de rappeler au monde entier que ce pays a enfanté une des icônes du réformisme de l’envergure de Tahar Haddad ! Il y a de cela 80 ans, ce jeune homme prodige -d’à peine trente ans-, sous un élan de conviction inébranlable de la nécessité du changement, armé d’un effrontément imprudent pour oser aborder le sujet de la religion auprès d’esprits récalcitrants, gisant encore sous les ténèbres du conservatisme et de l’archaïsme d’une société purement patriarcale, s’était dressé contre toute une nation pour instaurer les réformes qu’exige la modernité.
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Le cinéma local, une nouvelle allure
Le sixième numéro du mensuel du cinéma et de l'audiovisuel Ecrans de Tunisie de ce mois fait la part belle au souffle innovateur de certaines productions cinématographiques tunisiennes dont Les secrets (Dawaha) de Raja Amari.
En effet, dans une interview avec cette dernière, on apprend que le scénario échappe, en quelque sorte, à cet ancrage social et culturel, ouvrant ainsi d'autres horizons relevant du pur psychique.
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Les pouvoirs de l'audition
Un film : Le silence de l'Iranien Mohsen Makhmalbaf, réalisé en 1998. L'assistance : en majorité des non- voyants parmi lesquels des universitaires, des enseignants du secondaire et des élèves. Un lieu :
La faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba. Une date : le vendredi 11 décembre 2009. Une occasion: la célébration du bicentenaire de Louis Braille, savant français qui a inventé l’ingénieux code d’écriture et de lecture à l’usage des non-voyants du monde entier. La projection du film d’une durée de 76 minutes, en version originale, avec des sous-titres français, et non pourvu d’un système d’audiovision, s’est déroulée dans un silence total. Cet épilogue cinématographique, qui concluait une série de communications, n’était-il pas de trop ? C’était mal connaître l’univers des non-voyants et la puissance de leur radar de captation et de visualisation. Dans Le silence, Korshid, l’enfant aveugle dit : «L’œil distrait».
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Silence on dort ! Trois personnages féminins représentant trois générations: Aïcha (Hafsia Herzi), Radhia (Sondoss Belhassen) et la mère (Wassila Dari) hantent un château au style colonial hybride, situé dans les chemins campagnards de la banlieue de Tunis.
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Nudité de l’art et nu de l’histoire
L’image pour une relecture de l’histoire. Et de l’impuissance des mots à cerner une vérité ou un drame. Entre réalité et trompe-l’œil se situe le combat de la liberté contre ses ennemis.Telle est la trame narrative du scénario de Hunger, un film d’une durée de 95 minutes projeté, dimanche dernier, au Parnasse pour conférer aux journées du cinéma européen un joli dénouement.
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Quête de la vérité et de l’amour
A l’occasion des JCE (Journées du cinéma européen) 2009, le mercredi 2 décembre, les férus du 7e art ont assisté à la projection d’un film venu tout droit de Grèce, celui du réalisateur grec Nikos Panagiotopoulos. Du haut des temples helléniques, il donne le jour à un nouveau-né, Mourir à Athènes.
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Images noir et blanc, granuleuses, parfois griffées, comme un film d'archives, non, une bande amateur plutôt. Voix off mal assurée, qui paraît venue de nulle part et dont on entend pourtant après quelques phrases qu'elle sait où elle va, ou du moins qu'elle n'ignore pas ce que les mots veulent dire. Un paquebot entre dans le port de Marseille et déverse ses passagers sur le quai, qui découvrent ce pays dont on leur affirmait hier qu'il était le leur, qu'ils ne connaissent pas, dont ils vont devoir comprendre les usages. Pour commencer, il leur faut se faire au regard porté sur eux par les autres, et d'un même élan s'habituer à ne pas regarder les autres comme ils vous regardent.
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Personne ou presque ne connaît Marc Scialom. Juif italien né à Tunis en 1934, ce cinéaste autodidacte a pourtant gagné un Lion d'Argent à Venise en 1972, avec le court-métrage Exils. Mais son seul long-métrage, Lettre à la prison (1969), n'est jamais sorti dans les salles. Trop onirique pour l'époque (post 68), très demandeuse de Politique. Mêlant prises de vues en noir et blanc tournées à l'arrache dans les rues de Marseille, et extraits d'un court métrage en couleur, Lettre à la prison est un magnifique film-poème sur l'immigration maghrébine. 35 ans plus tard, sa puissance reste intacte.
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Pluralité des regards sur un Maghreb en mutations (2) En dépit des carences institutionnelles et de l'absence d'écoles de cinéma (inexplicable pour un pays de trente cinq millions d'habitants), les jeunes cinéastes algériens font preuve d'une grande vitalité et les films qu'il nous a été donné de voir sont d'une diversité et d'une richesse telle qu'ils augurent probablement de lendemains meilleurs pour les cinéastes de l'intérieur.
Cinéastes émigrés, cinémas acculturés ?
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