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Hommage à Elyes ZRELLI
12-08-2008

Encore un autre été "meurtrier" pour le cinéma, en particulier le cinéma africain. Voilà qu'on nous annocne la disparition tragique de ELYES ZRELLI, le 10 aout 2008, paix à son âme.

Un hommage à Elyes Zrelli par la projection de son film "Coming soon" (كيف ما يرجع الفرططو) sera prévu le 23 Aout à la semaine du film méditerranéen à Hammamet.

Apprenant le métier sur le tas, Elyes a très vite percé par sa maitrise et son professionnalisme, mais aussi par sa gentillesse et son sourire toujours présent.
Il a travaillé aussi bien sur des films tunisiens que sur des productions étrangères (films et séries). on peut citer, entre autres:
- un été à la Goulette de férid Boughedir
- Demain je brûle de Mohamed Ben Smaïl
- Khorma de Jilani Saadi
- La saison des hommes de Moufida Tlatli
- Le soleil assassiné de Abdelkerim Bahloul
- Plusieurs épisodes de la série télévisée "Les mystères de Rome"
- L'épisode "Meurtre en Mésopotamie" de la série "Aghata Christie"
et d'autres..


il a touché aussi à la réalisation au début du second millénaire avec son court métrage : "Coming Soon"

 

Je n'ai trouvé rien de mieux que ce texte de Gilles Porte (Directeur Photo, réalisateur) pour rendre hommage à Elyes et à ce métier mésestimé qu'est le premier assistant réalisateur :

A mon ami Elyes Zrelli, 1er assisant réalisateur
par Gilles Porte

Dans La Lettre de l'AFC 172 janvier 2008

Certains films sont des tranches de vie… Les miens sont des tranches de cake… (Alfred Hitchcock)

Samedi 15 décembre 2007, "White desert" – Egypte
Je compare souvent notre métier à celui des grands navigateurs. Nous partons quelques jours, quelques semaines, quelques mois, puis nous rentrons au port, jamais tout à fait les mêmes… Parfois, exceptionnellement, comme dans certaines histoires de navigation, quelques-uns ne reviennent pas tout de suite, ou pas du tout, par choix ou tout simplement parce qu’ils s’égarent en route auprès d’une sirène.

Il y a même des retours précipités pour cause de "casse". Ça peut être un grand mât, une petite poulie, une maladie subtropicale ou encore, une " incompatibilité d’humeur " avec un haut membre de l’équipage… Le principe hiérarchique, sur ce genre de bateau, bien qu’il soit " cinématographique ", reste tout de même très militaire…
Il y a le capitaine, les hauts gradés (dont le directeur de la photographie fait assurément partie), les hommes d’équipage et les moussaillons. Si le capitaine est fou, alors il nous reste plusieurs choix : sauter à l’eau et quitter le navire en essayant d’attraper une bouée au passage ou serrer les fesses en espérant passer au milieu des icebergs… Combien d’histoires avons-nous entendues de " rescapés " pensant être rentrés " sain et sauf " d’un long voyage pour prendre conscience, beaucoup plus tard, qu’au fond d’une soute, un élément essentiel de leur coque était finalement fissuré ?

Cela fait exactement trois mois que je suis en Égypte sur un premier film irakien avec un équipage libanais, tunisien, palestinien, algérien, égyptien et… suisse ! Si j’ai particulièrement insisté pour emmener avec moi un Helvète au milieu des pyramides, c’était certes pour apporter un peu de neutralité au sein d’une embarcation qui allait franchir le Cap Horn et celui de Bonne-Espérance, mais surtout afin de pouvoir compter sur Samy, mon " chef électricien ", avec qui j’ai bien des fois navigué par avis de tempête… Pour n’avoir jamais vraiment été un adepte des anecdotes vécues par les " vieux loups des mers ", je n’en abuserai pas dans cette bouteille jetée dans la Mer Rouge : les faits de navigation ou péripéties de voyages n’appartiennent-ils pas finalement pas qu’à ceux qui les vivent ?
Et s’il arrive, parfois, que certaines de ces anecdotes deviennent des légendes, convenons que c’est tout simplement parce que le voyage (film) qui demeure a été consacré. N’est-ce pas ainsi que les menaces de mort de Werner Herzog, pistolet au poing, sur son acteur principal, Klaus Kinski au cours d’un tournage peu singulier, ont pu passer à la postérité ? L’Aube du monde (c’est le titre du film) n’en est pas encore là et cette " AUBE ", croyez-moi, a bien failli ne jamais voir le jour pour des raisons qu’ils seraient trop longs d’expliquer. Bien qu’ici on me signale, tous les jours que « Allah Akbar », ce ne sera cependant pas un miracle si ces images et ces sons existent mais bien la volonté de quelques-uns de faire avancer un radeau même si bien des vents se sont mis à souffler en sens contraire…

Il est toujours délicat de parier sur ce que sera un film au final, mais je sais que ce qui m’a été donné à filmer était incroyable… Plutôt que de s’extasier sur la composition d’un cadre, l’incidence d’une lumière ou la subtilité d’un contraste, je voudrais par ces mots rendre hommage ici à une profession dont on ne fait à mon sens pas assez écho : le 1er assistant réalisateur ! S’il sera toujours important pour " un directeur de la photographie " de ne pas négliger la texture d’un costume, le maquillage d’un comédien ou la patine d’un mur, je voudrais aussi préciser combien il est primordial de pouvoir compter sur les qualités d’un premier assistant réalisateur…
Réussir à capter des aubes et des crépuscules, en Égypte, était une sorte de pari insensé, tellement la mesure du temps, ici, est toute relative. Pari tenu par Elyes Zrelli, 1er assistant réalisateur, qui mériterait de faire partie de " l’équipe image " tant sa contribution à " mettre en boîte " des lumières à la " magic hour " a été primordiale.

J’ai rencontré des personnes formidables de ce côté–ci de la mer : une famille de machinistes insensée, des pêcheurs magnifiques, des techniciens compétents et tas d’autres visages… Construire une île au milieu d’un lac (au sens propre du terme) relevait d’un autre exploit impossible… Désormais, en plus d’un sphinx, sachez qu’ici, en Égypte, des hommes sont encore suffisamment fous pour bâtir ce que peu d’entre nous oseraient imaginer au sein d’un hexagone.
Que les Hussein, Khaled et autres Tamimi soient ici remerciés car malgré les affres de l’administration égyptienne (matériel de prises de vues retenu 3 semaines en douane, difficultés insensées pour obtenir des autorisations de tournage), malgré une préparation en plein ramadan et autres aléas divers, une équipe entière est tout de même parvenue à faire exister ce qu’Abbas (le réalisateur) avait rêvé…

Avant de terminer cette missive entre deux dunes blanches (je suis en plein cœur du " White desert ", près de la frontière lybienne), je voudrais, puisque j’ai commencé à parler de marins, avoir une pensée pour les proches qui restent à quai alors que d’autres vivent de grandes traversées. Comment ne pas penser à Syrine, ma fille de 5 ans, et à tous les autres, restés au port ?
Trois mois et demi, ce n’est rien dans la vie d’un homme, mais ça correspond tout de même à plus du premier trimestre d’une dernière année de maternelle pour Syrine, née alors que j’étais avec une autre caméra près d’une mer Méditerranée… Syrine, qui a appris à marcher alors que j’essayais de filmer la Mer du Nord… Paraît qu’aujourd’hui elle sait écrire avec les " lettres liées ", qu’elle sait faire du vélo sans roulettes et qu’elle apprend le piano… Peut-être un peu de culpabilité ici de la part d’un père très absent, mais surtout un gros coup de blues juste au milieu d’une journée, cloué au milieu du désert (faute d’autorisation !) et éloigné d’un ami rentré plus tôt que prévu à Tunis…
À très vite sur terre… avec des images et des sons, bien entendu !!!

Naceur SARDI

 


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  Commentaires (9)
Flux RSS des commentaires
 1 Merci Gilles
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 13-08-2008 04:07
Texte magnifique, merci Gilles pour ce témoignage troublant qui confirme encore une fois ce que tout le monde pense de notre cher ami Elyes. Quant au reste du texte c'est ainsi qu'Elyès devait voir les choses car dans la famille du cinéma nous sommes toujours déchirés entre l'amour de la famille et l'amour que nous portons au métier et tout le temps qu'on y consacre.  
Ces derniers temps Elyès s'était promis de prendre un peu de recul pour retrouver les siens qu'il chérissait tant, heureusement, il a pu être parmi les siens avant de faire cette fois-ci le grand voyage. 
Karim BEN YAHIA
 2 A la mémoire d'Elyes
Ecrit par LASSAAD OUESLATI, le 13-08-2008 07:19
Cher Elyes 
Tu reste toujours dans la mémoire, j'oublie jamais ton magnifique rire, ton amour de métier et du cinéma...tu m'a beaucoup aide dans ma vie mon frère et maître... 
A Demain...
 3 A Elyes
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 13-08-2008 07:21
A Lyes ! 
 
« …Ils sont venus, ils sont tous là … », même ceux de France et d’ailleurs, comme pour un ultime tournage, un dernier « Retour du Papillon » . 
Ils ne veulent pas croire que le « Papillon » c’est vraiment brûlé les ailes cette fois ci ! 
Tous ces réalisateurs, techniciens,comédiens,figurants,venus te rendre hommage gardent l’espoir de te voir aujourd’hui à Beni Khiar ,debout au milieu d’eux, les dirigeant par ces gestes harmonieux que tu effectue sur les plateau tel un chef d’orchestre dirigeant l’exécution d’une douce mélodie . 
Cette mélodie du cinéma qui accompagne depuis dix sept ans ton travail d’assistant et qui a fait de toi « Le Meilleur », par ton efficacité, ta générosité,ta gentillesse, ton sourire d’enfant,ta spontanéité ,ta sincérité et par ce geste de « colère extrême» ou tu jetais ta casquette par terre en proférant des mots que nul n’a jamais su déchiffrer parce que vite réprimés par toi et souvent suivis par ton magnifique rire , si bon enfant ! 
 
Lyes ! nous sommes tous là aujourd’hui et il y a de quoi composer plusieurs équipes, de quoi tourner plusieurs films …Nous sommes tous là pour toi et pour une fois tu ne vas pas répondre à notre appel, pour une fois tu ne vas pas nous prendre par la main et nous dire comment faire . 
 
Tu as été le « meilleur de ce troupeau » et pour la première fois tu ne vas pas le diriger ! 
 
Ce repos que tu as si bien mérité à la fin de chaque tournage et qui t’a fait revenir avec encore plus de passion vers le suivant, à l’image de ce papillon dont tu faisais référence dans ton film et de sa passion toujours renouvelé pour le cinéma, Ce repos va être éternel ! 
Et c’est trop tôt Lyes ! 
Tu avais tant à donner encore !..... 
 
Tu fus mon stagiaire, mon assistant, mon enfant, je t’ai vu faire tes premiers pas et plus tard tu as su guider les miens. 
 
Une dernière fois je veux te dire comme à la fin de chaque tournage : Merci Lyes ! 
Merci d’avoir existé dans mon cœur et dans ma vie professionnelle, même si ce fut si court !  
 
 
 
Selma Baccar
 4 A Elyes
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 13-08-2008 07:21
A Lyes ! 
 
« …Ils sont venus, ils sont tous là … », même ceux de France et d’ailleurs, comme pour un ultime tournage, un dernier « Retour du Papillon » . 
Ils ne veulent pas croire que le « Papillon » c’est vraiment brûlé les ailes cette fois ci ! 
Tous ces réalisateurs, techniciens,comédiens,figurants,venus te rendre hommage gardent l’espoir de te voir aujourd’hui à Beni Khiar ,debout au milieu d’eux, les dirigeant par ces gestes harmonieux que tu effectue sur les plateau tel un chef d’orchestre dirigeant l’exécution d’une douce mélodie . 
Cette mélodie du cinéma qui accompagne depuis dix sept ans ton travail d’assistant et qui a fait de toi « Le Meilleur », par ton efficacité, ta générosité,ta gentillesse, ton sourire d’enfant,ta spontanéité ,ta sincérité et par ce geste de « colère extrême» ou tu jetais ta casquette par terre en proférant des mots que nul n’a jamais su déchiffrer parce que vite réprimés par toi et souvent suivis par ton magnifique rire , si bon enfant ! 
 
Lyes ! nous sommes tous là aujourd’hui et il y a de quoi composer plusieurs équipes, de quoi tourner plusieurs films …Nous sommes tous là pour toi et pour une fois tu ne vas pas répondre à notre appel, pour une fois tu ne vas pas nous prendre par la main et nous dire comment faire . 
 
Tu as été le « meilleur de ce troupeau » et pour la première fois tu ne vas pas le diriger ! 
 
Ce repos que tu as si bien mérité à la fin de chaque tournage et qui t’a fait revenir avec encore plus de passion vers le suivant, à l’image de ce papillon dont tu faisais référence dans ton film et de sa passion toujours renouvelé pour le cinéma, Ce repos va être éternel ! 
Et c’est trop tôt Lyes ! 
Tu avais tant à donner encore !..... 
 
Tu fus mon stagiaire, mon assistant, mon enfant, je t’ai vu faire tes premiers pas et plus tard tu as su guider les miens. 
 
Une dernière fois je veux te dire comme à la fin de chaque tournage : Merci Lyes ! 
Merci d’avoir existé dans mon cœur et dans ma vie professionnelle, même si ce fut si court !  
 
 
 
Selma Baccar
 5 Je suis loin mais avec vous
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 15-08-2008 10:35
Je suis loin mais avec vous, je tenais à vous le dire...
 6 Je suis triste
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 16-08-2008 05:38
Moi aussi je suis loin, et je suis triste pour cette disparition, ainsi que celle de Chahine, Darwiche. 
Je tiens à vous dire que je suis avec vous aussi.
 7 Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 16-08-2008 06:43
je l ai vu a l émission de sawssen maalej, j étais heureuse de voir un assistant réalisateur comme mr elyes, il était un vrai artiste, un vrai cinéaste,je suis vraiment triste pour cette disparition tagique d'un "leader" du cinema tunisien. bravo elyes.
 8 Ce n'est qu'un au revoir, ami...
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 18-08-2008 21:15
Elyes de tous les coeurs, 
déjà plus d'une semaine, et mon Dieu comme la douleur persiste.. 
Je sais que tu es là, malgré tout.. que ton amour immense pour nous tous a semé des graines précieuses dans nos cœurs et que nous continuerons à vivre à travers toi, d'une manière ou d'une autre.. 
Tu me manques tant vieux frère.. je te garde éternellement dans ma mémoire, mes pensées, mes souvenirs mais aussi mes projets futurs, ma vie, mon cœur..jusqu'à la prochaine rencontre.
 9 Ecrit par HAJER, le 23-08-2008 16:53
rabbi yarhmek ta3azi men personnels INRGREF les colleges de jihene zrelli rabi yarhmek rabi yarhmek

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