| Table ronde sur la fiction télévisée Tunisienne |
| 14-06-2008 | ||||||||
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Le paysage audiovisuel mondial est en perpétuelle évolution, la télévision tunisienne doit savoir s'y inscrire Des réalisateurs, producteurs, acteurs, scénaristes et écrivains, directeurs responsables de la formation et représentants des télévisions publiques et privées étaient de la partie. En présence de M. Rafaâ Dkhil, ministre chargé de la Communication et des Relations avec la Chambre des Députés et la Chambre des Conseillers, ces derniers ont fait part de leurs constats quant à l'état des lieux de la fiction tunisienne et des stratégies possibles pour sa promotion. Le scénario, qui est l'épine dorsale de la fiction, demeure le sujet qui préoccupe la plupart des participants. Certains parlent d'un grand manque de compétences en matière d'écriture et d'autres affirment qu'il existe des scénaristes confirmés et même de nouveaux talents en mal de reconnaissance. Selon Tahar Ben Ghédifa (formateur en audiovisuel), premier intervenant, le problème du scénario est lié à une certaine approche de la fiction: on n'arrive pas, dit-il, à passer le cap du symbole pour arriver au vécu de l'individu. Le personnage de la fiction est généralement traité par ce qu'il représente (dans son rôle social) et non pour ce qu'il est. Le formateur propose de faire appel aux écrivains, créateurs d'idées et d'histoires, et de les accompagner par un technicien de l'écriture scénaristique. Ce dernier aurait pour charge la mise en situation de l'histoire. Cela dit, il faudra tenir compte des exigences de la télévision comme organe public car, ajoute-il, la fiction télévisée ne s'écrit pas dans l'intimité, comme un livre. Mais pour cela, il faut que ceux qui vendent leur plume fassent preuve d'humilité. Le formateur propose également de créer une banque de scénarios et un forum de production pour des jeunes ressortissants des écoles de cinéma et d'art dramatique. Les débats lors de cette table ronde sont passionnés. On évoque l'autocensure, la grande frustration du Tunisien qui ne voit pas la fiction locale sur les écrans d'autres pays arabes, la commission de lecture de scénarios (les critères de choix de ses membres), les téléspectateurs et leurs goûts pluriels et instables, le privé et la nature de sa relation avec la télévision etc. Recommandations: premier jet Les professionnels de l'audiovisuel ont relancé l'idée de séparer la diffusion de la production et de créer une structure indépendante qui soulagerait les télévisions des vicissitudes de la production. M. Néjib Ayed, producteur, fait part, dans son intervention, d'une série de recommandations qui vont dans le sens de cette vision: - Les chaînes de télévisions devraient d'abord identifier leurs besoins en matière de programmation de la fiction, et de préférence 3 ans en amont. - Création d'un cadre de contrat entre les télévisions et les producteurs privés. - Trouver le moyen d'aider le privé incapable de s'autofinancer, en acceptant, par exemple, son salaire en apport financier et en lui permettant d'avoir un pourcentage sur le sponsoring. - Mettre à niveau le secteur audiovisuel en créant un cadre plus solide sur le plan législatif. - Consacrer un budget important pour la production de la fiction et ne pas se contenter des recettes publicitaires. - Produire surtout des téléfilms (plus faciles à distribuer) et qui aideraient les nouveaux techniciens et réalisateurs à se faire la main. - Engager des stagiaires dans chaque production.
- Enrichir la relation entre le cinéma et la télévision. - Organiser la collaboration entre la télévision, les producteurs, les techniciens et les acteurs. - Encourager ceux qui investissent dans le matériel audiovisuel.
Source : la presse
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