Recherche

Prochainement au cinéma

 

Portrait du jour

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

Statistiques

Films: 179
Critiques: 1
Bandes annonce: 1
Commentaires: 30

Nos partenaires

L’autre moitié du ciel, de Kalthoum Bornaz déroutant !
08-10-2008
L’autre moitié du ciel, de Kalthoum Bornaz déroutant !  Enfin un film tunisien dans les salles. A la veille des Journées cinématographiques de Carthage, la salle cinémafricart ouvre sa saison avec le tout nouveau film de Kalthoum Bornaz l’autre moitié du ciel.

Cette œuvre est le deuxième long métrage de la réalisatrice, qui voit le jour dix ans après Keswa, le fil perdu. Et pour la seconde fois, le propos féministe en est le centre de l’histoire. Le sujet principal du film de Kalthoum Bornaz est l’héritage féminin, mais la manière avec laquelle Kalthoum Bornazexpose son sujet s’avère peu aboutie et parfois même maladroite.

A part Mourad Meherzi dans le rôle de Sélim, côté casting, on n’a pas joué la carte de l’innovation et de la recherche de nouveaux visages. Avec Sana Kasous, Younès El Ferhi et Fethi Messelmani campant les premiers rôles, le choix des acteurs nous oriente, de prime abord, vers la fiction télévisée et cela se confirme même dans l’approche empruntée par la réalisatrice pour raconter une trame complexe et compliquée, qui s’étale en longueur et suit plusieurs pistes à la fois.

Commençons d’abord par raconter l’histoire.
Sélima et Sélim sont des jumeaux. Elle est étudiante en archéologie et se spécialise en fouille sous-marine. Lui, rêve de devenir un grand couturier. Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille pour ces orphelins. Un lourd secret leur pourrit la vie et empoisonne leurs rapports avec leur père Ali, avocat notoire aux barreaux. Cet homme est triste et aigri, il ne s’est jamais remis de la disparition tragique de sa femme morte en couches en mettant les jumeaux au monde.

Sélim et Sélima sont de leur côté torturés. Ali a fait disparaître toute trace de la défunte. Il s’enferme souvent dans un mutisme étrange, à chaque fois que Sélima demande après sa mère, et pique une terrible colère quand il surprend sa fille fouiller dans ses affaires à la recherche d’une quelconque photo.
Chacun de ses deux orphelins compose avec cette situation, à sa manière. Sélima s’entête à découvrir la vérité, quant à Sélim, plus pragmatique, il rejette ses vieux démons et voit l’avenir avec un regard différent.

Que vient faire, dans cette histoire, la parité dans l’héritage ?
Le discours a du mal à s’imbriquer dans l’histoire annoncée. Il n’est même pas justifié par un grand héritage, un conflit sur la succession, une fortune colossale ou la cupidité du frère qui est resté jusqu’à la fin du film attachant et affectueux, complice et solidaire avec sa sœur.
Kalthoum Bornaz se disperse en voulant raconter deux histoires en une, voire trois si on y ajoute la relation de Sélima avec son amoureux Bassem, un jeune arabe, intellectuel qui adore le cinéma d’Almodovar, mais qui a une vision réactionnaire de la femme (!?). Avec ce personnage, la réalisatrice tombe dans le piège du jugement et de la généralisation abusifs. Elle met l’Homme arabe sur le banc des accusés, et fait le procès aux moyens orientaux.

C’est à se demander, si l’intention de la réalisatrice est de faire le procès des hommes pourquoi a-t-elle donc choisi de créer un Bassem étranger plutôt que tunisien? L’autre moitié du ciel est un film qui s’inscrit dans le cinéma de revendication sociale, mais c’est une œuvre pleine d’embûches. Kalthoum Bornaz se mêle les pinceaux à force de vouloir raconter plus d’une histoire à la fois sans créer un lien logique entre les différentes adu film. Elle surcharge l’histoire avec beaucoup d’actions secondaires qui ne font que disperser le propos. Citons, à titre d’exemple, le mariage de Sélima et Bassem annulé à la dernière minute parce qu’il manquait le certificat de célibat légalement exigé pour chaque étranger... la voisine qui fait appel à Ali, l’avocat, pour rédiger un testament et priver sa fille de l’héritage pour la simple raison qu’elle a adopté un enfant !

En plus de certaines incohérences, du genre: le père qui se permet de ramener ses nombreuses maîtresses dans la maison familiale et se met dans tous ses états quand il découvre que sa fille fréquente un jeune de son âge... Les exemples sont nombreux. En somme, deux films en un: celui de la recherche de la mémoire de la mère disparue et celui du problème d’héritage. Encore une fois, on n’est pas sorti de l’auberge. L’intention de l’auteur est bonne, sans aucun doute, celle de vouloir traiter une problématique délicate et d’évoquer l’émancipation de la femme, mais ces grandes idées et ces principes, s’ils ne sont pas introduits en filigrane dans l’écriture, ils deviennent lourds et déplacés.

 

 

Source : La presse       


Recommandez (10) | Pages vues: 171 | Version imprimable | Suggérer par mail

  Soyez le premier à commenter cet article
Flux RSS des commentaires

Commenter
  • Les messages comportant des attaques verbales contre les personnes seront supprimés.
  • Vous pouvez renouveler le code de sécurité en appliquant un rafraîchissement à votre navigateur.
  • Appliquer cette méthode de rafraîchissement si vous avez entré un mauvais code de sécurité.
Nom
E-mail
Site web
Titre
BBCode:Web AddressEmail AddressBold TextItalic TextUnderlined TextQuoteCodeOpen ListList ItemClose List
Commentaire



Code:* Code
Je désire être prévenu par mail des commentaires qui suivront

 
< Précédent   Suivant >

Vos critiques

Critique de la semaine

V H S Kahloucha

un film de Néjib Belkadhi

Actualités en continu

Ce soir, ouverture des Journées du cinéma européen à Tunis


Une édition pleine de surprises !
Ce soir, à la salle Le Colisée fraîchement retapée, le rideau se lèvera sur la 15e édition des Journées du cinéma européen,  qui se poursuivra jusqu'au 6 décembre.     Lire la suite...

Vidéo à la une



 
Extrait d'un reportage
d'Eliane Victor de 1968
 

Rejoignez notre groupe cinematunisien !